Euro: l'Italie avec pertes et tracas

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Euro: l'Italie avec pertes et tracas
Euro: l'Italie avec pertes et tracas

par Brian Homewood

ROME (Reuters) - L'Italie navigue sur des eaux plus troubles que jamais à l'heure d'entrer dans l'Euro de football.

Aux questionnements nés de carences offensives s'ajoutent les tourments provoqués par l'affaire des matches présumés truqués, qui a coûté sa place à un joueur, Domenico Criscito.

La parole est donc à la défense au sein de la Squadra Azzurra, qui a hérité d'un groupe à sa portée, avec l'Espagne, certes, mais aussi l'Irlande et la Croatie.

Sous l'impulsion de Cesare Prandelli, entraîneur qui a pris le parti de changer la philosophie de la Nazionale, l'Italie aurait ainsi pu aborder le tournoi parmi les favoris.

Mais il aurait fallu que Mario Balotelli soit un peu plus mature, qu'Antonio Cassano ne subisse pas une opération du coeur en novembre ou que Giuseppe Rossi n'ait pas le genou qui grince.

Le premier brille par son inconstance et ses facéties, le deuxième est revenu tard au terrain et le dernier est absent.

Pour géniales que soient les inspirations de Balotelli, il est encore trop indiscipliné pour être un leader d'attaque.

L'attaquant de 21 ans ne compte que huit sélections pour un but et Prandelli a dû l'avertir en février que son comportement mettait sa présence dans les 23 pour l'Euro en péril.

"Les joueurs le savent, à se comporter ainsi ils risquent de manquer l'Euro, avait-il dit après l'exclusion du joueur lors d'un match avec Manchester City. Vous ne pouvez pas être dans l'équipe nationale si vous risquez de la laisser à dix."

L'avantage de Balotelli est néanmoins d'être en pleine possession de ses moyens, au contraire de Giuseppe Rossi, forfait après la résurgence d'une grave blessure au genou.

ET LA POLICE ARRIVE

Quant à Antonio Cassano, il n'a retrouvé les terrains qu'en fin de saison, cinq mois après une opération pour un problème cardiaque sans gravité mais gênant et ne sera pas au mieux.

Le fantasque attaquant de 29 ans est un homme complexe à la carrière émaillée de conflits avec ses entraîneurs. L'ancien sélectionneur Marcello Lippi ne comptait pas sur lui.

Prandelli n'en a cure, qui lui a donné un blanc-seing. Cassano a démarré tous les matches de qualifications, en général aux côtés de Rossi, Sebastian Giovinco ou Giampaolo Pazzini.

Assagi, Cassano a joué un rôle clé dans la conquête du titre national par le Milan AC en 2011. Et il a manqué cette saison à son club, incapable de contenir le retour de la Juventus Turin.

Mais puisque l'Italien est toujours capable de surprendre au plus haut niveau, comme Paolo Rossi au Mondial 1982, peut-être le vétéran Antonio Di Natale, 35 ans et chasseur de buts hors pair en Serie A, sera-t-il l'homme providentiel.

Pour le reste, l'équipe s'appuiera sur quelques cadres sacrés champions du monde en 2006, tel le milieu Andrea Pirlo, à la fois poumon et cerveau de l'équipe, ou le gardien Gianluigi Buffon, redevenu l'infranchissable portier d'alors.

Le nom du gardien de la Juventus Turin renvoie néanmoins aux affaires qui empoisonnent la vie de la sélection. Buffon a dû démentir, par la voix de son avocat, toute implication dans des paris illégaux.

Fin mai, le stage de préparation près de Parme a été troublé par l'arrivée de la police venue signifier au défenseur Domenico Criscito l'ouverture d'une enquête à son encontre dans le scandale des matches truqués. Prandelli l'a exclu des 23.

Dans une même atmosphère pesante, l'Italie a déjà réussi par le passé. En 1982, après l'affaire des matches truqués dite "Totonero", comme en 2006, en plein "Calciopoli", scandale touchant aux désignations des arbitres, elle est devenue championne du monde.

Sortie invaincue de son groupe de qualification, l'Italie a connu des ratés en matches amicaux ces derniers mois, battue chez elle par les Etats-Unis et l'Uruguay, puis écrasée 3-0 par la Russie il y a quelques jours.

Malgré les efforts de Prandelli pour réhabiliter une équipe sortie sans gloire au premier tour du Mondial 2010, un deuxième titre européen, après celui de 1968, semble loin.

Gregory Blachier pour le service français

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