Euro: Joachim Löw, accro au jeu

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Euro: Joachim Löw, accro au jeu
Euro: Joachim Löw, accro au jeu

par Karolos Grohmann

BERLIN (Reuters) - Depuis deux ans, les compliments pleuvent sur l'Allemagne et par extension sur Joachim Löw, architecte d'un jeu plaisant et rapide.

Le sélectionneur allemand de 52 ans sait bien, cependant, que les louanges sont éphémères et que seul un trophée offrira à son équipe, sans doute la meilleure depuis qu'il en a pris la tête, une place dans l'histoire de son pays.

Ses détracteurs dessinent un parallèle évident avec les Pays-Bas des années 1970, qui jouaient un jeu audacieux mais ont échoué deux fois en finale de la Coupe du monde, en 1974 contre l'Allemagne et en 1978.

S'ils reconnaissent que la Mannschaft de Löw pratique un superbe football, ils jugent qu'elle n'a pas la capacité de ses devancières à tuer les matches, au contraire de l'Espagne, championne d'Europe et du monde en titre.

"J'ai le sentiment qu'il y a un immense désir de titre majeur dans l'équipe", dit Löw, conscient que l'Allemagne n'a rien gagné depuis 1996.

"Il est clair que je veux aussi me faire une place dans les livres d'histoire."

L'élégant technicien était un quasi inconnu lorsqu'il est devenu l'adjoint du sélectionneur Jürgen Klinsmann en 2004, après des expériences mitigées dans des clubs allemands, turcs ou autrichiens.

Maître tacticien, attaché comme peu d'autres aux détails dans la préparation des matches, Löw a pris du galon en 2006 et emmené l'Allemagne en finale de l'Euro 2008 en s'appuyant sur l'ossature de joueurs de l'ère Klinsmann.

Sa Mannschaft céda face l'Espagne qui deux ans plus tard, en Afrique du Sud, mit à nouveau fin à un magnifique parcours, en demi-finale cette fois.

Mais Löw avait alors lancé sa révolution, en alignant une équipe dont la moyenne d'âge n'avait jamais été aussi basse durant un Mondial depuis 1934.

SANS L'ESPAGNE...

Deux ans plus tard, l'enthousiasmante et juvénile armada allemande a mûri sous la direction de Löw. Mélange d'expérience et de jeunesse, son groupe a parfaitement assimilé un système en 4-2-3-1, très modulable, qui a fait ses preuves.

Malgré une carrière déjà longue et riche, aucun des cadres de l'équipe n'a plus de 28 ans. A cet âge, Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger et Lukas Podolski font figure d'anciens et cumulent 170 sélections.

Soucieux de faire progresser les meilleurs jeunes du pays, Löw n'a cessé d'apporter du sang neuf à son groupe et peut ainsi compter sur des doublures de haut niveau voire bousculer la hiérarchie, puisque Mario Götze (20 ans le 3 juin), Marco Reus (23 ans) et Mats Hummels (23 ans) briguent une place de titulaire.

La campagne de qualification sans accroc a ouvert l'appétit de Löw qui espère entrer dans le cercle fermé des sélectionneurs titrés aux côtés de Franz Beckenbauer, Bertie Vogts, Helmut Schön et Sepp Herberger, homme du premier sacre mondial en 1954.

L'Allemagne devra toutefois évoluer d'emblée à son meilleur niveau puisqu'elle a hérité d'un groupe dense avec le Portugal, les Pays-Bas et le Danemark. Ce qui n'inquiète pas Löw.

"Il est évident que nous ne craignons pas ces équipes car nous avons nous-mêmes une équipe de grande qualité et nous avons très, très faim", a dit le sélectionneur.

"Sans ces incroyables Espagnols, nous aurions gagné les deux compétitions précédentes."

L'Allemagne a de grandes chances de croiser à nouveau la route des champions en titre si elle veut aller au bout. Pour Löw, elle ne s'en sortira que par le jeu.

"Il est faux de croire que nous les battrons en allant au duel et en jouant dur. Nous devons être aussi bons et plus dominateurs sur le terrain, et nous avons progressé là-dessus depuis deux ans."

Gregory Blachier pour le service français

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