Euro: la France face à la montagne espagnole

le
0
Euro: la France face à la montagne espagnole
Euro: la France face à la montagne espagnole

par Pascal Liétout

DONETSK, Ukraine (Reuters) - La France a de nombreuses raisons de s'inquiéter - et quelques unes d'espérer - avant de s'attaquer à l'Espagne, championne du monde et d'Europe en titre, ce samedi à Donetsk en quart de finale de l'Euro 2012.

Les hommes de Vicente del Bosque, qui veulent devenir les premiers dans l'histoire du football à remporter consécutivement trois grandes compétitions, partent sans conteste favoris.

L'Espagne domine le football mondial depuis plus de quatre ans. Après avoir longtemps déçu, la sélection nationale s'est hissée par son palmarès à la hauteur de ses grands clubs que sont le Real Madrid et le FC Barcelone.

Elle a remporté ses huit matches de qualification pour le Championnat d'Europe et reste sur 17 rencontres sans défaite en match de compétition, son dernier revers remontant à un match de poule contre la Suisse au Mondial 2010 (1-0).

Numéro un au classement Fifa, elle pourrait se permettre de regarder de haut la France et sa 14e place, après lui avoir donné la leçon (2-0) lors de leur dernière confrontation le 3 mars 2010 à Saint-Denis.

La France, durant ces quatre dernières années, a connu de son côté deux éliminations sans gloire en phase de groupe à l'Euro 2008 et au Mondial 2010, s'est offert une crise sans précédent avec la pantalonnade sud-africaine et ne doit sa présence à l'Euro qu'à un penalty inscrit en fin de match par Samir Nasri contre la Bosnie lors des éliminatoires.

OUBLIER LA GIFLE SUÉDOISE

Son parcours pendant l'Euro a été inégal : un match nul encourageant contre l'Angleterre (1-1), suivi d'un succès convaincant aux dépens de l'Ukraine (2-0) avant le grand trou noir face à la Suède (0-2).

Malgré cette inquiétante défaite, Laurent Blanc et ses joueurs peuvent revendiquer un résultat, celui d'avoir qualifié leur pays pour un quart de finale d'un tournoi majeur pour la première fois en six ans.

Ils puiseront de la motivation dans une autre statistique. L'Espagne n'a jamais battu la France en compétition, s'inclinant notamment en finale de l'Euro 1984 (2-0) sur un coup franc de Michel Platini et en huitième de finale du Mondial 2006 grâce à un but de Zidane (3-1).

La "gifle" prise contre les Suédois, comme l'a qualifiée Adil Rami, peut aussi se révéler salutaire et inciter les Bleus à retrouver hargne et fierté dans un stade, la Donbass Arena de Donetsk, qui n'a désormais plus de secrets pour eux.

Ils peuvent aussi se raccrocher à quelques indices, fragiles certes mais réels, qui laissent penser que l'Espagne n'est peut-être pas aussi dominatrice qu'elle le fut dans un passé récent.

En phase de poule, la Roja a effectivement atomisé la modeste Irlande (4-0), mais elle a été tenue en échec par l'Italie (1-1) et a souffert pour venir à bout de la Croatie (1-0).

"La Croatie et l'Italie nous ont montré la voie à suivre. Elles ont posé des problèmes à l'Espagne, elles se sont créé des occasions et ont eu leur chance", souligne Laurent Blanc.

"Il y en a une (l'Italie) qui a préféré défendre et une (la Croatie) qui a tenté de faire son jeu. J'espère que la France choisira la deuxième solution", ajoute le sélectionneur.

KOSCIELNY ABANDONNE LA COIFFURE

Pour cela, les Bleus devront à la fois retrouver une cohésion absente contre la Suède, qui s'est traduite par quelques échanges musclés d'après-match dans les vestiaires. Ils devront aussi présenter une condition physique irréprochable.

"Il va falloir mentalement accepter de courir, de beaucoup courir, d'énormément courir pour bloquer au maximum les espaces", insiste Laurent Blanc.

Ce dernier a procédé régulièrement à des changements dans son équipe depuis le début de la compétition, faisant jouer à des degrés divers seize des vingt joueurs de champ de son effectif. Il ne devrait pas déroger à la règle samedi.

L'un des quatre "coiffeurs" est certain de jouer. Laurent Koscielny remplacera Philippe Mexès, suspendu, dans la charnière centrale de la défense. Le joueur d'Arsenal fera ainsi ses débuts dans une grande compétition contre le champion en titre.

Ménagé en raison d'une douleur aux adducteurs, le milieu de terrain de Newcastle Yohan Cabaye a beaucoup manqué aux Bleus contre la Suède et devrait faire son retour.

Reste le cas de Samir Nasri, à qui le sélectionneur a confié les clefs de l'animation offensive, une tâche que l'ancien Marseillais remplit pour l'instant avec plus de lenteur que de bonheur, malgré son but égalisateur contre l'Angleterre.

Les tensions apparues dans le groupe après la claque suédoise tournent en partie autour de l'attaquant de Manchester City, auquel ses partenaires ont tendance à reprocher son manque d'implication collective.

Un sujet de préoccupation parmi d'autres pour Laurent Blanc, qui s'ajoute aux multiples défis proposés par l'armada espagnole.

Edité par Olivier Guillemain

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant