Euro: le Portugal mesure ses ambitions

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Euro: le Portugal mesure ses ambitions
Euro: le Portugal mesure ses ambitions

par Daniel Alvarenga

LISBONNE (Reuters) - Hanté par ses échecs antérieurs, qualifié pour l'Euro après avoir dû passer par un match de barrage, placé dans un groupe très relevé avec l'Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark, le Portugal n'en vise pas moins une place en quart de finale.

Les Portugais, biberonnés au football, ont encore du mal à comprendre, huit ans après l'Euro 2004, comment leur équipe a pu laisser échapper un titre qui lui tendait les bras à domicile en se heurtant au mur grec en finale.

Ce fantôme tenace n'entame cependant pas la confiance et la détermination des joueurs au moment où le Portugal va disputer sa septième grande compétition consécutive.

Les espoirs lusitaniens reposent sur leur milieu de terrain de classe et la présence aux avant-postes de l'étoile Cristiano Ronaldo.

A 27 ans, le tout frais champion d'Espagne avec le Real Madrid est en grande forme et ne cache pas ses ambitions.

"Ce sont les couleurs que nous défendrons à l'Euro avec un seul objectif: vaincre", a-t-il écrit récemment sur son compte Facebook, en légende d'une photo de la deuxième tenue de son équipe - un maillot blanc orné de la croix de St George, symbole immuable rappelant au Portugal ses grandes conquêtes maritimes.

Ronaldo est sans doute galvanisé par sa saison avec le Real, où il a marqué 45 buts en championnat, mais son sélectionneur Paulo Bento est bien plus terre à terre.

"Nous voulons aller le plus loin possible mais notre premier objectif, ce sont les quarts de finale, c'est celui qui est fixé pour l'instant", a-t-il dit.

OÙ SONT LES BUTEURS ?

Sous les ordres de Bento, le Portugal se caractérise par une attaque inspirée et une défense volontaire, qualités développées lors d'une campagne de qualification longtemps mal engagée.

Avec un nul 4-4 contre Chypre et une défaite 1-0 en Norvège pour commencer, le Portugal semble s'éloigner de la Pologne et de l'Ukraine avant même d'avoir décollé.

Le sélectionneur d'alors, Carlos Queiroz, est écarté.

Bento est nommé en septembre 2010 et le déclic se produit: son équipe aligne cinq victoires d'affilée, remonte jusqu'aux sommets du groupe et ne doit qu'à une défaite au Danemark d'être condamnée à disputer un barrage.

La mission sera remplie sans problème, le Portugal écrasant la Bosnie 6-2 sur l'ensemble des deux rencontres.

Les hommes clés de cet ensemble sont à chercher sur les ailes, où Cristiano Ronaldo et son pendant du côté droit Nani assurent le spectacle, tandis que Joao Moutinho, Raul Meireles voire Pepe, si besoin, contrôlent le milieu de terrain.

Ce dernier évolue plus souvent en défense où il forme avec Bruno Alves un duo de combattants. L'incertitude plane néanmoins sur le niveau de leurs doublures, Bento étant privé de Ricardo Carvalho et Jose Bosingwa.

Tombé au rang de second couteau au Real Madrid, Carvalho a pris sa retraite internationale la saison dernière en invoquant le manque de respect du sélectionneur à son égard.

Bosingwa, récent champion d'Europe avec Chelsea, a quant à lui prévenu qu'il ne jouerait pas sous les ordres de Bento.

Leurs absences pourraient peser lourd en même temps qu'elles ne sont pas comparables au problème numéro un du Portugal, l'absence d'un grand avant-centre que ne sont ni Hugo Almeida ni Helder Postiga, les deux occupants du poste.

Les Portugais regrettent l'époque lointaine de l'idole Eusebio, qui éclairait le jeu dans les années 1960, et se disent que sans buteur, les obstacles risquent d'être trop élevés ou trop nombreux pour leur équipe.

Gregory Blachier pour le service français

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