Euro: Oleg Blokhine, saint et sauveur

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Euro: Oleg Blokhine, saint et sauveur
Euro: Oleg Blokhine, saint et sauveur

par Olzhas Auyezov

KIEV (Reuters) - Entraîneur le plus réputé d'Ukraine, qu'il a conduit à sa plus belle performance internationale -un quart de finale de Coupe du monde en 2006- Oleg Blokhine est déjà prophète en son pays.

Sa réputation souffrirait pourtant d'un échec à l'Euro, où sa sélection est condamnée à réussir puisqu'elle est à domicile.

Blokhine a repris les commandes il y a un an pour sauver ce qui pouvait encore l'être. L'Ukraine ne pouvait s'en remettre qu'à ce personnage qui, avant d'être un entraîneur à succès, fut un des plus grands joueurs de l'Union soviétique.

Avant-centre explosif et rapide, buteur prolifique, il a marqué de son empreinte les années 1970 et 1980 sous les couleurs du Dynamo Kiev.

Meilleur canonnier du championnat toutes époques confondues avec 211 buts, il détient le record de matches joués, 432.

Oleg Blokhine est en outre un des cinq joueurs de l'ancien bloc communiste à avoir obtenu le prix du joueur européen de l'année, en 1975.

Sa carrière achevée, au début des années 1990, l'austère et parfois sévère Blokhine part faire ses armes d'entraîneur en Grèce. Les supporters de ses clubs successifs le surnomment invariablement le "Tsar".

Si grand et respecté qu'il peut tout oser, Blokhine n'hésite pas à en remontrer aux joueurs vedettes de l'équipe nationale tel Andriy Shevchenko, Ballon d'or 2004 et icône en Ukraine.

"Un nom ne suffit pas pour jouer", a-t-il dit dans un entretien à Reuters. "Si c'était le cas, je pourrais jouer."

SON PROPRE EXEMPLE

Oleg Blokhine a pris pour la première fois les rênes de l'Ukraine indépendante en 2003. Trois ans plus tard, la sélection atteint les quarts de finale de la Coupe du monde et ne chute que contre l'Italie, future championne.

La suite est moins glorieuse. L'Ukraine échoue à se qualifier pour l'Euro 2008 et Blokhine démissionne sous le feu des critiques. Il rebondit dans des clubs russe puis ukrainien avec un succès pour le moins mitigé.

Mais en avril 2011, la Fédération ukrainienne fait appel à son homme providentiel, alarmée par la perspective d'un fiasco à domicile dans l'Euro qui approche.

Perfectionniste assumé, Blokhine dit pourtant redouter que la pression du résultat ne paralyse ses troupes.

"Nous n'avons pas eu de tâche si difficile depuis la Coupe du monde (2006)", a-t-il prévenu.

Il ne néglige en revanche pas le facteur confiance, à même de sublimer un groupe aux contours un peu tendres.

"Il faut y croire. Nous non plus ne pensions pas que nous pourrions battre le Bayern", expose-t-il en se remémorant la victoire du Dynamo Kiev sur Munich en SuperCoupe d'Europe 1975.

Il avait été le seul buteur de cette confrontation aller-retour malgré la présence, dans le camp adverse, de Franz Beckenbauer.

S'il affirme ne jamais regarder les enregistrements de ses matches, il avait montré ceux de cet épisode glorieux aux joueurs d'un de ses clubs pour asseoir d'emblée son autorité.

L'Ukraine saura vite si sa façon de diriger par l'exemple a toujours autant de succès.

Gregory Blachier pour le service français

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