Euro-Angleterre-Russie : 31 blessés dont un grave dans des rixes

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    * Un Britannique grièvement blessé avant le match 
    * Six personnes interpellées 
    * Des heurts à la fin du match, dans le stade 
 
 (Actualisé avec affrontements signalés à Nice) 
    par Jean-François Rosnoblet 
    MARSEILLE, 11 juin (Reuters) - Trente-et-une personnes ont 
été blessées samedi dans des heurts entre supporters 
britanniques et russes dans le centre de Marseille, quelques 
heures avant le match Angleterre-Russie, considéré comme l'un 
des plus "à risque" de l'Euro de football, ont annoncé les 
autorités.  
    Un Britannique d'une cinquantaine d'années était en état 
d'urgence absolue après un arrêt cardiaque et trois blessés 
étaient considérés comme "importants", ont précisé les marins 
pompiers.   
    Trois policiers ont aussi été légèrement blessés, a indiqué 
le préfet de police des Bouches-du-Rhône.  
    Huit personnes ont été interpellées à l'issue de ces rixes, 
a-t-on appris en fin de soirée de source policière. 
    Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur, Bernard 
Cazeneuve, a fustigé "le comportement irresponsable et délibéré 
de pseudo-supporters dont la seule motivation est de troubler 
l'ordre public". 
    L'Union des associations européennes de football (UEFA), qui 
organise l'Euro, a également condamné les incidents. "Les 
personnes se livrant à de tels actes de violence n'ont pas leur 
place dans le football", a-t-elle déclaré dans un communiqué. 
    Des affrontements ont aussi été signalés dans la soirée à 
Nice, où doit avoir lieu ce dimanche une rencontre entre la 
Pologne et l'Irlande du Nord. Christian Estrosi, président de la 
métropole niçoise et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, a 
fait état sur Twitter d'une interpellation après ces 
"débordements violents" et a précisé que le calme était revenu. 
    A Marseille, environ 600 supporters russes et anglais "très 
déterminés" ont commencé à s'affronter sur le Vieux-Port vers 
16h00 (14h00 GMT), d'après le préfet de police Laurent Nunez.  
    "Le dispositif policier nous a permis de nous interposer 
systématiquement", a-t-il précisé sur BFM TV, assurant que le 
calme était revenu dans le centre de Marseille en fin 
d'après-midi.  
    Sur BFM TV, l'adjointe au maire LR de Marseille chargée de 
la sécurité, Caroline Pozmentier, a évoqué une "horde de 
sauvages imbibés d'alcool". 
    Certains s'en sont pris aux forces de l'ordre en leur jetant 
notamment des canettes de bière vide et les policiers ont 
répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes, a-t-on indiqué de 
source policière. 
    En dehors des blessés, les rixes n'ont pas fait de dégâts 
importants au niveau du mobilier urbain, a assuré le préfet de 
police. 
    Quelque 20.000 Britanniques et 12.000 Russes étaient 
attendus à Marseille pour ce match. Environ 1.200 policiers et 
gendarmes devaient assurer la sécurité de la ville.  
     
    HEURTS DANS LE STADE 
    "Nous avons un dispositif qui est suffisant pour l'instant", 
a estimé Laurent Nunez. "Forcément, avec ce qui s'est passé, on 
craint que de nouveaux incidents se reproduisent", a-t-il 
toutefois ajouté en fin de journée.  
    Dès la fin du match Angleterre-Russie, conclu sur un match 
nul 1-1, de nouveaux heurts ont éclaté à l'intérieur du stade, 
avec une cinquantaine de supporters russes qui s'en sont pris à 
des Anglais.  
    La fan zone a bénéficié dans la soirée d'un encadrement 
"assez renforcé", avec une "sectorisation" des supporters en 
fonction de leur nationalité, a fait savoir le préfet.  
    Quatorze "spotters" étrangers, spécialistes du hooliganisme 
qui doivent détecter les fauteurs de troubles - dix Britanniques 
et quatre Russes -, ont par ailleurs prêté main forte aux 
policiers français, a-t-on appris de source policière.  
    Le match Angleterre-Russie "est l'un des cinq matches à 
risque de la compétition", avait prévenu samedi matin sur iTELE 
le ministre des Sports, Patrick Kanner. "Russes-Anglais, 
Anglais-Russes, avec la chaleur, ça peut être un peu explosif".  
    Des heurts impliquant des supporters britanniques avaient 
déjà éclaté vendredi soir sur le Vieux-Port de Marseille.  
    Sept personnes - quatre Britanniques et trois Français - ont 
été placées en garde à vue à la suite de ces violences, a-t-on 
appris de source policière. Elles devraient être présentées à un 
juge au cours du week-end, avec une perspective de comparution 
immédiate devant un tribunal lundi après-midi, a-t-on précisé. 
    En amont de l'Euro, et en prévision de violences en marge 
des matches, le ministère de l'Intérieur avait prononcé 3.000 
interdictions d'entrées sur le territoire.   
    Le gouvernement britannique avait de son côté retenu les 
passeports de 3.000 "hooligans" pendant la durée de la 
compétition.  
 
 (avec Chine Labbé à Paris, édité par Danielle Rouquié et 
Bertrand Boucey) 
 
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