Euro: la France et la théorie d'un mal pour un bien

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Euro: la France et la théorie d'un mal pour un bien
Euro: la France et la théorie d'un mal pour un bien

par Pascal Liétout

DONETSK, Ukraine (Reuters) - Proche du naufrage contre la Suède et confrontée samedi à l'Espagne, championne du monde et d'Europe, en quart de finale de l'Euro, l'équipe de France de football serait bien inspirée de mettre en pratique le vieil adage "un mal pour un bien".

Bercés depuis près de deux ans par leur série de matches sans défaite - le compteur s'est arrêté à 23 avec la leçon de suédois (2-0) - les Bleus vont devoir trouver les ressources physiques et psychologiques pour réaliser ce week-end "l'exploit" évoqué par Laurent Blanc.

Ils doivent s'appuyer pour cela sur trois facteurs, tous tirés de la théorie voulant que, d'un coup dur, on puisse tirer des raisons d'espérer.

Dominateurs contre l'Angleterre (1-1), séduisants contre l'Ukraine (2-0), les Français sont redescendus de leur piédestal mardi soir à Kiev aussi vite qu'ils y étaient montés. Et ils sont tous conscients de leur contre-performance.

"Un non-match", assène, radical, Karim Benzema, le buteur toujours muet dans cette compétition, qui ajoute. "Si on veut faire quelque chose dans cet Euro, on ne pourra pas reproduire ce genre de matches", prévient-il.

"Ils nous ont marché dessus. Il ne faut pas chercher d'excuses", surenchérit Samir Nasri, qui peine à prendre les clefs de la maison France que semble vouloir lui confier le sélectionneur.

"On est passé à côté du match", reconnaît plus sobrement, mais avec la même lucidité, l'arrière lillois Mathieu Debuchy.

MONTRER UN AUTRE VISAGE

Piqués au vif, les Bleus voudront, après une prestation qui fait ressurgir dans l'opinion des souvenirs peu glorieux d'il y a deux ans, se racheter et montrer un autre visage.

Mal à l'aise dans la peau du favori, l'équipe de France, qui alignait mardi au coup d'envoi seulement trois joueurs ayant déjà disputé un Euro (Nasri, Benzema et Ribéry), endosse en outre beaucoup plus facilement l'habit de challenger, comme ce sera le cas face au monument espagnol.

La Roja le sait, qui malgré la faillite française au stade olympique de Kiev, se gardera bien d'enterrer par avance un adversaire qu'elle retrouvera à l'automne lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2014.

D'autant que la France sera opposée à une équipe qui aime jouer, un cas de figure qu'affectionnent les hommes de Laurent Blanc, plus en difficulté dans le combat physique comme ce fut le cas contre l'Angleterre et surtout contre la Suède.

"Le problème avec l'Espagne, c'est qu'elle ne te donne pas beaucoup le ballon. Mais même l'Espagne a connu des difficultés contre la Croatie (victoire 1-0), qui nous a montré ce qu'il faut faire", souligne Laurent Blanc.

LES LIMITES PHYSIQUES DE MEXÈS

La France sera par ailleurs privée samedi de son arrière central Philippe Mexès, suspendu pour avoir écopé d'un second carton jaune en raison d'une faute inutile qui a suscité le seul mouvement d'humeur en public du sélectionneur.

Officiellement, la perte du défenseur du Milan AC, "grand frère" d'Adil Rami dans la charnière centrale, est aussi une mauvaise nouvelle. Mais là encore, le mal n'est pas forcément rédhibitoire.

Certes, le sélectionneur s'est attaché à mettre en place un duo central possédant suffisamment d'automatismes pour faire partie de la "colonne vertébrale" de l'équipe qu'il appelle de ses voeux.

Mais après une bonne prestation contre l'Ukraine, Mexès a une nouvelle fois montré mardi ses limites physiques actuelles face aux puissants attaquants suédois. Plusieurs erreurs de sa part auraient pu déboucher sur une addition plus corsée.

Le Milanais sera probablement remplacé par le seul arrière central de métier disponible, le Gunner Laurent Koscielny.

Ce dernier est l'un des trois joueurs de champ à n'avoir pas encore été utilisé par Laurent Blanc, mais il s'est montré particulièrement en jambes lors du match de préparation contre la Serbie (2-0).

Une défaite qui aurait pu devenir une déroute, un adversaire qui fait figure d'épouvantail, un "cadre" sur la touche : les données sont sans conteste défavorables aux Bleus.

Mais le football, comme aime à le répéter Laurent Blanc, n'est pas une science exacte.

édité par Grégory Blachier

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