Euro: Cette Allemagne a tout pour plaire

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Euro: Cette Allemagne a tout pour plaire
Euro: Cette Allemagne a tout pour plaire

par Karolos Grohmann

BERLIN (Reuters) - Comme d'habitude, l'Allemagne porte le costume de favori à l'Euro 2012. Mais une fois n'est pas coutume, elle le doit moins à ses succès passés qu'à la qualité de son football.

Triple championne d'Europe, l'Allemagne n'a remporté aucun trophée depuis son dernier sacre européen en 1996, alors qu'elle a toujours figuré dans la liste des vainqueurs potentiels.

Le sport a hérité de l'ancien international anglais Gary Lineker une phrase en forme de maxime, disant que le football oppose 22 joueurs pendant 90 minutes et qu'à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent.

Depuis qu'Oliver Bierhoff a inscrit le but en or victorieux en 1996, la Mannschaft s'est évertuée à lui donner tort. Mais à défaut de vaincre, elle est rarement passée loin du titre, échouant en finale de la Coupe du monde 2002 et de l'Euro 2008, et à la troisième place des Mondiaux 2006 et 2010.

Durant ces années de disette, l'Allemagne a entrepris de miser davantage sur la formation et les jeunes - la plupart des joueurs actuels n'étaient encore que des enfants il y a 16 ans.

Elle en récolte désormais les fruits et ses adversaires au premier tour de l'Euro - Pays-Bas, Portugal et Danemark - savent qu'ils affronteront une Allemagne des plus excitantes.

Les Thomas Müller, Mesut Özil, Sami Khedira ou autre Manuel Neuer se sont faits un nom durant la Coupe du monde 2010 où leur football vif et inspiré a fait exploser l'Angleterre (4-1) et l'Argentine (4-0).

D'autres, comme le meneur de jeu du Borussia Dortmund Mario Götze, 20 ans le 3 juin, se sont greffés avec succès à cet assemblage de joueurs rapides, techniques et sans complexes, loin du canon de l'équipe rugueuse et efficace d'antan.

"Nous avons appris à prendre possession du ballon le plus vite possible. Notre jeu s'est modernisé", résume ainsi le capitaine Philipp Lahm, ancien du groupe, à seulement 28 ans.

LUXE

Depuis sa campagne mondiale il y a deux ans, l'Allemagne a confirmé les promesses entrevues en Afrique du Sud.

Dans un bon jour, elle peut mettre au supplice n'importe quelle défense et a remporté ses dix matches de qualification pour l'Euro. Elle a aussi signé quelques victoires de prestige en match amical, contre le Brésil, les Pays-Bas ou l'Uruguay.

"Il est clair que l'Allemagne est toujours un favori de ces compétitions", juge le sélectionneur Joachim Löw.

"Mais il est tout aussi clair qu'il n'y jamais un favori, qu'il n'y a pas seulement l'Allemagne. J'ai souvent dit que l'Espagne, l'Italie ou la France étaient de celles capables de s'imposer."

Quoi qu'en dise Joachim Löw, son équipe est très redoutée, notamment parce qu'elle apparaît extrêmement complète.

En défense, elle dispose d'un large éventail de solutions désormais avec l'apport du solide arrière central de Dortmund Mats Hummels et de son compère Marcel Schmelzer, qui menacent l'historique Per Mertesacker, blessé en février avec Arsenal.

Au milieu de terrain, l'abondance de joueur de talent est un luxe pour Joachim Löw qui semble avoir trouvé une paire défensive idéale avec Sami Khedira et Bastian Schweinsteiger.

Devant eux, les meneurs de jeu Götze et Ozil, associés à Toni Kroos, orchestrent les envolées de Lukas Podolski, Thomas Müller, Marco Reus ou Andre Schürrle, tandis que le polyvalent Lars Bender est un précieux remplaçant.

A la conclusion des actions se trouveront Mario Gomez, qui empile les buts depuis deux saisons en sélection comme avec le Bayern Munich, et Miroslav Klose, qui chasse le record de 68 buts pour l'Allemagne détenu par Gerd Müller.

"Nous avons ce luxe de pouvoir doubler quasiment tous les postes", se félicite Löw.

Seule l'arrivée tardive de nombreux joueurs, dont ceux du Bayern pour cause de finale de la Ligue des champions, a semblé pouvoir contrarier l'Allemagne.

Même la défaite contre la France en amical en février n'a pas tempéré l'optimisme d'un pays qui respire le football et attend de sa génération dorée qu'elle donne vie aux espoirs placés en elle.

Gregory Blachier pour le service français

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