Euro: Erik Hamren, une ascension par la face Nord

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Euro: Erik Hamren, une ascension par la face Nord
Euro: Erik Hamren, une ascension par la face Nord

par Philip O'Connor

STOCKHOLM (Reuters) - Anonyme sous les latitudes tempérées, l'élégant Erik Hamren est une valeur montante en Suède.

Absente de la Coupe du monde 2010, sa sélection s'est qualifiée directement pour l'Euro 2012 en terminant meilleure deuxième des qualifications.

Le dernier match, gagné face aux Pays-Bas (3-2), a parachevé l'oeuvre du sélectionneur, capable de réorganiser une équipe à laquelle manquait son meilleur joueur, Zlatan Ibrahimovic.

Ce succès est le dernier sommet vaincu par Hamren, dont la vie d'entraîneur a commencé dans les rases campagnes suédoises pour culminer, dans quelques jours, à l'Euro, face à l'Ukraine, la France et l'Angleterre.

Malgré une réussite certaine en club, l'affable Erik Hamren était un quasi-inconnu hors de Scandinavie lorsqu'il a remplacé Lars Lagerbäck sur le banc de la sélection en 2009.

A l'instar de son prédécesseur, il n'a pas réussi en tant que joueur. Sujet aux blessures, il a mis un terme à sa carrière et s'est tourné vers la touche, depuis laquelle il est monté jusqu'au firmament du football suédois.

Ses débuts dans de petits clubs le conduisent à Stockholm où il gagne deux coupes avec l'AIK avant de partir pour Göteborg.

Il passe cinq ans à Orgryte où ce meneur d'hommes, réputé proche des joueurs et amoureux du jeu, façonne une équipe au football offensif séduisant.

Il est recruté en 2003 par Aalborg, dont il fait le champion du Danemark 2008, et se voit offrir de diriger la meilleure équipe de la région, les Norvégiens du Rosenborg Trondheim, avec lesquels il remporte un nouveau sacre national.

LOYAL ET SÉVÈRE

En pleine ascension, il est sollicité pour prendre les rênes de l'équipe de Suède. Il mène d'abord de front les deux missions puis, en mai 2010, décide de choisir et opte pour son pays.

Le contraste ne saurait alors être plus grand entre Hamren, qui porte fièrement le costume trois-pièces au bord du terrain, et Lagerbäck, au style bien moins étudié.

Quand son prédécesseur entretenait des rapports houleux avec les médias, Hamren se montre ouvert.

La Suède dont il hérite est une équipe compacte, très difficile à déstabiliser mais peu portée sur l'attaque.

Lui la rend plus conquérante, plus exubérante, autorise les joueurs à tenter des gestes techniques quitte à les rater, et donne de l'importance au charisme des hommes autant qu'à leurs qualités de footballeur.

Au pays du consensus, il détonne en ne faisant aucun secret de sa gestion au cas par cas des caractères, dans le souci de tirer le meilleur de chacun.

Ainsi, le capitaine et attaquant Zlatan Ibrahimovic, dont le tempérament a souvent été source de frictions dans ses clubs, se voit offrir une grande liberté. Hamren reconnaît construire son équipe autour d'Ibrahimovic et pour lui.

Loyal, le technicien n'en est pas moins sévère lorsqu'il est insatisfait. Deux latéraux gauches, Behrang Safari et Oscar Wendt, ont payé pour le savoir après de piètres sorties.

Sa plus grande force reste à n'en pas douter sa faculté à donner confiance à ses hommes. Avec lui, la Suède estime être capable de battre tout le monde. Elle l'a prouvé face aux Pays-Bas, et veut encore le faire à l'Euro.

Grégory Blachier pour le service français

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