Euro: Ibrahimovic, grosse tête et casse-tête

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Euro: Ibrahimovic, grosse tête et casse-tête
Euro: Ibrahimovic, grosse tête et casse-tête

par Philip O'Connor

STOCKHOLM (Reuters) - Qu'il joue ou pas, Zlatan Ibrahimovic projette immanquablement son ombre sur la sélection suédoise.

La victoire décisive sur les Pays-Bas en qualifications, à laquelle n'avait pas participé le géant du Milan AC, a démontré que la Suède ne tournait pas uniquement autour de son astre.

Mais il y a fort peu de chances que le sélectionneur Erik Hamren se passe de ses services.

Zlatan Ibrahimovic a beau être un des meilleurs buteurs du championnat d'Italie sur la décennie écoulée, il ne cesse de diviser les observateurs dans son pays depuis son éclosion en 1999 à Malmö, sa ville natale.

Flamboyant balle au pied, volontiers bravache, extrêmement doué, il vit, dans ses jeunes années, le qualificatif de "non-suédois" accolé le plus souvent à son nom, sans que l'on sache vraiment si l'épithète est péjorative ou flatteuse.

Pas de quoi freiner son ascension. Il est rapidement passé de Malmö à l'Ajax Amsterdam, où il a parachevé sa formation, et c'est en Italie qu'il s'est fait un nom.

A la Juventus d'abord, puis à l'Inter et au Milan AC, le Suédois a empilé quatre titres de champion d'Italie.

Seule anicroche dans son prestigieux CV, son passage éclair au FC Barcelone, en 2009-2010, où l'alchimie ne s'est pas faite entre cet individualiste forcené et le collectif catalan.

Après des débuts prometteurs au Camp Nou, Ibrahimovic, trop habitué à occuper seul le haut de l'affiche, n'a jamais réussi à se fondre dans l'équipe. Il a rebroussé chemin un an plus tard pour retrouver l'Italie et arriver au Milan AC, où la lumière est immédiatement revenue.

INFLUENCE NÉFASTE

Son retour en grâce et son expérience lui ont valu d'être nommé capitaine en sélection. Enfin un signe de reconnaissance dans son pays.

La décision n'a toutefois pas fait l'unanimité en Suède où une forme de défiance subsiste depuis le début de sa carrière : N'est-il pas trop égoïste pour encadrer ses partenaires ?

Ses détracteurs ont mis en cause l'influence jugée néfaste qu'il exerce sur ses coéquipiers en sélection, en particulier les plus jeunes, en admiration devant leur aîné et son armoire à médailles.

Ses talents de buteur n'ont, en revanche, jamais été contestés. En 75 apparitions sous le maillot suédois, "Ibra" a inscrit pas moins de 29 buts, soit un excellent rendement sur la scène internationale.

A l'aise aussi bien sur coups-francs que de la tête ou sur des frappes lointaines, le Milanais est une menace permanente pour les défenses adverses.

Son but inscrit dans le temps additionnel d'un angle fermé face à la Hongrie en 2009 est entré au panthéon du football suédois. Tout comme sa talonnade face à l'Italie, lors de l'Euro 2004, qui avait permis à la Suède d'empocher le nul.

Longtemps ignoré en Angleterre, où on l'a cru surcoté, Ibrahimovic a répliqué en contribuant largement à une victoire 4-0 face à Arsenal cette saison, en huitièmes de finale de la Ligue des champions. A l'origine de deux buts, il en a profité pour étaler toutes ses qualités de passeur.

L'Euro est une occasion de plus pour lui, peut-être la dernière, de convertir les derniers sceptiques à sa cause.

Simon Carraud pour le service français, édité par Grégory Blachier

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