Euro: Obraniak et Perquis se sentent pleinement polonais

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Euro: Obraniak et Perquis se sentent pleinement polonais
Euro: Obraniak et Perquis se sentent pleinement polonais

par Patrick Graham

VARSOVIE (Reuters) - Damien Perquis et Ludovic Obraniak, qui sont tous les deux nés en France mais ont fait le choix de porter les couleurs de l'équipe nationale polonaise, ont affirmé mardi qu'ils se sentaient pleinement intégrés, quoi qu'en dise la presse.

Certains médias ont récemment fait état d'un clivage au sein de la sélection, entre les Polonais nés en Pologne d'un côté et les joueurs nés en Allemagne ou en France de l'autre.

Titulaires respectivement à Sochaux et aux Girondins de Bordeaux, Damien Perquis et Ludovic Obraniak ont chacun des grands-parents polonais, une ascendance qu'ils ont mis en avant pour demander la nationalité polonaise.

Mais encore aujourd'hui, Ludovic Obraniak ne parle que quelques mots de polonais.

Lors d'une conférence de presse tenue pour l'essentiel en français, le Girondin a tenu à réfuter les rumeurs d'un malaise au sein de la sélection et d'un rejet dont il serait victime de la part de certains de ses partenaires.

"C'est vous qui m'apprenez ça. Je suis choqué et dégouté. Je vais le dire une bonne fois pour toutes : je me sens polonais et j'aime mes coéquipiers", a-t-il assuré, à trois jours de l'entrée en lice de sa sélection dans l'Euro, face à la Grèce.

L'ancien gardien international Jan Tomaszewski a affirmé le mois dernier qu'il ne soutiendrait pas une équipe composée "d'Allemands et de Français".

"SI VOUS AVEZ UN PASSEPORT..."

Preuve du soupçon qui pèse sur le joueur, un journaliste polonais présent lors de la conférence a demandé à Ludovic Obraniak d'entonner une partie de l'hymne national en guise de test.

Son coéquipier Dariusz Dudka, qui évolue à Auxerre mais qui est né en Pologne, a pris la défense de l'ancien Lillois, qui a honoré une sélection en équipe de France des moins de 21 ans avant de changer de maillot.

"Peu importe si vous parlez polonais ou non. Si vous avez le passeport, vous pouvez jouer", a lancé le milieu de terrain.

"Je ne suis pas étonné qu'il ne parle pas encore polonais. Je sais combien ça a été dur pour moi les deux premières années en France, et j'entendais parler français tous les jours. Pour Ludovic, c'est encore plus dur", a expliqué l'ancien joueur du Wisla Cracovie.

Dudka en a profité pour appeler les Polonais à se ranger derrière leur équipe.

"J'ai l'impression que certains supporters (polonais) sont pour nous et que d'autres sont plutôt contre nous. Avec un peu de chance, tout le monde nous soutiendra quand la compétition aura commencé", a espéré le joueur.

Lors de l'Euro, que le pays organise conjointement avec l'Ukraine, la Pologne rencontrera la Grèce, la Russie et la République tchèque dans le groupe A au premier tour.

Simon Carraud pour le service français

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