Euro: l'Irlande veut répondre à l'appel de Londres

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Euro: l'Irlande veut répondre à l'appel de Londres
Euro: l'Irlande veut répondre à l'appel de Londres

par Brian Homewood

POZNAN, Pologne (Reuters) - Quiconque s'est ennuyé devant les matches de Chelsea en Ligue des champions peut passer son chemin, car l'Irlande entend appliquer la même recette dimanche pour son premier match de l'Euro contre la Croatie.

Les Londoniens ont démontré qu'il était possible de venir à bout d'adversaires bien meilleurs dans le jeu en associant les bons ingrédients: une défense de fer, la science de la contre-attaque et un soupçon de réussite.

Impossible de dire pour l'instant combien d'équipes vont s'inspirer à l'Euro de la campagne victorieuse des Blues. Mais une chose est sûre, l'Irlande va essayer.

Invaincue depuis 14 rencontres, dont 11 sans encaisser de but, l'Irlande entend bien donner du fil à retordre à des rivaux a priori plus à l'aise avec le ballon.

Cela commence par la Croatie, équipe vieillissante dont la qualité technique ne compense pas toujours la lenteur d'exécution face à des défenses très regroupées.

Le sélectionneur irlandais Giovanni Trapattoni sait que son équipe n'est pas la favorite du groupe et, en vieil apothicaire routier du football international, a déjà commencé les calculs.

"Les premiers résultats seront importants. S'il y a deux nuls, il pourrait être possible de se qualifier avec quatre points", a-t-il dit au site de l'UEFA.

"Nous voulons jouer et marquer des buts, mais nos adversaires sont forts", dit celui dont la sélection affrontera ensuite son pays, l'Italie, et l'Espagne.

"Je pense à la finale de la Ligue des champions. Le Bayern a eu davantage de possession, il méritait de gagner mais il a perdu et Chelsea s'est créé la meilleure occasion. Dix-sept corners pour le Bayern, un seul pour Chelsea, c'est le football", a-t-il dit, évoquant le coup de pied arrêté qui amena l'égalisation de Didier Drogba.

LE PARAGUAY, AUTRE EXEMPLE

Si le riche effectif de Chelsea devait lui permettre de proposer autre chose, l'Irlande a au moins l'excuse de ses ressources limitées.

"Nous n'avons pas beaucoup de joueurs créatifs, mais des joueurs directs", souligne Trapattoni, qui assure aimer voir les siens déployer tant d'énergie pour compenser leurs lacunes.

L'Irlande est en quelque sorte la jumelle européenne du Paraguay, équipe sans génie mais dont l'organisation sans faille donne des migraines au Brésil et à l'Argentine, et qui a réussi à atteindre la finale de la dernière Copa America en ne gagnant qu'une seule rencontre.

La Croatie offre une toute autre conception du football, plus posé, plus technique, plus léché.

Battue par la Turquie dans un quart de finale au dénouement invraisemblable il y a quatre ans, elle a disputé sept des neuf grandes compétitions organisée depuis son indépendance, en 1992.

Les héros malheureux de 2008 forment encore l'ossature de l'équipe, autour du capitaine Dario Srna et du meneur de jeu Luka Modric, les deux hommes les plus influents du onze croate.

Ce dernier reste sur deux saisons très réussies à Tottenham même s'il a baissé de pied au printemps.

Il devra retrouver toute sa vivacité et son coup d'oeil pour trouver la clé du coffre-fort irlandais. Sans quoi le résultat de la dernière confrontation, en août dernier, pourrait se répéter. Evidemment, il y avait eu 0-0.

Gregory Blachier pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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