Euro: la Russie se voit toujours grande

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Euro: la Russie se voit toujours grande
Euro: la Russie se voit toujours grande

par Gennady Fyodorov

MOSCOU (Reuters) - En dépit des critiques, la Russie se lance dans l'Euro pleine de confiance et désireuse de faire au moins aussi bien qu'il y a quatre ans, lorsqu'elle n'avait buté qu'en demi-finale sur l'Espagne, future championne d'Europe.

Malgré un départ laborieux dans les qualifications - une défaite 1-0 à domicile devant la Slovaquie ayant succédé à une victoire étriquée (2-0) face à la modeste Andorre -, la Russie a facilement validé son billet en finissant en tête du groupe B.

Elle l'a fait sans développer un football aussi plaisant que celui l'ayant mené dans le dernier carré en 2008.

Mais les Russes ont été solides, ne concédant que quatre buts en dix rencontres, dont deux lors du succès 3-2 contre l'Irlande à Dublin.

Le Néerlandais Dick Advocaat, qui a succédé à son compatriote Guus Hiddink sur le banc, s'est appuyé sur le groupe qui avait échoué à se qualifier pour la Coupe du monde 2010.

Cela lui a valu d'être très durement critiqué par les médias russes qui lui ont reproché de ne pas avoir injecté de sang neuf dans une équipe vieillissante, dont beaucoup d'experts jugent qu'elle a déjà atteint son sommet.

En témoignent les doutes qui accompagnent des joueurs phares tels qu'Andreï Archavine, Roman Pavlyuchenko ou Iouri Jirkov. Tous avaient brillé à l'Euro 2008 mais ont quitté ces derniers mois la Premier League pour se relancer dans le championnat russe.

La dernière année d'Archavine sous le maillot d'Arsenal a été si mauvaise que les Londoniens l'ont prêté pour trois mois à son ancien club, le Zenit Saint-Pétersbourg, en février.

Jadis éblouissant, l'attaquant est à la peine, or la Russie ne réussira que s'il retrouve son meilleur niveau et ce, malgré la forme de Pavel Pogrebnyak, seule éclaircie dans le ciel russe.

A rebours de ses compatriotes, le puissant avant-centre est allé tenté sa chance en Angleterre l'hiver dernier en quittant Stuttgart pour Fulham, où il a vite trouvé sa place.

"LAISSEZ-LES DIRE..."

Ces perspectives globalement sombres n'ont pas douché l'enthousiasme du président de la Fédération russe de football, Sergueï Foursenko, qui voit son équipe en finale à Kiev.

Ce serait une première depuis le démantèlement de l'Union soviétique, sacrée en 1960 et finaliste en 1964, 1972 et 1988.

"Je pense que nous sommes tout à fait capables de faire encore mieux qu'il y a quatre ans", a-t-il dit à la presse après le tirage au sort qui a placé la Russie dans le groupe A avec la Pologne, co-organisatrice du tournoi, la Grèce et la République tchèque.

Il y a quatre ans, la Russie avait magnifiquement joué son rôle de trouble-fête, s'invitant en demi-finale - sa meilleure performance depuis vingt ans - après avoir notamment éliminé les Pays-Bas au tour précédent.

"En 2008, peu de gens comptaient avec notre équipe, aussi avons-nous pu surprendre nombre des soi-disant experts", relevait récemment l'ancien international Evgeni Lovtchev dans sa chronique pour le quotidien Soviet Sport.

"Cette fois, ce sera bien plus dur, non seulement parce que les autres équipes ne vont pas prendre la Russie à la légère mais aussi parce qu'Advocaat s'appuie sur les mêmes joueurs que son prédécesseur.

"Le plus gros problème, c'est que la plupart de nos joueurs, comme Archavine ou Pavlyuchenko, ont vu leur forme décliner fortement. En outre, ils n'ont pas rajeuni."

Archavine, 31 ans, se veut nettement plus optimiste.

"Je sais que de nombreux supporters ne croient pas en nos chances. Laissez-les dire ce qu'ils veulent. Moi, j'aime montrer aux gens qu'ils ont tort", a-t-il dit aux médias russes.

"Un des gros plus pour nous, je pense, c'est que nous avons une équipe expérimentée et que nous savons à quoi nous attendre dans un tournoi comme l'Euro 2012.

"Une fois que vous avez les quarts de finale, tout est possible. Nous l'avons fait il y a quatre ans."

Gregory Blachier pour le service français, édité par Pascal Liétout

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