Euro: la Pologne mise sur ses Allemands

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Euro: la Pologne mise sur ses Allemands
Euro: la Pologne mise sur ses Allemands

par Adrian Krajewski

VARSOVIE (Reuters) - A l'heure d'aborder son Euro de football, qu'elle ouvrira vendredi 8 juin face à la Grèce, la Pologne sait devoir s'en remettre à sa colonne vertébrale issue du Borussia Dortmund si elle veut déjouer les pronostics.

Au classement Fifa des nations, la Pologne, co-organisatrice de la compétition avec l'Ukraine, pointe au 65e rang, le plus faible des 16 pays engagés.

Pour autant, son sélectionneur Franciszek Smuda veut croire que son équipe a les moyens de s'extirper du groupe A, où elle affrontera - outre la Grèce - la Russie et la République tchèque, et d'atteindre au moins les quarts de finale.

"L'objectif est clair: sortir du groupe", a dit Smuda au site internet Futbolnews.pl. "Et à partir du moment où vous avancez dans le tournoi, cela vous stimule. Nous n'avons pas de grandes stars. Nous ne réussirons qu'en équipe."

Quoi qu'en dise Smuda, la Pologne compte un joueur au talent unanimement reconnu, l'attaquant Robert Lewandowski, dont les 22 buts en Bundesliga cette saison ont grandement contribué au second titre consécutif de champion d'Allemagne de Dortmund.

Aux côtés du buteur de 23 ans, le défenseur Lukasz Piszczek et le milieu de terrain Jakub Blaszczykowski forment l'ossature du Borussia, et la Pologne n'aura les reins suffisamment solides pour voyager loin que si ce trio est à la hauteur.

RACINES POLONAISES

La Pologne participe au deuxième championnat d'Europe des nations de son histoire, quatre ans après des débuts balbutiants au niveau continental.

Hôte du premier Euro organisé en Europe de l'Est, elle a investi un milliard d'euros dans quatre stades flambant neufs et espère retrouver un peu de la splendeur qui lui avait permis de terminer troisième de la Coupe du monde en 1974 puis en 1982.

Le défi apparaît plus grand encore sur le pré où l'équipe, qui a gagné seulement 12 des 31 matches disputés sous les ordres de Smuda, semble peu susceptible de satisfaire les attentes, immenses, de ses supporters.

Aux côtés des trois pensionnaires du Borussia Dortmund, seul Wojciech Szczesny, 22 ans et gardien de but d'Arsenal, apparaît comme un titulaire indiscutable pour le match d'ouverture contre la Grèce.

En l'absence de talents locaux, la Pologne s'est résolue à prospecter hors de ses frontières et courtiser des joueurs aux racines polonaises, même lointaines, pour bâtir une sélection digne de ce nom.

Damien Perquis, défenseur de Sochaux, ou Ludovic Obraniak, milieu de terrain de Bordeaux, disputeront donc l'Euro, tout comme Sebastian Bönisch (Werder Brême), Adam Matuszczyk (Fortuna Düsseldorf) ou Eugen Polanski (Mayence). Tous sont nés ou ont grandi à l'étranger.

La vacuité du réservoir polonais n'a pas empêché pour autant Smuda de se priver du milieu Slawomir Peszko, sanctionné après une soirée arrosée conclue par un incident avec un chauffeur de taxi le mois dernier.

Malgré leurs demandes, les joueurs n'ont pas obtenu la réintégration de leur coéquipier mais ont tout de même pu accueillir un ex-banni, le défenseur Marcin Wasilewski.

Il ne fera pas tout mais sa présence reflète la nécessité pour ce groupe de rester solidaire. Il en va des chances de la Pologne de surprendre l'Europe.

Gregory Blachier pour le service français

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