Euro: la légion étrangère polonaise défie la Grèce

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Euro: la légion étrangère polonaise défie la Grèce
Euro: la légion étrangère polonaise défie la Grèce

par Patrick Graham

VARSOVIE (Reuters) - La Pologne ouvre son Euro de football face à la Grèce vendredi et compte sur sa légion étrangère, allemande notamment, pour faire tomber d'entrée les anciens champions d'Europe.

Trois des meilleurs joueurs polonais jouent au Borussia Dortmund, deux des probables titulaires sont nés en Allemagne et le sélectionneur Franciszek Smuda est lui-même germanophile.

La dépendance aux talents venus de l'étranger n'est pas sans faire de vagues, comme l'a montré cette semaine la situation de Ludovic Obraniak. Le milieu de terrain des Girondins de Bordeaux, incapable de s'exprimer en polonais et dont les relations avec les autres joueurs sont tendues, a dû défendre la légitimité de sa présence dans les 23.

Le défenseur de Sochaux Damien Perquis, autre Français du groupe polonais, s'est porté à son secours.

Ces polémiques feront long feu si le pays hôte, qui est également le moins bon des 16 engagés selon le classement Fifa, bat la Grèce, championne d'Europe 2004 et vaincue une seule fois dans ses vingt derniers matches.

"Dès le départ, Smuda a bâti cette équipe avec des joueurs d'Allemagne", note le très écouté éditorialiste Michal Pol.

"Cela peut signifier qu'ils sont mieux préparés pour ce tournoi que par le passé", ajoute-t-il, rappelant qu'une préparation mal gérée avait conduit la Pologne à deux échecs cinglants à la Coupe du monde 2006 et à l'Euro 2008.

UN GROS CLIENT

Les chances de la Pologne de se qualifier pour les quarts de finale sont réelles dans un groupe A qui paraît très ouvert.

La Russie en reste la favorite, sur la dynamique de son succès 3-0 contre l'Italie en préparation et avec une équipe proche de celle qui avait atteint les demi-finales en 2008.

Polonais, Grecs et Tchèques devraient donc se disputer la deuxième place en quarts.

Les espoirs du pays hôte reposent en grande partie sur les épaules de Robert Lewandowski, troisième meilleur scoreur de la Bundesliga cette saison avec 22 buts et auteur d'un retentissant triplé face au Bayern Munich en finale de la Coupe d'Allemagne.

L'attaquant sera essentiellement servi par ses coéquipiers à Dortmund, l'arrière Lukasz Piszczek et le milieu Jakub Blaszczykowski, ainsi que les talents émergents comme Maciej Rybus ou les derniers arrivés, comme Obraniak.

Ils devront être inspirés vendredi pour percer la défense grecque, qui n'a encaissé que cinq buts en qualifications, sous l'autorité de la paire centrale Avraam Papadopoulos et Sokratis Papastathopoulos.

La Grèce sait faire sensation d'entrée de jeu. En 2004, elle avait entamé sa marche victorieuse par une victoire sur le Portugal, pays hôte et de surcroît un des favoris du tournoi.

Solide derrière, elle peut être explosive devant grâce à la créativité et la vitesse de Sotiris Ninis, sa nouvelle perle.

"Nous savons des Grecs qu'ils forment un collectif. Ils défendent comme un seul homme et ont montré qu'ils savaient saisir leurs occasions", a résumé l'entraîneur adjoint de la Pologne Hubert Malowiejski. "C'est un très gros client."

Gregory Blachier pour le service français

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