Euro: les Tchèques au défi des stars portugaises

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Euro: les Tchèques au défi des stars portugaises
Euro: les Tchèques au défi des stars portugaises

par Brian Homewood

POZNAN, Pologne (Reuters) - Deux joueurs du modeste championnat tchèque s'attaquent ce jeudi, en quart de finale de l'Euro, à l'un des plus grands défis de leur carrière : entraver la marche en avant des stars Cristiano Ronaldo et Nani pour éliminer le Portugal.

L'arrière droit Theodor Gebre Selassie, dont l'expérience internationale se réduisait jusqu'à récemment à quelques matches de tours préliminaires de coupes d'Europe, sera opposé à Ronaldo sur la pelouse de Varsovie.

Le joueur du Real Madrid, rarement décisif dans les grandes compétitions, est en forme. Il l'a montré face au Danemark, inscrivant un doublé après avoir été critiqué lors des deux premiers matches.

De l'autre côté de la défense tchèque se présentera David Limbersky, dont la seule référence au plus haut niveau est un court passage à Tottenham, où il ne s'est pas imposé.

Il aura face à lui Nani, l'ailier de Manchester United, qui a livré trois matches pleins à l'Euro.

Révélation des derniers mois en République tchèque, Gebre Selassie se verra proposer avec Ronaldo l'adversaire le plus coriace qu'il ait jamais affronté.

Né d'un père éthiopien et d'une mère tchèque, le premier joueur noir à évoluer sous les couleurs tchèques a fait du flanc droit de la défense son jardin depuis un an.

Appelé au lendemain d'une déroute contre la Norvège (0-3), Gebre Selassie, 25 ans et pensionnaire du Slovan Liberec depuis 2008, est devenu incontournable alors qu'il n'a jamais évolué ailleurs que dans son pays.

Limbersky est dans le même cas si l'on excepte sa parenthèse vite refermée chez les Spurs. Il a néanmoins quelques repères puisqu'il a été sacré champion avec le Viktoria Plzen et a disputé la Ligue des champions sous ces mêmes couleurs.

SOUVENIR DE 1996

Les deux hommes iront sans doute puiser dans le souvenir de l'Euro 1996 une force supplémentaire pour aider les Tchèques à surprendre le Portugal.

Occultant la victoire portugaise au premier tour en 2008, les Tchèques aiment à se souvenir de ce quart de finale remporté (1-0) sur une inspiration de génie du meneur de jeu d'alors, Karel Poborsky.

"L'Euro 1996 a été crucial car il a changé ma vie et ma carrière, et on pourrait dire la même chose pour sept ou huit de mes coéquipiers qui avaient été transférés dans de nouveaux clubs après le tournoi", se souvient Karel Poborsky, interrogé sur le site internet de l'UEFA.

"Quand on l'a vu sur l'écran géant, on a simplement ri. C'était seulement l'inspiration d'un instant, qui ne peut être répétée. Je sais que beaucoup de gens se souviennent de moi uniquement pour ce but."

Pour réitérer l'exploit et laisser, eux aussi, un souvenir fort, les Tchèques devront se montrer bien meilleurs que lors de leur premier match face à la Russie, perdu 4-1.

Ils ont ensuite battu la Grèce et la Pologne pour finir en tête du groupe A, mais le Portugal est une équipe d'un tout autre calibre. La démonstration de force de Ronaldo -épatant face au Danemark- et la qualification acquise aux dépens des Pays-Bas, vice-champions du monde, en sont les preuves.

Le sélectionneur lusitanien Paulo Bento reste pourtant prudent.

"Nous ne prétendons pas être favoris et ça ne sera pas facile", a-t-il prévenu.

"Il faut continuer à faire le même travail et montrer les mêmes qualités que depuis le début. Alors on pourra peut-être atteindre les demi-finales."

"Il y a encore beaucoup de choses à faire mais je suis fier, comme les joueurs peuvent l'être."

Gregory Blachier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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