Euro: la France, quelques certitudes et des inconnues

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Euro: la France, quelques certitudes et des inconnues
Euro: la France, quelques certitudes et des inconnues

par Pascal Liétout

PARIS (Reuters) - Risée du monde du football lors de la Coupe du monde 2010, l'équipe de France espère, près de deux ans après l'arrivée au pouvoir de Laurent Blanc, retrouver à l'Euro 2012 un rang plus digne de son passé prestigieux.

Les Bleus n'ont pas remporté un match de poule dans une phase finale de compétition depuis le 23 juin 2006 (2-0 contre le Togo) et, malgré une série en cours de 21 rencontres sans défaite, alternent périodes séduisantes et prestations fades.

A son actif, Laurent Blanc peut afficher un nombre certain de résultats, tant sur le terrain qu'en dehors.

Son équipe n'a plus perdu depuis le revers à domicile face à la Biélorussie le 3 septembre 2010. Elle a aligné quelques belles performances face à des cadors comme l'Angleterre (2-1 à Wembley), le Brésil (1-0 à Saint-Denis) et en février dernier l'Allemagne (2-1 à Brême), un résultat qui l'a replacée sur la carte du football européen.

Contrairement à celle de 2010, la génération Blanc a plutôt bien réussi ses matches de préparation, avec trois victoires en trois rencontres, un gage de confiance avant l'entrée en matière le 11 juin contre une Angleterre affaiblie par les absences mais revancharde.

Les Bleus ne se sont toutefois qualifiés que péniblement malgré un groupe où l'opposition - Bosnie, Roumanie, Arménie, Biélorussie, Luxembourg - n'était pas des plus redoutables.

LA CONCURRENCE JOUE

La France, dont plusieurs joueurs n'ont qu'une maigre expérience internationale, doit encore faire ses preuves en compétition.

Sous peine de récupérer sa vieille étiquette de "championne du monde des matches amicaux" dont elle s'était débarrassée avec ses titres au Mondial 1998 et à l'Euro 2000, et sa place de finaliste à la Coupe du monde 2006.

La bande à Zinédine Zidane a déserté les terrains pour le banc de touche ou les plateaux de télévision, et Laurent Blanc a quelque difficulté aujourd'hui à trouver leurs successeurs.

"On a un grand joueur, c'est (Karim) Benzema. D'autres ne sont pas loin, comme (Franck) Ribéry, (Hugo) Lloris (...) Ça ne fait pas beaucoup par rapport aux certitudes qu'ont d'autres équipes", juge Christophe Dugarry, membre de la génération 1998 devenu un consultant écouté.

"On n'a pas beaucoup de certitudes, contrairement à certains équipes comme l'Espagne et l'Allemagne. Donc, on fait jouer la concurrence", lui répond en écho Laurent Blanc.

Pour bâtir une colonne vertébrale essentielle au bon équilibre de son équipe, le sélectionneur peut effectivement s'appuyer sur le gardien lyonnais Hugo Lloris et l'avant-centre du Real Madrid Karim Benzema.

La réussite de Franck Ribéry - trois buts en trois matches de préparation - est également un point positif, l'attaquant du Bayern Munich apparaissant enfin libéré sous le maillot bleu qui l'avait révélé au monde en 2006, après des années d'errance.

Pour le reste, de nombreuses inconnues demeurent, à commencer par la défense où Philippe Mexès n'apporte pas encore toutes les garanties, et où la compétition fait rage à gauche entre Patrice Evra et Gaël Clichy, en l'absence d'Eric Abidal.

LE MILIEU EN CHANTIER

Le chantier du milieu de terrain est lui aussi en cours. Si l'ex-Lillois Yohan Cabaye s'affirme progressivement après une première année convaincante à Newcastle, le Rennais Yann M'Vila, pièce maîtresse du dispositif français, pourrait rater le début de l'Euro en raison d'une blessure à la cheville.

Or Laurent Blanc a fait de la possession de balle son credo et à ce titre, la capacité de Yann M'Vila à percer les lignes d'une passe peut s'avérer essentielle.

Le sélectionneur veut imposer un jeu vif pour trouver vite des attaquants au fort potentiel comme Ribéry et Benzema, mais aussi le Parisien Jérémy Ménez ou le revenant Hatem Ben Arfa, ainsi que le buteur montpelliérain Olivier Giroud, dernier arrivé déjà très à son aise.

Le parcours des Bleus dépend en grand partie de la façon dont Blanc composera avec ces inconnues au moment de disputer une place en quart de finale - l'objectif affiché - à l'Angleterre, l'Ukraine et la Suède.

"Après, tout peut arriver", prédit Laurent Blanc, qui parie sur l'émergence de talents encore sous chrysalide.

Il n'est pas le seul à espérer secrètement voir son groupe, où les tensions semblent avoir disparu, créer la surprise après des années d'errements.

"Je pense qu'ils vont sortir de leur poule. S'ils évitent l'Espagne et l'Allemagne, ils iront peut-être un peu plus loin que prévu", estime Just Fontaine, recordman en 1958 des buts marqués en une Coupe du monde avec 13 réalisations.

Edité par Grégory Blachier

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