Euro: Clichy et Koscielny, suppléants mais pas supplétifs

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Euro: Clichy et Koscielny, suppléants mais pas supplétifs
Euro: Clichy et Koscielny, suppléants mais pas supplétifs

par Pascal Liétout

CLAIREFONTAINE, Yvelines (Reuters) - Laurent Koscielny et Gaël Clichy sont a priori voués à jouer les remplaçants au sein de la défense française à l'Euro, mais ni l'un ni l'autre n'ont renoncé à bousculer la hiérarchie pendant le stage ou durant les matches de préparation.

Laurent Koscielny s'est imposé au centre de la défense d'Arsenal cette saison tandis que Gaël Clichy, son ancien coéquipier chez les Gunners, a conclu dans l'euphorie sa première année à Manchester City avec un titre de champion d'Angleterre.

Mais dans l'esprit de Laurent Blanc, Koscielny vient pour l'instant derrière la paire composée de Philippe Mexès et d'Adil Rami, charnière préférée du sélectionneur depuis ses débuts à la tête de l'équipe de France il y a deux ans.

"J'ai envie de jouer, c'est ma première compétition internationale et je serai toujours là au cas où l'un d'entre eux se blesserait ou aurait un empêchement. Je me tiens prêt", a rappelé Koscielny, 26 ans.

Le joueur sait ce que patience veut dire, lui qui a grimpé une à une les marches vers la notoriété, en passant progressivement de Tours (Ligue 2) à Lorient (Ligue 1) avant de gagner sa place dans l'impitoyable championnat anglais avec Arsenal.

Fort de son parcours "semé d'embûches", comme il le définit lui-même, le natif de Tulle veut croire en son étoile.

"Je suis là pour jouer, je suis là pour montrer mes qualités sur le terrain. Après, c'est le sélectionneur qui choisit", dit-il, en mettant en avant deux de ses traits de caractère, la modestie et la ténacité.

KOSCIELNY ET GIROUD, MÊME DESTIN

Laurent Koscielny rappelle qu'il a connu une trajectoire presque similaire à celle de son ancien coéquipier tourangeau Olivier Giroud, aujourd'hui buteur pour Montpellier et les Bleus.

"On a eu le même parcours tous les deux: difficulté à percer en étant jeune, à avoir du temps de jeu, mais on est resté humbles et on a travaillé dur. Quand on pense qu'il y a trois ans on jouait encore en Ligue 2, ça fait drôle."

Pour Gaël Clichy, l'obstacle s'appelle Patrice Evra. En l'absence d'Eric Abidal, malade, l'arrière de Manchester United part avec une longueur d'avance, même s'il vient de perdre une manche face à son rival le week-end dernier en lui cédant le titre en Angleterre.

"Aujourd'hui, je suis plus souriant que lui parce que c'est moi qui ai gagné le titre. Mais maintenant, on parle de l'Euro et on est déjà dedans", juge Clichy, 26 ans et neuf saisons de Premier League derrière lui.

Auteur d'une dernière ligne droite en boulet de canon avec les Citizens, Clichy arrive au stage des Bleus sans vraiment cacher son ambition.

"Mon rôle, c'est d'être le meilleur, doublure ou numéro un. La concurrence doit être bonne, elle nous aidera Pat' (Evra) et moi à être meilleurs", estime-t-il.

"La hiérarchie est là, mais c'est à moi de jouer toutes mes chances", ajoute Clichy, qui s'appuie, pour espérer une inversion des rôles, sur un épisode de l'histoire des Bleus évoquée récemment par Laurent Blanc.

En 1996, la France était arrivée à l'Euro avec comme titulaires aux postes de latéral droit et gauche Jocelyn Angloma et Eric Di Méco.

Après un stage et un premier match, deux jeunes ambitieux, Lilian Thuram à droite et Bixente Lizarazu à gauche, s'installaient à leur place et allaient monopoliser le poste pendant plus de dix ans, avec à la clé un titre de champion du monde et d'Europe.

Edité par Olivier Guillemain

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