Euro: les joueurs grecs ne font pas de politique

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Euro: les joueurs grecs ne font pas de politique
Euro: les joueurs grecs ne font pas de politique

par Patrick Graham

LEGIONOVO, Pologne (Reuters) - Les joueurs grecs ont passé plus de temps, dimanche, à suivre les résultats des élections législatives dans leur pays qu'à s'intéresser à leur adversaire en quart de finale de l'Euro, l'Allemagne, mais entendent ne pas mêler leur ambition à la politique.

La Grèce, qualifiée surprise du groupe A devant la Russie et la Pologne, veut gagner sur le seul terrain le respect de ses adversaires et des observateurs qui aiment à la moquer.

Elle s'attaquera vendredi à l'Allemagne dans un match sur fond de crise entre le pays le plus en difficulté de la zone euro et son membre le plus prospère.

"Non, cela n'aura aucun impact. Nous parlons de football, de sport", a assuré lundi le milieu de terrain Giannis Maniatis.

"Pour nous, la chose la plus importante est de donner un peu de bonheur au peuple grec, de les faire descendre faire la fête dans les rues, compte tenu de tout ce qu'il se passe. C'est tout."

Les élections législatives de dimanche ont ouvert la voie à la mise sur pied d'une coalition entre partis favorables au maintien dans la zone euro et donc à ses corrollaires -aide internationale et cure d'austérité.

Mais cette victoire des tenants d'une discipline économique forte n'a rien d'un apaisement des peuples.

Les Grecs en veulent toujours à l'Allemagne de leur imposer des conditions très strictes en échange de l'aide, et beaucoup à Berlin considèrent que la Grèce paie aujourd'hui la gestion calamiteuse d'hier.

"(Les Allemands) pensent que tout n'est que politique", a dit le porte-parole de la sélection grecque, Panos Korkodilos. "Il n'est en rien. C'est seulement du football. C'est leur mentalité, pas la nôtre, nous n'avons rien dit de tel."

LES FAIRE TAIRE

La qualification inattendue des Grecs, mal en point après un nul et une défaite, a dopé leur confiance avant d'affronter un des favoris du tournoi.

"C'est une immense réussite. Nous avons atteint le premier de nos objectifs malgré les blessures et des incidents malheureux durant les matches", a dit le milieu Grigoris Makos.

"Bien sûr, nous les respectons mais on n'a pas peur d'eux. Nous les regarderons dans les yeux et nous nous battrons."

Le match sera d'autant plus important pour eux qu'au-delà d'une grande performance sportive, la Grèce voudra forcer le respect des autres nations.

Malgré leurs efforts sur le terrain et leur état d'esprit admirable, les Grecs ne s'attirent que moqueries ou dédain depuis le début de l'épreuve, tant à cause de la situation de leur pays qu'au regard de leur jeu restrictif.

Les dessins de presse montrant un joueur grec en train de subtiliser la pièce de l'arbitre au moment du "toss" d'avant-match sont légion.

Un commentateur de la chaîne italienne Rai a pour sa part qualifié la Grèce d'"équipe merdique", tous micros ouverts, après le but décisif contre la Russie.

Dans l'avion du retour après la victoire de l'Allemagne sur le Danemark à Lvov, un responsable de la fédération allemande a tenu des propos peu amènes et suggéré que la chancelière Angela Merkel assiste au match pour bien faire passer le message.

A toutes ces critiques pour le moins acerbes, les Grecs entendent répondre sur le terrain.

"Les gens nous couvrent de boue et ce qui se dit nous attriste. Contre la Russie, on a réussi à les faire taire. Il faut garder le silence et continuer de travailler", a dit le défenseur Kyriakos Papadopoulos.

"Les Grecs méritent plus de respect", a pour sa part déclaré le sélectionneur, le Portugais Fernando Santos.

Avec Karolos Grohman à Gdansk, Gregory Blachier pour le service français

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