Euro: la France veut regoûter au succès

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Euro: la France veut regoûter au succès
Euro: la France veut regoûter au succès

par Pascal Liétout

DONETSK (Reuters) - Incapable de franchir le premier tour de ses deux dernières grandes compétitions, l'équipe de France cherchera lundi contre l'Angleterre, pour ses débuts dans l'Euro, à retrouver le goût de la victoire dans une phase finale.

Six ans après la Coupe du monde en Allemagne, conclue par une défaite aux tirs au but en finale contre l'Italie, les Français ont disparu des hautes sphères du football international en se faisant piteusement éliminer de l'Euro 2008 et du Mondial 2010.

En Afrique du Sud, le déshonneur est venu s'ajouter aux défaites, avec une grève des joueurs, source du désamour de leur public que les Bleus commencent seulement à reconquérir.

Un sondage publié dimanche montre qu'une majorité de Français éprouve à nouveau de la sympathie pour son équipe, mais la réconciliation ne serait complète qu'avec une bonne performance en Ukraine et en Pologne.

Elle commence par un début réussi lundi à la Donbass Arena de Donetsk contre une équipe anglaise handicapée par l'absence sur blessure de plusieurs joueurs importants, la suspension de son atout maître en attaque, Wayne Rooney, et l'arrivée tardive à la tête de la sélection, il y a un mois, de Roy Hodgson.

L'occasion semble idéale, et même un peu trop.

L'Angleterre, vexée d'avoir été dominée par la France lors de leur dernière confrontation (2-1) à Wembley, est avide de revanche et voudra montrer face à son rival séculaire qu'elle vaut bien mieux que la sortie rapide que lui prédisent certains spécialistes.

DÉFI PHYSIQUE

Terre natale du football, l'Angleterre compte dans ses rangs, malgré une sélection nationale moins performante que ses clubs, des joueurs d'expérience comme John Terry ou Steven Gerrard qui savent se transcender dans les moments importants.

En l'absence de Frank Lampard et de Gareth Barry au milieu, l'Angleterre devrait opter pour le défi physique et le jeu aérien afin d'empêcher ses adversaires d'imposer leur touche technique.

Les Anglais possèdent enfin en attaque avec Danny Welbeck et Andy Carroll, voire Ashley Young, des arguments susceptibles de pallier au moins partiellement l'absence de Rooney.

Ils comptent aussi sur les points faibles de la France. Parfois brillante offensivement, cette dernière suscite en effet quelques doutes en défense et à la récupération.

Après 21 matches sans défaite, dont 15 victoires, les Bleus ont retrouvé la confiance, sans pour autant monter sur leurs ergots.

Après une qualification poussive et des matches de préparation face à des adversaires modestes, ils savent que les rencontres de haut niveau constitueront le vrai juge de paix.

A ce titre, le secteur défensif n'a pas donné ces derniers temps toutes les garanties de sécurité. A l'exception du gardien et capitaine Hugo Lloris, l'un des talents de niveau mondial du groupe avec Karim Benzema et Franck Ribéry, et du latéral droit Mathieu Debuchy, plusieurs interrogations demeurent.

PHILIPPE MEXÈS EN CONDITION ?

Laurent Blanc, qui fera ses débuts de sélectionneur en phase finale de compétition lundi, s'appuie sur la charnière centrale composée d'Adil Rami et de Philippe Mexès.

Rami a joué beaucoup cette saison avec Valence et ne dispose peut-être pas de la fraîcheur nécessaire, mais c'est le cas de Philippe Mexès qui interpelle.

Le défenseur du Milan AC, revenu d'une grave blessure au genou, n'a pas semblé au summum de sa condition dans les matches préparatoires et doit s'attendre à être pilonné par les milieux de terrain anglais.

A gauche, depuis le retrait forcé d'Eric Abidal pour cause de maladie, Patrice Evra n'a pas totalement convaincu. Sous la menace constante de Gaël Clichy, il bénéficie encore du soutien du sélectionneur, soucieux de privilégier l'expérience.

La récupération constitue aussi un souci pour Blanc, privé dans ce secteur de deux joueurs blessés, le Rennais Yann M'Vila, souvent titulaire sous l'ère Blanc, et Blaise Matuidi, auteur d'une belle fin de saison avec le Paris Saint-Germain.

Le rôle de "sentinelle" a donc échu au Marseillais Alou Diarra, à l'origine promis au banc de touche mais dont l'expérience, dans un groupe plutôt tendre à l'international, pourrait s'avérer utile, si ses trente printemps lui permettent de tenir la distance.

Edité par Grégory Blachier

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