Euro: Avec Santos, le "Roi Otto" a encore droit de cité

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Euro: Avec Santos, le "Roi Otto" a encore droit de cité
Euro: Avec Santos, le "Roi Otto" a encore droit de cité

par Graham Wood

ATHENES (Reuters) - Prendre la suite de l'homme qui avait conduit la Grèce à sa plus belle conquête, l'Euro 2004, aurait pu faire douter n'importe qui. Pas Fernando Santos.

Le Portugais, 57 ans, a pris les rênes de la sélection grecque après la Coupe du monde 2010. Il s'est alors attelé à poursuivre à sa manière le travail réalisé par son prédécesseur Otto Rehhagel, avec l'objectif d'y ajouter stabilité et, si possible, succès.

Beaucoup d'observateurs redoutaient que Santos ne juge la tâche trop difficile. Mais à répéter inlassablement qu'il n'était pas accablé par le poids des attentes suscitées par la réussite de Rehhagel, il a fini par convaincre.

L'héritage était pourtant lourd à assumer.

Lorsque Rehhagel accepta le poste, en 2001, la sélection grecque était aux abois. L'Allemand trouva rapidement la recette du succès et fit de la Grèce un inattendu champion d'Europe 2004, titre qui lui valut le surnom de "Roi Otto".

"Les succès précédents ne m'angoissent pas (...) en fait, ils m'aident bien", assurait Santos à la presse lors de sa prise de fonctions, en juillet 2010.

"La Grèce a de grands résultats depuis huit ans et notre objectif est de continuer cet excellent travail. Une ère s'achève et maintenant un autre cycle commence pour l'équipe."

TACTIQUE D'ABORD

L'ancien entraîneur du FC Porto et de Benfica a tenu sa promesse.

La Grèce a terminé sa campagne de qualification pour l'Euro invaincue, en tête du groupe F devant la Croatie.

En 18 matches disputés depuis son arrivée, Santos n'a connu qu'une défaite, lors d'une rencontre amicale en Roumanie qu'il avait mise à profit pour faire de nombreux essais de joueurs.

Ses atouts sont nombreux, à commencer par sa parfaite connaissance de la culture et du championnat grecs.

Santos, qui vit en Grèce et passe l'essentiel de son temps dans les stades pour repérer de jeunes talents, a officié sur les bancs de trois des meilleurs clubs locaux - Panathinaïkos, AEK Athènes ou PAOK Salonique.

Il se repose aussi beaucoup sur le manager général Takis Fyssas, un ancien pilier de l'équipe de 2004, et travaille étroitement avec les responsables des équipes de jeunes.

En deux ans, il a fait appel à 55 joueurs différents dont 18 ont honoré leur première sélection sous ses ordres.

Si ces chiffres tendent à montrer qu'il n'est pas aussi conservateur que Rehhagel, ses commentaires après les matches amicaux de février rappellent la philosophie de l'Allemand.

"La tactique passe d'abord, les qualités techniques après", dit-il.

"Si nous avions un joueur comme Lionel Messi, il serait titulaire même s'il ne serait pas d'une grande aide tactiquement. Mais la Grèce n'a pas de Messi, donc c'est la tactique qui prime sur la qualité, puis l'esprit d'équipe, l'expérience des matches de haut niveau et la capacité d'adaptation."

Gregory Blachier pour le service français

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