Euro: l'Italie récompensée au bout de la nuit

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Euro: l'Italie récompensée au bout de la nuit
Euro: l'Italie récompensée au bout de la nuit

par Philip O'Connor

KIEV (Reuters) - L'Italie a fait durer le suspense dimanche sur la pelouse du stade olympique de Kiev, n'arrachant sa qualification pour les demi-finales de l'Euro qu'à l'issue de la séance de tirs au but alors qu'elle avait dominé l'Angleterre sans marquer pendant 120 minutes.

La Squadra Azzurra a été délivrée par son cinquième tireur, Alessandro Diamanti, venu enterrer les Anglais plombés par les échecs d'Ashley Young et d'Ashley Cole dont le pénalty avait fini dans les bras de Gianluigi Buffon.

L'Italie l'a emporté 4-2 dans cet exercice qui ne lui avait pas réussi il y a quatre ans en quarts de finale face à l'Espagne et rencontrera l'Allemagne jeudi à Varsovie.

"Nous avons fait un grand match et mérité de gagner", a dit le sélectionneur Cesare Prandelli après la rencontre.

"Ils n'ont pas seulement été grands, ils ont été bien plus que ça et aux tirs au but, il faut un peu de chance."

Les 120 minutes très intenses disputées dimanche pourraient cependant peser lourd dans les jambes italiennes, puisque l'Allemagne, qui a fait forte impression face à la Grèce (4-2), aura eu deux jours de repos supplémentaires.

L'Italie les regrettera si elle s'incline car elle a eu à de nombreuses reprises l'occasion d'écourter un des matches les plus emballants de ce tournoi et dans lequel l'Angleterre, bien qu'acculée par moments en défense, a fait son maximum.

"Les joueurs ont tout donné (...) Les gars ont été fantastiques en défense, le pays peut être fier mais nous rentrons le coeur brisé et c'est dur à encaisser", a dit le capitaine anglais Steven Gerrard.

POTEAU D'ENTRÉE

L'affiche, inédite dans une grande compétition, promettait un match engagé et fermé entre une Angleterre bâtie depuis le début de l'Euro pour ne pas perdre et une Italie à la science du contre intacte. Ce fut tout l'inverse.

Le score nul et vierge à l'issue du temps réglementaire, une première dans cet Euro, ne rendait pas hommage à ce match riche en occasions de but et où les Italiens ont manifesté un souci constant de forcer le destin.

En témoignait un début de rencontre si rythmé qu'après cinq minutes, Anglais et Italiens en avaient déjà montré davantage que l'Espagne et la France la veille.

Une puissante reprise de l'extérieur du gauche de Daniele De Rossi renvoyée par le poteau (3e) et un incroyable réflexe de Gianluigi Buffon sur une frappe à bout portant de Glen Johnson (5e) avait donné le ton.

Au long d'une première période enlevée, la Squadra Azzurra a dominé les débats. Percutants sur les côtés, vifs et rapides devant et mus par les gestes de classe d'Andrea Pirlo, les Italiens auraient mérité d'ouvrir le score.

Mais Mario Balotelli y manquait par trois fois - repris de justesse par John Terry (25e), auteur d'une frappe trop molle sur un délice de ballon par-dessus de Riccardo Montolivo (32e), et devancé in extremis par la paire centrale Terry et Joleon Lescott sur une remise de la tête d'Antonio Cassano (41e).

Mobile, disponible, Cassano participait davantage à la construction que son partenaire d'attaque et menaçait constamment la défense anglaise.

Bien regroupée et jouant à fond sa chance en contre, comme au premier tour, l'Angleterre avait répliqué sur une tête de Wayne Rooney (14e) et sur un raid de Welbeck, bien relayé par Rooney (32e).

CRAMPES

La seconde période repartait sur les mêmes bases: des Italiens à l'attaque et des Anglais attendant l'ouverture.

Après une première salve de De Rossi, qui manquait le cadre à bout portant (48e), Balotelli, toujours aussi en vue mais pas plus en réussite, frappait sur Hart et Montolivo reprenait au-dessus (52e).

Malgré la maestria de Pirlo, toujours très au-dessus de la mêlée, l'Italie commençait à manquer de fraîcheur.

La technique se faisant moins fluide de part et d'autre, et les crampes commençant à brider même les plus fortes volontés, à l'image de Steven Gerrard, obligé de s'allonger sur la pelouse après 70 minutes, la fin de match n'était pas aussi animée.

Mais elle restait haletante: en l'espace de deux minutes, Antonio Nocerino, rattrapé par Glen Johnson, et Wayne Rooney, d'un retourné au-dessus, auraient pu faire basculer le match.

La prolongation était à l'image des 90 premières minutes: défense acharnée et de plus en plus basse des Anglais face au siège des Italiens, décidément en manque de chance ou d'adresse malgré l'entrée d'Alessandro Diamanti, qui trouvait le poteau (101e), voyait une reprise friser la lucarne (113e) et servait Nocerino pour un but justement refusé pour hors jeu (115e).

L'attaquant de Bologne serait finalement récompensé au bout de la nuit ukrainienne.

Gregory Blachier pour le service français

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