Euro: la Suède aime les grands

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Euro: la Suède aime les grands
Euro: la Suède aime les grands

par Philip O'Connor

STOCKHOLM (Reuters) - Depuis qu'elle a disputé la finale de la Coupe du monde 1958 à domicile face au Brésil, la Suède a pris l'habitude de frayer avec les poids lourds du football mondial.

Ce pays de presque neuf millions et demi d'habitants joue dans la cour des grands parce qu'il sait mettre sur pied des équipes qui sont bien plus qu'un assemblage de joueurs.

A l'heure d'affronter la France, l'Ukraine et l'Angleterre au premier tour de l'Euro, les Scandinaves ne changeront pas. Le respect de leur adversaire ne trahira aucune crainte.

La Suède s'est qualifiée pour l'Euro en terminant meilleur deuxième des qualifications. Pour y parvenir, elle a infligé aux Pays-Bas leur première défaite depuis la finale de la Coupe du monde 2010, lors de l'ultime match de leur groupe (3-2).

Aux dires du sélectionneur Erik Hamren, son équipe est "la meilleure au monde pour obtenir un résultat sans changer sa façon de jouer". S'il veut exploiter tout le potentiel de ses hommes, il aura pourtant quelques ajustements à faire.

Hamren est partisan d'un système à une pointe où le buteur du Milan AC Zlatan Ibrahimovic est libre d'exprimer son talent sur tout le front de l'attaque.

Utilisé comme point de fixation durant les qualifications, Ibrahimovic a été replacé comme meneur de jeu lors des matches de préparation, avec un effet immédiat : buteur comme à son habitude, il se mue en passeur et accapare l'attention de toute une défense.

Ibrahimovic préfère évoluer avec Ola Toivonen devant lui mais le très physique Johan Elmander pourrait être préféré à l'avant-centre du PSV Eindhoven s'il n'est pas trop gêné par sa fracture au pied.

A l'opposé du terrain, la Suède dispose de deux très bons gardiens, Andreas Isaksson, 30 ans et près de cent sélections, et Johan Wiland, dont les six maigres sélections témoignent non de son niveau mais de sa malchance - être de la même génération que l'actuel titulaire du poste.

AVEC OU SANS IBRAHIMOVIC ?

Au milieu de terrain, la lecture du jeu d'Anders Svensson et du Lyonnais Kim Källström fait merveille.

Derrière eux, le puissant et indéboulonnable Olof Mellberg continue de commander avec efficacité sa défense, où les postes de latéraux laissent une petite place au doute.

Seule l'absence de John Guidetti, avant-centre révélé au Feyenoord Rotterdam mais forfait en raison d'un virus, affaiblit cette équipe solide dans tous les secteurs.

Pour avancer dans le tournoi, les Suédois devront sortir d'un groupe qui paraît assez équilibré et donc ne laisser aucun point en route.

Admirateurs du football britannique, ils ne nourrissent aucun complexe face à l'Angleterre qui a dû attendre novembre pour les battre enfin après 43 années sans succès.

L'histoire leur est moins favorable face à la France, mais les hommes d'Hamren l'ont montré face aux Pays-Bas, ils peuvent se défaire de n'importe qui.

D'autant plus que ce match décisif avait été joué sans Zlatan Ibrahimovic. Son absence, potentiellement lourde de conséquences, avait libéré ses coéquipiers qui paraissent parfois pétrifiés par la personnalité du capitaine.

L'impensable a même été murmuré par certains observateurs désireux de convaincre Hamren de se passer du géant d'origine bosnienne.

Bien qu'il n'ait rien gagné cette saison - une rareté dans sa carrière -, Zlatan Ibrahimovic est au meilleur de sa forme et se sait indispensable, capable de prodiges.

Son talent ne fait aucun doute. Savoir si ses coéquipiers sont capables de briller dans son ombre ou s'il vaut mieux privilégier l'élan collectif aux prouesses d'un seul homme, là est plutôt la question.

Gregory Blachier pour le service français

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