Euro: Andriy Shevchenko, un dernier tour et puis s'en va

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Euro: Andriy Shevchenko, un dernier tour et puis s'en va
Euro: Andriy Shevchenko, un dernier tour et puis s'en va

par Richard Balmforth

KIEV (Reuters) - Andriy Shevchenko a perdu de sa superbe et ne jouera peut-être pas à l'Euro. Mais, avec ou sans lui, assure-t-il, la jeune garde ukrainienne est capable de créer la surprise.

Du temps de sa splendeur, au Milan AC comme à Chelsea, le vétéran ukrainien, aujourd'hui âgé de 35 ans, tourmentait toutes les défenses européennes.

Revenu il y a trois ans au Dynamo Kiev, le club de ses débuts, il aborde son dernier rendez-vous international avant la retraite.

Même s'il a dû lutter toute la saison pour garder la forme et sa place au Dynamo, il estime être encore digne de porter le maillot jaune et bleu de son équipe nationale.

Qu'il joue ou pas, l'Ukraine ne doit pas être prise de haut, lance-t-il. Le défi est pourtant de taille, puisque son pays affrontera au premier tour la France, l'Angleterre et la Suède de Zlatan Ibrahimovic, dans le groupe D.

"Nous avons une équipe jeune avec un vrai potentiel. Notre sort va en grande partie dépendre de la façon dont les jeunes joueurs vont gérer le facteur psychologique", a estimé Shevchenko au cours d'un entretien accordé à Reuters au centre d'entraînement de Koncha-Zaspa, dans la banlieue de Kiev.

"Une pression toute particulière pèsera sur eux. S'ils parviennent à l'assumer, nous avons une bonne chance de sortir de notre groupe."

"UN NOM NE SUFFIT PAS"

Du haut de ses 46 buts inscrits sur la scène internationale -le record ukrainien-, le Ballon d'or 2004 parle d'expérience.

"Notre point fort, c'est notre capacité à passer rapidement de la défense à l'attaque. Nous avons beaucoup de joueurs véloces", analyse Shevchenko. "Notre jeu sera donc construit sur des contre-attaques rapides, en passant par les ailes. C'est la meilleur carte que nous puissions jouer."

La défense ukrainienne est en revanche loin d'offrir une assurance tout risque.

Le Scandinave Zlatan Ibrahimovic, successeur de Shevchenko au Milan AC et meilleur buteur de la Serie A cette saison, pourrait bien profiter des erreurs à répétition et du manque d'assurance dans les airs des défenseurs ukrainiens.

"Zlatan est un joueur de grande classe", l'adoube Shevchenko.

"Il a réalisé une saison éblouissante avec le Milan. Il est en pleine forme. Beaucoup va dépendre de notre capacité à jouer collectivement contre la Suède. Il faut mettre l'accent sur le travail d'équipe", anticipe l'ancienne gloire de San Siro.

Mais, se rassure-t-il, tout talentueux qu'il soit, le géant suédois a souvent déçu en match international.

Un autre buteur, Karim Benzema, se dressera sur la route de l'Ukraine et Shevchenko craint la France qui, dit-il, a fait de très nets progrès sous le mandat de Laurent Blanc.

Pour l'affronter dans un duel de générations -onze ans les séparent-, l'Ukrainien devra non seulement surmonter ses douleurs lancinantes au dos mais aussi convaincre son entraîneur, Oleg Blokhine.

Le pari n'est pas encore gagné.

En mars dernier, Blokhine avait eu cette phrase laconique pour évoquer Shevchenko: "Un nom ne suffit pas pour jouer (...) Si c'était le cas, je jouerais encore."

Simon Carraud pour le service français, édité par Grégory Blachier

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