Euro: Laurent Blanc, un "Président" encore en ballottage

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Euro: Laurent Blanc, un "Président" encore en ballottage
Euro: Laurent Blanc, un "Président" encore en ballottage

par Pascal Liétout

PARIS (Reuters) - En deux ans, Laurent Blanc a su apporter une cohérence à une équipe de France sortie exsangue du fiasco sud-africain de 2010.

Il lui reste désormais à confirmer par un bon parcours dans une grande compétition, condition sine qua non pour poursuivre son aventure de sélectionneur.

A 46 ans, sa carrière d'entraîneur est encore courte. Le Cévenol a débuté dans le métier en 2007 à Bordeaux, qu'il a quitté en 2010 pour prendre les rênes de l'équipe de France.

Pièce maîtresse des Bleus champions du monde et d'Europe, l'ancien arrière central a rapidement connu la réussite en Gironde, remportant un doublé championnat-Coupe de la Ligue dès sa deuxième saison.

Deux facteurs concourent à faire de l'homme aux 97 sélections un chef d'orchestre capable de mettre en harmonie des talents et des caractères divers.

Son expérience de joueur, d'abord. Une carrière professionnelle longue de vingt ans, entamée en 1983 à Montpellier et achevée en 2003, à près de 38 ans, à Manchester United, sur un titre de champion d'Angleterre.

Entretemps, le garçon né à Alès dans une famille modeste aura connu sept autres clubs avec lesquels il s'est forgé un beau palmarès, de Naples à l'Inter Milan en passant par Barcelone avec, côté français, des passages à Saint-Etienne, Auxerre ou Marseille.

Partout, Laurent Blanc laissera sa marque, celle d'un leader, aussi capable de "lire" le jeu sur le terrain et de compenser, par son sens de l'anticipation, une relative lenteur, que d'analyser ensuite une rencontre.

"SIR ALEX"

Très tôt, il sera l'un des relais privilégiés des entraîneurs qu'il côtoie. Cette proximité n'a peut-être jamais été aussi forte que lors de sa dernière étape à Manchester.

En Angleterre, il écoute et apprend beaucoup d'Alex Ferguson, qu'il appelle avec le respect de son noble titre "Sir Alex", et avec qui il avoue s'entretenir encore régulièrement au téléphone.

Il en retiendra un élément essentiel, qui constitue aujourd'hui son second atout : la capacité à déléguer, à prendre du recul pour mieux discerner et décider.

A United, l'association entre Ferguson et son adjoint portugais Carlos Queiroz lui plaît. Le premier donne les grandes orientations, fait les choix essentiels ; le second les applique sur le terrain à l'entraînement.

Laurent Blanc s'en inspirera directement à Bordeaux où il choisit comme équipier Jean-Louis Gasset, un ancien de Montpellier, un attelage que l'on retrouve depuis deux ans à la tête de l'équipe de France.

DIALOGUE ET AUTORITÉ

Adepte du beau jeu, le sélectionneur tente depuis sa prise de fonctions de mettre en pratique sa "philosophie", faite de possession et de circulation rapide de la balle pour prendre de vitesse l'adversaire.

Le bilan est pour l'instant mitigé, les Bleus ayant alterné sous sa férule matches prometteurs et productions insipides.

Homme de dialogue, conscient du poids de la psychologie dans la gestion des joueurs de haut niveau, Laurent Blanc sait aussi faire preuve d'autorité, quitte à entretenir des relations quelquefois tendues avec le président de la Fédération, Noël Le Graët, autre personnalité forte du football français.

"Le Président", un surnom gagné lors de ses années à Marseille et adopté par ses coéquipiers en équipe nationale, n'a pas toutefois accompli un sans faute lors de ces deux années.

Son image fut notamment ternie par "l'affaire des quotas", en avril 2011, quand il fut accusé d'avoir approuvé, lors d'une réunion de la Direction technique nationale, l'instauration de pourcentages raciaux dans la sélection des jeunes espoirs.

Blessé, l'homme fut tenté par la démission. Il préféra s'excuser publiquement et poursuivre une mission qui atteint en ce mois de juin son heure de vérité.

Edité par Grégory Blachier

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