Euro: Dick Advocaat une dernière fois à la barre

le
0
Euro: Dick Advocaat une dernière fois à la barre
Euro: Dick Advocaat une dernière fois à la barre

par Gennady Fyodorov

MOSCOU (Reuters) - Le sélectionneur Dick Advocaat abat sa dernière carte pour séduire la Russie où il n'a pu échapper au jeu des comparaisons avec son prédécesseur, Guus Hiddink.

Les deux hommes sont néerlandais, entraîneurs, et c'est à peu près tout ce qu'ils ont en commun.

Hiddink, charmeur, savait s'attirer les bonnes grâces de la presse et des supporters russes qui lui vouaient une admiration presque sans limite.

L'accession aux demi-finales de l'Euro 2008, meilleure performance du football russe en vingt ans, avait encore amélioré son image que l'échec dans les qualifications pour la Coupe du monde 2010 n'a pas ternie.

Depuis qu'il lui a succédé, Advocaat est en conflit ouvert avec les médias et les observateurs.

Le "Petit général", un surnom qui évoque tant son physique trapu que ses manières autoritaires, n'a cessé d'être critiqué.

Ses choix de joueurs, l'absence de renouvellement du groupe et ses options tactiques résolument défensives déplaisent.

L'ancien attaquant international Dmitri Boulikine l'a accusé d'avoir fait de la sélection "un club privé" après en avoir été écarté malgré 21 buts inscrits en championnat des Pays-Bas la saison dernière.

FAVORITISME ?

Ceux qui portent encore la tunique russe se montrent guère plus indulgents. L'attaquant Roman Pavlyuchenko l'a accusé de favoriser certains joueurs après avoir échoué sur le banc.

Dick Advocaat dit n'en avoir cure et martèle à qui veut l'entendre que seuls les résultats le préoccupent, comme depuis le début de sa longue carrière.

Agé de 64 ans, le Néerlandais n'en est pas à son coup d'essai avec une sélection. Après avoir mené les Pays-Bas en quart de finale de la Coupe du monde 1994, il a dirigé la Corée du Sud, les Emirats arabes unis ou la Belgique.

Lorsqu'il était arrivé en Russie en 2006 pour entraîner le Zenit Saint-Pétersbourg, il avait affirmé ne vouloir laisser derrière lui que des trophées.

"Ce serait le meilleur legs", disait-il.

Sa première expérience russe fut un succès. Sacré dès 2007 avec le Zenit qui n'avait plus gagné le championnat depuis près d'un quart de siècle, il conduisit le club à la victoire en Coupe de l'UEFA l'année suivante.

A la tête de la Russie, il a démontré qu'il n'avait rien perdu de sa science, la sélection ayant facilement remporté son groupe de qualifications.

Il doit maintenant prouver encore en effaçant à l'Euro le souvenir de son prédécesseur, avant de quitter la Russie pour le

PSV Eindhoven, qu'il entraînera la saison prochaine.

Gregory Blachier pour le service français, édité par Pascal Liétout et Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant