Euro: le rapport de forces Espagne-Italie a changé

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Euro: le rapport de forces Espagne-Italie a changé
Euro: le rapport de forces Espagne-Italie a changé

par Iain Rogers

GNIEWINO, Pologne (Reuters) - Favorite de l'Euro, l'Espagne entame dimanche la défense de son titre contre l'Italie, un vieux rival qu'elle peut aujourd'hui toiser après l'avoir longtemps regardé vaincre.

La bascule s'est faite il y a quatre ans, lorsque Cesc Fabregas a inscrit le tir au but victorieux en quart de finale de l'Euro 2008, après un triste 0-0 entre les deux équipes.

Ce jour-là, l'Espagne a ôté l'étiquette d'équipe qui ne gagne jamais pour enfiler le costume de nation dominante du football mondial. Et peut aujourd'hui se prévaloir d'un ascendant certain sur les Italiens.

"Je pense que cela a modifié la mentalité de l'équipe nationale", a dit vendredi à la presse le défenseur Gerard Piqué à propos de ce match qu'il avait suivi à la télévision.

"Avant, l'Espagne jouait pour ne pas perdre mais après, elle a joué pour gagner."

Le buteur Fernando Llorente, qui n'était pas non plus du voyage en Suisse et en Autriche il y a quatre ans, a résumé la chose ainsi: "Ça été un tournant."

"Battre l'Italie et atteindre les demi-finales nous a permis de croire en nous-mêmes. Après ça, on a su qu'on pouvait gagner et faire quelque chose d'historique."

Aucune des deux équipes n'a eu de préparation idéale pour aborder cet Euro 2012, mais elles restent les favorites d'un groupe où figurent aussi la Croatie et l'Irlande.

L'Espagne est en quête d'un troisième trophée consécutif après l'Euro 2008 et la Coupe du monde 2010, ce qu'aucune nation n'a jamais réalisé.

Elle devra faire sans le buteur David Villa et son chef de meute Carles Puyol, blessés. Or leurs remplaçants naturels n'offrent pas les mêmes références.

L'attaquant Fernando Torres commence tout juste à retrouver un niveau honnête après 18 mois de traversée du désert, tandis que la charnière centrale Gerard Piqué-Sergio Ramos a rarement été essayée.

CINQ SENS EN ÉVEIL

Mais les atouts dont l'Espagne dispose par ailleurs atténuent le poids de ces problèmes qui paraissent bien maigres en regard des tourments qui agitent l'Italie.

La Squadra Azzurra est à nouveau plongée dans un scandale de matches présumés truqués qui l'a privée du défenseur Domenico Criscito, écarté après l'ouverture d'une enquête judiciaire à son encontre.

L'irruption de la police au centre d'entraînement de la sélection a perturbé sa préparation, marquée en outre par trois sorties médiocres et autant de défaites, dont la dernière 3-0 face à la Russie il y a huit jours.

"C'est normal d'être inquiet", reconnaissait jeudi le milieu de terrain du Paris Saint-Germain Thiago Motta.

"Trois défaites, même en amical, ce n'est pas normal pour une équipe comme la nôtre."

Quelles que soient les difficultés de l'Italie hors du pré, l'Espagne ne s'attend pas à avoir la partie facile.

"Il semble que l'Italie soit blessée mais je ne le vois pas comme ça", a dit Piqué.

"Il est souvent arrivé par le passé qu'ils soient meilleurs quand on ne les attendait pas. Nous devrons être à 100%, les cinq sens en éveil pendant ce match parce que nous parlons d'un grand d'Europe et du monde."

Piqué a notamment rendu hommage à la plaque tournante de l'équipe d'Italie, le milieu de terrain Andrea Pirlo, et à l'imprévisible attaquant Mario Balotelli.

"Je crois qu'un joueur comme Balotelli peut vous faire gagner un match mais Pirlo peut vous faire gagner le tournoi."

"C'est un joueur complet, il sait quand attaquer, quand défendre, quand fermer le jeu ou quand lancer les contres. C'est un superbe joueur."

Avec Mark Meadows à Cracovie, Gregory Blachier pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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