Euro: les Bleus de Premier League se méfient de l'Angleterre

le
0
Euro: les Bleus de Premier League se méfient de l'Angleterre
Euro: les Bleus de Premier League se méfient de l'Angleterre

par Pascal Liétout

DONETSK, Ukraine (Reuters) - Avec près d'un tiers de ses joueurs évoluant en Premier League et un sélectionneur passé par Manchester United, l'équipe de France est bien placée pour juger son adversaire anglais de lundi et s'en méfier.

Laurent Blanc ne cache pas son admiration et son intérêt pour le football anglais, qu'il a fréquenté pendant deux saisons (2001-2003), remportant le dernier titre de sa carrière, celui de champion d'Angleterre, avec United.

Sept sélectionnés sur vingt-trois évoluent pendant l'année dans un club anglais. Les uns en ont profité pour enrichir leur palmarès, d'autres ont connu une belle réussite personnelle.

Florent Malouda a remporté la Ligue des champions avec Chelsea face au Bayern Munich de Franck Ribéry, tandis que Samir Nasri et Gaël Clichy sont devenus champions d'Angleterre avec Manchester City.

A Newcastle, Hatem Ben Arfa a retrouvé la forme après une longue absence sur blessure et Yohan Cabaye a parfaitement négocié son arrivée dans le football anglais en s'imposant comme un élément clé du milieu de terrain des Magpies.

Le parcours a été moins favorable pour Patrice Evra, qui a vu le titre échapper à Manchester United dans les ultimes secondes de la dernière journée, ou pour Laurent Koscielny, solide avec Arsenal mais toujours en manque de titres.

Si tous n'ont pas la même expérience du football anglais, ils sont unanimes à affirmer qu'il serait présomptueux de la part des Bleus d'afficher un optimisme béat face à une équipe anglaise affaiblie par les blessures et les suspensions.

"Je m'attends à une équipe costaude, solide, qui va nous rentrer dedans. Elle ne va pas nous faire de cadeaux", estime ainsi Patrice Evra, le plus ancien "Anglais" du groupe avec six années et demie passées à United.

"On parle beaucoup de l'Angleterre, comme quoi elle a pas mal de blessés, qu'elle a changé d'entraîneur, etc... Mais prenez l'exemple de (l'entraîneur Roberto) Di Matteo à Chelsea : il a gagné au bout la Champions League. Ça ne veut donc rien dire", ajoute-t-il.

L'EXPÉRIENCE ANGLAISE

Pour le latéral gauche, la première rencontre du tournoi est cruciale car elle détermine souvent la suite dans une compétition plus relevée qu'une Coupe du monde.

"C'est le match le plus important de l'Euro. Si on fait match nul, on se met à douter. Si on perd, on imagine déjà le retour à la maison", dit celui qui a vécu deux premiers tours catastrophiques au Mondial 2010 et à l'Euro 2008.

Gaël Clichy, son concurrent au poste d'arrière gauche, se garde bien lui aussi d'enterrer l'Angleterre avant l'heure.

"On parle tout de même d'une équipe qui a beaucoup d'expérience avec des joueurs comme John Terry ou Steven Gerrard qui pourraient presque jouer sans entraîneur", juge-t-il.

Clichy estime que l'absence pour cause de suspension de Wayne Rooney, le principal atout offensif anglais, constitue un avantage tout relatif pour les Bleus.

"C'est peut-être un avantage pour nous, mais il y a tellement de qualité que ça ne change pas grand-chose de les jouer au début ou à la fin", affirme Clichy qui, comme Evra, qualifie lui aussi de "capital" ce premier match.

Laurent Koscielny pense également que le choc contre l'Angleterre sera "comme une finale pour nous (...) Nous savons qu'en cas de victoire, nous aurions de grandes chances de passer."

Samir Nasri connaît la valeur de ses adversaires, qu'il côtoie pour certains à City, et se refuse à imaginer l'accueil goguenard de ses camarades de club à la reprise cet été en cas de défaite française.

"Il y aura mes coéquipiers (Joe) Hart, (Joleon) Lescott et (James) Milner, donc, il faut gagner", tranche l'ancien Marseillais.

Edité par Grégory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant