Euro: le Portugal a trouvé sa voie sans meneur

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Euro: le Portugal a trouvé sa voie sans meneur
Euro: le Portugal a trouvé sa voie sans meneur

par Brian Homewood

POZNAN, Pologne (Reuters) - Quand la dite "génération dorée" était dirigée par Rui Costa et la suivante, plus féroce, dépendait du talent de Deco, le Portugal se découvre aujourd'hui une nouvelle identité sans meneur de jeu digne de ce nom.

Pour la première fois depuis son retour au premier plan en 1996, la Selecçao n'a pas de numéro dix reconnu, mais ce qui semblait être sa faiblesse au moment d'entrer l'Euro paraît désormais faire la force de cette équipe.

Le sélectionneur Paulo Bento a réussi à qualifier son équipe pour les quarts de finale -le match l'opposera jeudi à la République tchèque- en imposant un milieu à trois.

Installé devant la défense, Miguel Veloso présente le profil le plus défensif, tandis que l'accrocheur Raul Meireles et plus encore Joao Moutinho sont davantage des relayeurs, capables de porter le ballon et de distribuer, toujours vers l'avant.

Ces trois hommes trouvent aisément les ailiers Cristiano Ronaldo et Nani, auxquels revient la double tache de créer et de conclure, voire d'alimenter la pointe du trident offensif.

Ce dispositif n'est pas une originalité portugaise, tant sont nombreuses les sélections à privilégier cette solution, à l'image de la France dans son premier match contre l'Angleterre.

Mais il sied bien à une sélection qui veut imposer un rythme effréné aux matches alors qu'un meneur ralentirait sans doute la progression vers l'avant.

UNE IDENTITÉ

Les cinq buts marqués lors des deux succès au premier tour contre le Danemark (3-2) et les Pays-Bas (2-1) laissent à penser que le Portugal a trouvé la formule idéale, d'autant que Cristiano Ronaldo a enfin accouché d'une prestation digne de son talent face aux Néerlandais.

"Nous avons atteint notre premier objectif de brillante manière, en nous appuyant sur une très bonne organisation collective dans nos trois matches", s'est félicité Paulo Bento.

"Nous avons une identité, construite avec nos idées et nos joueurs. Nous sommes en quarts de finale, nous jouons bien et nous sommes sortis d'un groupe où figuraient les finalistes de la Coupe du monde et l'équipe qui avait fini troisième."

Finalistes de l'Euro en 2004, demi-finalistes quatre ans plus tard et demi-finalistes en Coupe du monde entre-temps, les Portugais ont accumulé les places d'honneur, ce qui dit beaucoup de la force d'un pays relativement petit et dont le championnat est d'abord le territoire de vedettes sud-américaines.

Le crédit de ses performances revenait en grande partie à Luiz Felipe Scolari, qui avait donné à son équipe le supplément d'âme et de tranchant manquant à la génération précédente.

Son départ après l'Euro 2008 avait ouvert une période délicate marquée par l'échec de Carlos Queiroz. Mais Paulo Bento a redressé une équipe partie pour rater l'échéance 2012.

Grâce à lui et malgré l'absence inédite d'un patron sur le terrain, le Portugal a de nouveau les faveurs des pronostics.

Gregory Blachier pour le service français

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