Euro: l'Allemagne prête à patienter contre la Grèce

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Euro: l'Allemagne prête à patienter contre la Grèce
Euro: l'Allemagne prête à patienter contre la Grèce

par Karolos Grohmann

GDANSK, Pologne (Reuters) - Les Allemands comptent redoubler de patience vendredi en quart de finale de l'Euro 2012 pour épuiser les Grecs et finir par trouver la faille dans leur système ultradéfensif.

La sélection de Joachim Löw a, certes, bouclé son premier tour avec trois victoires mais le bloc défensif auquel elle se frottera à Gdansk sera certainement plus difficile à faire plier que ne l'ont été ceux du Portugal, des Pays-Bas et du Danemark.

Lors des éliminatoires de l'Euro 2012, la Grèce n'a encaissé que cinq buts en dix rencontres. Depuis le début du tournoi, les hommes de Fernando Santos ont cédé seulement à trois reprises.

Les Allemands ont ces statistiques en tête et n'entendent pas se laisser prendre au piège comme les Russes, éliminés par les Grecs alors qu'ils étaient les grands favoris du groupe A.

"On a eu un aperçu de ce qui nous attend en jouant notre dernier match contre les Danois", a expliqué cette semaine le milieu de terrain de la Mannschaft Sami Khedira.

"La Grèce est une équipe très compacte, tactiquement très forte, très bien organisée et agressive", juge le joueur du Real Madrid.

"Ils sont aussi très rapides en contre-attaques et quand on voit qu'ils n'ont eu que trois, quatre occasions de but depuis le début du tournoi et ont marqué trois fois, on peut dire qu'ils sont les rois de l'efficacité."

Pour Sami Khedira, la clé de ce quart de finale a priori fermé sera donc d'attendre et d'exploiter la moindre brèche.

"La patience sera primordiale. Il faudra être constamment en mouvement car si nous restons statiques, ça va être très compliqué contre eux. On va devoir bouger énormément, les user et les épuiser", a-t-il prédit.

"ATMOSPHÈRE DE SACRIFICE"

A la question de savoir si l'Allemagne est plus forte qu'il y a deux ans, lorsque le monde entier avait découvert sa jeune garde talentueuse en Afrique du Sud, Sami Khedira n'hésite pas.

"Nous sommes un peu plus calmes maintenant, plus intelligents aussi et nous jouons avec davantage de sang-froid (...) Sur 90 minutes, nous sommes beaucoup plus concentrés."

Si l'Allemagne franchit l'obstacle grec, une demi-finale contre l'Angleterre ou l'Italie se profilerait.

En terminant première de son groupe, la Mannschaft a évité de se retrouver dans la moitié de tableau des champions du monde et d'Europe en titre espagnols. Sami Khedira a refusé de dire s'il était heureux ou non d'avoir évité ce tirage redoutable.

"On se concentre uniquement sur notre match contre la Grèce car vous savez très bien que dans le football, il peut y avoir des surprises", s'est-il contenté de dire.

Si cette rencontre est chargée de symboles avec en toile de fond la crise de la zone euro et le plan d'austérité imposé aux Grecs, les deux équipes ont évacué le sujet en expliquant que le sport et la politique devraient rester à bonne distance. La chancelière Angela Merkel assistera toutefois au match.

Courageux depuis le début du tournoi, les Grecs devront composer sans leur capitaine, Giorgos Karagounis, suspendu pour avoir reçu un carton jaune contre la Russie samedi dernier.

Fernando Santos n'a pas dévoilé le nom de son remplaçant, mais il y a fort à parier qu'il s'agira de Grigoris Makos, un joueur à vocation plus défensive.

Pour le milieu de terrain Kostas Katsouranis, les Grecs vont tout donner pour tenter de contrarier l'Allemagne.

"Il y a une atmosphère de sacrifice dans cette équipe. Les onze joueurs vont tout donner. Nous avons réussi jusqu'ici parce que chaque joueur a joué pour l'équipe. Et c'est ce que nous allons encore essayer de faire".

Olivier Guillemain pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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