Euro: Henri Emile, l'intendant confident des Bleus

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par Pascal Liétout

DONETSK, Ukraine (Reuters) - A l'orée de sa neuvième phase finale d'une grande compétition de football, Henri Emile, l'intendant des Bleus, tâche de transmettre aux joueurs son expérience et sa sérénité.

Derrière le titre officiel de "coordinateur sportif" se cache le doyen de la délégation française à Donetsk.

Henri Emile, 69 ans, accompagne les joueurs depuis 1984, avec une parenthèse entre 2004 et 2010, dans les bons comme dans les mauvais moments.

D'abord adjoint du sélectionneur, il fut du double triomphe français de 1984 au Championnat d'Europe et aux Jeux olympiques de Los Angeles, de la demi-finale du Mondial 1986 perdue contre l'Allemagne, et du doublé Coupe du Monde 1998-Euro 2000.

Henri Emile a aussi connu les échecs cuisants des Euros 1992 et 2004 et celui du Mondial 2002. Chaque fois, sa bonhomie et son sens du contact ont été précieux.

"J'ai un rôle sécurisant pour le groupe", reconnaît celui dont l'activité est d'abord d'évaluer et de résoudre tous les problèmes logistiques du groupe France avant et pendant la compétition.

A cet égard, le tirage au sort, qui a désigné Donetsk et Kiev comme sites des matches des Bleus, ne lui a pas facilité la tâche.

"La préparation en Ukraine a été particulièrement difficile. Le seul centre qui nous intéressait dans la région de Donetsk était celui de Kirsha, déjà retenu par le Portugal", rappelle-t-il.

L'encadrement des Bleus avait donc opté pour la Pologne, pays co-organisateur, avant que le Portugal ne se désiste et que les Bleus ne s'engouffrent dans la brèche pour occuper le centre d'entraînement du Shakhtar Donetsk.

CONFIDENCES ET OREILLERS

Il a fallu auparavant obtenir du club ukrainien un certain nombre d'aménagements. Deux salles du principal bâtiment ont été transformées en chambres afin de pouvoir héberger tous les joueurs dans un même lieu, et la literie a été entièrement changée.

Au bout du compte, la France, seule formation étrangère avec la Suède à avoir son camp de base en Ukraine, s'en tire plutôt bien.

"Nous sommes très satisfais de ne pas avoir à nous déplacer pour les deux premiers matches", dit le coordinateur sportif des Bleus, qui joueront les 11 et 15 juin à Donetsk contre l'Angleterre et l'Ukraine, avant d'aller le 19 à Kiev pour se mesurer à la Suède.

Si les questions matérielles ont leur importance, l'apport de ce taulier va bien au-delà.

Les décennies passées avec les internationaux bleus ont fait de lui un interlocuteur privilégié des joueurs.

Personne n'est donc mieux placé pour se livrer au petit jeu des comparaisons entre générations et pour prendre le pouls de l'état d'esprit du groupe actuel.

"Ils font peut-être un peu moins de chahut que les anciens, ils se balancent moins de vannes. Mais ce que je trouve bien, c'est qu'ils sont visiblement contents d'être entre eux", juge Henri Emile.

"A la fin des repas, ils restent à table et continuent à discuter, au lieu de monter directement dans leur chambre. Et ça, c'est bon signe", note-t-il.

Edité par Grégory Blachier

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