Euro: la Russie éclipse la Pologne

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Euro: la Russie éclipse la Pologne
Euro: la Russie éclipse la Pologne

par Timothy Heritage

VARSOVIE (Reuters) - La Pologne semblait devoir s'attirer toute la lumière pour le premier jour de son Euro, mais la Russie lui a volé la vedette en infligeant une leçon à la République tchèque pour ses débuts dans la compétition (4-1).

Tout était pourtant prêt pour la fête polonaise à l'issue d'une cérémonie d'ouverture bigarrée: la sélection menait 1-0 après un but de Robert Lewandowski à la 17e minute et ils jouaient à 11 contre 10 depuis la 44e minute.

Les Polonais pouvaient aussi compter sur le soutien bruyant des 56.000 spectateurs réunis dans l'enceinte de Varsovie.

Mais les Grecs, vainqueurs en 2004 à la surprise générale, ont une nouvelle fois prouvé qu'ils avaient les ressources pour réécrire à leur avantage les pires scénarios. Dimitris Salpingidis a ainsi égalisé à la 51e minute. Stupeur dans le Stade national.

Au milieu de ce marasme, seul le gardien Przemyslaw Tyton avait des raisons de se réjouir.

La doublure de Wojciech Szczesny n'aurait même pas dû prendre part à la rencontre, mais l'expulsion du titulaire à la 69e lui a offert l'occasion de s'illustrer sur le penalty tiré dans la foulée. Sans son arrêt, l'horizon polonais se serait sérieusement obscurci.

"Le match d'ouverture dans une compétition d'une telle importance se conclut souvent par un match nul, mais tout n'est pas perdu", se consolait après la rencontre le sélectionneur Francizek Smuda.

"Nous allons jouer au moins deux matches supplémentaires dans l'Euro 2012, et nous devons remporter les deux", a-t-il ajouté à l'adresse de ses joueurs.

LA POLOGNE SOUS SON MEILLEUR VISAGE

Le prochain match au programme les opposera le 12 juin à la Russie, qui a ravi à la Pologne et à la République tchèque le statut de favori du groupe A.

A l'image d'Andrei Archavine, plutôt discret cette saison avec Arsenal qu'il a quitté en février pour retourner au Zénit Saint-Pétersbourg, les Russes sont sortis de leur tanière face à la République tchèque, qui a d'un seul coup perdu son crédit de candidat potentiel à la victoire finale.

Si elle n'a pas brillé sur la pelouse de Varsovie, la Pologne espère tout de même profiter de l'événement pour se montrer sous son meilleur visage, celui d'un pays transformé depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et l'effondrement du communisme en Europe.

A condition de ne pas laisser les incidents racistes éclipser les enjeux sportifs. Des joueurs néerlandais ont en effet entendu des spectateurs lancer des cris de singe lors d'une séance d'entraînement à Cracovie, ouverte au public.

Les plus hautes autorités du pays tentent donc de désamorcer le malaise. Le Premier ministre Donald Tusk a ainsi dîné jeudi chez John Godson, le premier parlementaire noir du pays.

L'autre pays organisateur a également fait savoir, par la voix de son Premier ministre Mykola Azarov, qu' "il n'y a pas de racisme en Ukraine". "L'Ukraine est un pays extrêmement démocratique et tolérant", a-t-il ajouté.

La précision est d'autant plus importante que le pays est mis en cause en raison de la situation des opposants politiques. Après la France ou l'Allemagne, l'Angleterre a ainsi annoncé jeudi qu'elle n'enverrait aucun ministre assister aux matches.

La compétition commence samedi sur le sol ukrainien, avec les affiches Pays-Bas-Danemark et Allemagne-Portugal comptant pour le groupe B.

Simon Carraud pour le service français

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