Euro: la Grèce s'en tient aux plans de rigueur

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Euro: la Grèce s'en tient aux plans de rigueur
Euro: la Grèce s'en tient aux plans de rigueur

ATHENES (Reuters) - En 2004, rares étaient ceux à parier sur un triomphe de la Grèce à l'Euro. Cette année, ils sont encore moins nombreux à l'imaginer rééditer sa sortie triomphale.

Huit ans après le plus grand exploit sportif de son histoire, la Grèce figure une nouvelle fois au rang des pays que personne ne voient disputer le titre européen.

Ses supporters s'en accommodent volontiers, se souvenant que leur équipe était cotée à 100 contre 1 avant de surprendre son monde à l'Euro portugais, mais la probabilité d'un nouveau coup d'éclat est mince.

La Grèce est désormais conduite par le Portugais Fernando Santos qui a renouvelé son groupe en faisant appel à de jeunes joueurs, associés à quelques figures de la veille garde.

Mais les nouveaux visages n'ont pas modifié la philosophie inspirée par Otto Rehhagel, l'homme qui avait mené les Grecs au Panthéon européen : la solidité défensive et une organisation sans faille sont toujours leurs principales armes.

La Grèce n'a concédé que cinq buts en dix matches de qualification. Mais elle n'en a inscrit que 14, soit le plus faible total des équipes qui seront du tournoi.

Santos n'a donc pas de mal à composer sa ligne défensive.

Le joueur grec de l'année Avraam Papadopoulos (Olympiakos) et Sokratis Papastathopoulos, du Werder Brême, devraient former la charnière centrale même si le talent émergent Kyriakos Papadopoulos, 19 ans, brigue une place de titulaire.

Le jeune défenseur de Schalke 04 n'avait pas joué pendant la première partie de la campagne de qualification, mais a commencé quatre des cinq derniers matches et a crevé l'écran tant il s'est montré mature, une qualité indispensable à son poste.

Sa polyvalence lui permet en outre de se muer en milieu défensif et d'inscrire, comme contre la Lettonie et Malte, des buts décisifs.

DÉSERT OFFENSIF

Sur les côtés, Santos dispose d'une touche de finesse avec Vasilis Torosidis et Jose Holebas, deux latéraux à l'apport offensif majeur, en particulier pour Holebas dont la vitesse et la technique en font un joueur capable d'évoluer sur toute la longueur du terrain.

Aux avant-postes, la problématique est tout autre.

Rapide, Giorgos Samaras est un pilier du 4-3-3 mis en place par Santos et une menace constante pour l'adversaire. Mais l'attaquant du Celtic Glasgow marque trop peu.

Meilleur scoreur des qualifications à la Coupe du monde 2010 avec dix réalisations, l'ancien avant-centre du Bayer Leverkusen Fannis Gekas, 31 ans, semble lui avoir perdu son sens du but.

L'absence d'efficacité des joueurs offensifs avait même conduit Santos à rappeler un temps, comme en désespoir de cause, le buteur de la finale de l'Euro 2004, Angelos Charisteas, pourtant perdu dans un désert sportif. Il l'a finalement laissé à l'écart.

Au milieu de terrain, les raisons de se réjouir sont aussi nombreuses que les soucis.

Après la Coupe du monde en Afrique du Sud, les supporters pensaient avoir fait leurs adieux aux historiques Costas Katsouranis et Giorgos Karagounis.

Mais ce duo est toujours présent même si Karagounis, qui chasse le record national de 120 sélections, devrait débuter sur le banc, quand Katsouranis reste l'homme de base au coeur du jeu, accompagné par Grigoris Makos ou Giorgos Fotakis.

En termes de créativité, la Grèce s'en remettra pour l'essentiel à Sotiris Ninis, du Panathinaikos et à des jeunes qui ne demandent qu'à surprendre.

Gregory Blachier pour le service français

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