Euro: les Pays-Bas entrent en analyse

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Euro: les Pays-Bas entrent en analyse
Euro: les Pays-Bas entrent en analyse

par Mike Collett

KHARKOV, Ukraine (Reuters) - Eliminés au premier tour de l'Euro après trois défaites en autant de rencontres, les Pays-Bas vont désormais devoir faire un bilan qui s'annonce pour le moins difficile.

Battus par le Danemark, l'Allemagne et enfin le Portugal, les finalistes de la Coupe du monde 2010 sont tombés sans gloire, n'inscrivant que deux buts, et rares seront les amateurs de football à déplorer leur disparition du tableau.

Pendant des années, les Oranje ont pourtant été les chouchous du football mondial.

Le "football total", le talent de Johan Cruyff ou de Ruud Gullit et le but victorieux de Marco van Basten en finale de l'Euro 1988 -un des plus beaux jamais marqués à ce niveau- ont conquis des générations d'amoureux du jeu.

Mais les dernières campagnes néerlandaises ont terni cette réputation. Il y eut d'abord le huitième de finale révoltant de la Coupe du monde 2006 contre le Portugal, où 12 cartons jaunes et quatre rouges avaient sanctionné un festival de coups bas de part et d'autre.

Il y eut ensuite la finale de la Coupe du monde 2010 entre une Espagne joueuse et des Pays-Bas plus que rugueux.

Mis en échec en finale de la Ligue de champions contre Chelsea -il avait raté l'occasion d'offrir le titre au Bayern Munich sur pénalty-, Arjen Robben est l'un des principaux fautifs de cet Euro calamiteux.

L'ailier a appelé les siens à faire un état des lieux dès après le match perdu contre le Portugal, dimanche.

"Nous avons tous échoué -les joueurs, le staff technique, tous", a-t-il dit.

"De la même manière que tout le monde était responsable quand nous avons atteint la finale de la Coupe du monde en Afrique du Sud, nous sommes tous à blâmer pour cette défaite."

TRANSITION

A n'en pas douter, Robben trouvera à son retour aux Pays-Bas des avocats pour aider ses coéquipiers à plaider coupable.

Les joueurs phares comme lui et l'attaquant Robin van Persie n'ont pas su montrer la voie des quarts de finale.

Le meneur de jeu Wesley Sneijder, dont la position a évolué au cours des matches, n'a pas livré de prestations conformes à son niveau habituel, et les défenseurs n'ont pas donné au reste de l'équipe la sécurité qui aurait libéré les attaquants.

Seul pourrait émerger Rafael van der Vaart, remplaçant lors des deux premiers matches et auteur d'un but superbe dimanche.

Les choix du sélectionneur Bert van Marwijk sont une autre source de débat, car de nombreuses voix s'étaient élevées pour le convaincre de titulariser Klaas-Jan Huntelaar, meilleur buteur de Bundesliga la saison dernière et des qualifications pour l'Euro.

Certes, Huntelaar n'a pas apporté tout ce que le technicien pouvait attendre de lui quand il l'a fait entrer en jeu, mais il a été utile et un avant-centre de son profil a besoin d'être alimenté en ballons pour se procurer des occasions.

Si Bert van Marwijk n'a pas fui ses responsabilités, il n'entend pas partir alors qu'il est sous contrat jusqu'en 2016.

"Nous sommes seulement déçus. On n'a pas fait un bon match du tout aujourd'hui", a-t-il dit dimanche soir.

"J'en suis responsable et je suis déçu. C'est la même équipe qu'il y a deux ans, à part à deux postes. Mais cela n'a tout simplement pas fonctionné."

Son équipe semble aujourd'hui en phase de transition.

"On a essayé d'apporter un peu de vitesse et de jeunesse à l'équipe, et davantage de profondeur. Je savais que cela ne serait pas facile de refaire ce que nous avions fait il y a deux ans. Dès le premier match, cela n'a pas marché", a-t-il conclu.

Gregory Blachier pour le service français

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