Euro: l'Angleterre retrouve un esprit d'équipe

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Euro: l'Angleterre retrouve un esprit d'équipe
Euro: l'Angleterre retrouve un esprit d'équipe

par Mike Collett

DONETSK, Ukraine (Reuters) - La Premier League anglaise est depuis plusieurs années le championnat le plus attractif d'Europe mais ce succès continental, lié à la présence de joueurs étrangers, ne s'est pas traduit par des progrès spectaculaires de l'équipe nationale.

La qualification de l'Angleterre en tête du groupe D de l'Euro devant une France inqualifiable constitue sans doute le premier signe que les choses sont en train de changer.

L'arrivée de Roy Hodgson à la place du rigoureux Fabio Capello a ramené au sein de la sélection une ambiance de club avec des joueurs soudés, déterminés à souffrir collectivement et à ne jamais baisser les bras dans l'adversité.

Face à la Suède (3-2) et à l'Ukraine (1-0), les Anglais, à défaut d'apparaître brillants, se sont montrés capables de relever les défis qui leur étaient proposés.

Ils sont maintenant prêts à défier une Italie qui est, elle aussi, apparue très solide, très réaliste et qui joue comme elle sait le faire : en défendant bien et en misant sur les coups de génie de ses attaquants, notamment le fantasque Mario Balotelli.

Le quart de finale prévu dimanche au stade olympique de Kiev s'annonce passionnant entre deux nations qui pourraient bien déjouer quelques pronostics.

"Cela a été un très bon tournoi pour nous et nous en avons savouré chaque minute", a commenté Hodgson après l'élimination des Ukrainiens, mardi soir.

"La question n'est plus celle du but à atteindre. Nous voulons simplement continuer à avancer et à prendre du plaisir aussi longtemps que nous le pourrons", a-t-il expliqué.

L'ambiance au sein de l'équipe est bien différente de celle qui régnait lors du Mondial sud-africain il y a deux ans lorsque les rênes étaient tenues par l'austère Capello.

ONDES POSITIVES

Wayne Rodney, de retour après avoir purgé deux matches de suspension, a inscrit le but de la victoire sur un centre du capitaine Steven Gerrard.

L'attaquant de Manchester United n'avait plus trouvé le chemin des filets dans un tournoi majeur depuis huit ans et cette réussite témoigne elle aussi d'un changement.

"Nous connaissons nos qualités et nous savons de quoi nous sommes capables. Nous sommes contents d'être là et de travailler ensemble comme une équipe", a expliqué le joueur.

"Nous avons bossé dur, nous avons fait beaucoup de séances d'entraînement tactique. Nous devenons de plus en plus durs à battre et je crois qu'aucune équipe ne se réjouit de nous affronter", a-t-il poursuivi.

L'adage veut que toutes les grandes équipes ont besoin d'un peu de chance pour accomplir un brillant parcours. Et de ce point de vue, l'Angleterre ne peut pas se plaindre.

Les Ukrainiens ont certainement égalisé mardi soir mais le but de Marco Devic n'a pas été validé par l'arbitre assistant qui se trouvait derrière les buts. Le ballon a paru franchir la ligne avant d'être dégagé par John Terry.

"Pour triompher, vous avez besoin d'un peu de chance et peut-être que la nôtre est en train de tourner. Nous sommes impatients de disputer le prochain match. Nous n'avons peur de personne et nous sommes capables de faire aussi bien que n'importe qui", a jugé Steven Gerrard.

Depuis 1996 où ils avaient atteint les demi-finales de leur Euro, battus par l'Allemagne, les Anglais n'ont pas dépassé le stade des quarts de finale dans une compétition internationale comme ce fut le cas en Coupe du monde en 2002 et 2006 et à l'Euro 2004.

Bien sûr l'Italie apparaît comme un adversaire de taille pour l'Angleterre mais une élimination ne serait pas nécessairement un drame. Elle ne remettrait pas en cause "les ondes positives" qui entourent la sélection, ce qui est de bon augure avant la campagne de qualification pour la Coupe du monde 2014.

Pierre Sérisier pour le service français

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