Euro: la Grèce se qualifie au courage et écoeure la Russie

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Euro: la Grèce se qualifie au courage et écoeure la Russie
Euro: la Grèce se qualifie au courage et écoeure la Russie

par Justin Palmer

VARSOVIE (Reuters) - La Grèce a fait preuve d'un immense courage et d'une abnégation sans faille pour se qualifier samedi pour les quarts de finale de l'Euro 2012 à l'issue d'une victoire surprise contre la Russie (1-0), éliminée de la compétition dès le premier tour.

L'unique but de la victoire a été inscrit dans les arrêts de jeu de la première période par le vétéran Giorgos Karagounis, 35 ans, l'un des héros de l'Euro 2004 où la Grèce avait surpris son monde en s'imposant en finale face au Portugal.

Dans l'autre rencontre de la soirée, la République tchèque a validé son ticket à la faveur d'une courte mais précieuse victoire face à la Pologne (1-0), pays co-organisateur.

Les Tchèques terminent donc premiers du groupe A avec six points, soit deux longueurs d'avance sur les Grecs et sur les Russes, et quatre sur la Pologne.

La Grèce se qualifie selon la règle du plus grand nombre de points obtenus dans les rencontres directes. La Russie et la Pologne sont éliminées.

Il y a quelques jours encore, le sélectionneur de la Russie Dick Advocaat clamait haut et fort que son équipe pratiquait le plus beau football du championnat d'Europe.

Il y a quelques heures encore, la Russie était considérée comme la favorite du groupe A et comme une prétendante crédible aux places d'honneur à la fin de l'Euro.

Samedi soir, au Stade national de Varsovie, l'addition de ces assertions n'a pas accouché d'une vérité, pour le plus grand bonheur des descendants d'Aristote.

Le héros du jour du peuple grec, plus prompt à broyer du noir ces derniers mois qu'à chavirer de bonheur, s'appelle Giorgos Karagounis.

Mais tradition de la tragédie oblige, ce dernier ne sera pas en mesure de jouer les quarts de finale, et ce en raison d'un carton jaune reçu injustement en deuxième période.

Hormis ce point noir, la Grèce peut savourer sa victoire.

Car après une entame de match plutôt équilibrée, la Russie a commencé à faire sa valoir sa supériorité technique en pratiquant un football rapide, en une touche de balle, déstabilisant ainsi l'arrière-garde grecque, condamnée à défendre de manière rugueuse.

UNE HISTOIRE COUSUE DE FIL BLANC

Capables de se trouver dans les petits périmètres au milieu du terrain mais incapables de répéter les mêmes gestes dans la surface de réparation, les Russes ont donc tenté plusieurs fois leur chance de loin, en décochant des frappes vicieuses aux abords de la surface.

Le premier à se mettre en évidence fut Alexandre Kerjakov, qui dès la 12e minute a placé une lourde frappe croisée du droit juste au-dessus de la lucarne du portier grec.

Le deuxième à s'illustrer par ce genre de tentative audacieuse fut l'ancien pensionnaire de Chelsea Iouri Jirkov, dont la frappe croisée du gauche a flirté avec la barre transversale de Michalis Sifakis (41e).

Mais à force de dominer sans marquer, les hommes de Dick Advocaat se sont fait punir au plus mauvais des moments, juste avant la mi-temps.

La sanction est venue d'un contre assassin conclu par le Giorgos Karagounis (45e+2), toujours aussi opportuniste qu'en 2004.

Au retour des vestiaires, les hommes de Fernando Santos ont consolidé le mur défensif construit en première mi-temps en évoluant à dix devant leur but, face à des Russes volontaires mais impuissants face au rideau de fer blanc.

Toujours enclins à jouer en contre, les Grecs auraient pu se donner de l'air si jamais l'arbitre avait sifflé un penalty à la 60e, après une faute évidente dans la surface de réparation sur Giorgos Karagounis.

Au lieu de cela, le Suédois Jonas Eriksson a averti le Grec pour simulation, ce qui l'a rendu rouge de colère, conscient que ce carton jaune le priverait d'un éventuel quart de finale.

A peine dix minutes plus tard (70e), juste avant que la République tchèque n'ouvre le score à Wroclaw, synonyme d'élimination pour les Russes, Viacheslav Malafeiev a tremblé avant d'être finalement sauvé par son poteau gauche sur un coup franc de Giorgos Tzavellas.

Mais l'histoire de Varsovie était cousue de fil blanc depuis le but de Giorgos Karagounis. En ressuscitant son âme de 2004, la Grèce pouvait plier encore mille fois, sans jamais rompre.

Olivier Guillemain pour le service français

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