Euro: Andreï Chevtchenko a vécu un rêve

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Euro: Andreï Chevtchenko a vécu un rêve
Euro: Andreï Chevtchenko a vécu un rêve

par Timothy Heritage

KIEV (Reuters) - Andreï Chevtchenko vivait une fin de carrière pénible entre blessures et méforme, jusqu'à son doublé lundi soir contre la Suède qui a transformé le cauchemar en rêve éveillé.

Avant le match, le premier de l'Ukraine, co-organisateur de l'Euro, le sélectionneur Oleg Blokhine avait rêvé que son joueur marquerait deux buts, et l'avait dit à Chevtchenko.

"Si je rêvais maintenant, je ne pourrais pas faire un plus beau rêve", a dit le Ballon d'Or 2004 après les deux coups de tête qui ont offert à son pays un premier succès (2-1).

Chevtchenko, 35 ans, pouvait difficilement masquer un enthousiasme qui le disputait à l'incrédulité au moment de revenir sur cette soirée.

Crépuscule de 16 années brillantes sous le maillot ukrainien, son Euro est déjà réussi.

"J'ai l'impression d'avoir rajeuni de dix ans", a-t-il dit.

L'Ukraine se dirigeait vers une défaite quand, Zlatan Ibrahimovic ayant ouvert le score pour la Suède, Chevtchenko chuta lourdement et resta face contre terre.

Mais l'icône se releva, applaudit le public tout acquis à son idole, lança un signe rassurant à son sélectionneur et reprit sa position sur le front de l'attaque.

Quelques minutes plus tard, par la grâce de son attaquant, l'Ukraine menait au score.

NE PAS TOMBER DANS L'EUPHORIE

Gratifié d'une standing-ovation à sa sortie du terrain, à la 82e minute, Chevtchenko s'est précipité vers Blokhine, un autre glorieux ancien joueur, et les deux hommes sont tombés dans les bras l'un de l'autre au coup de sifflet final.

Depuis un an et demi, les blessures à la cuisse et au dos ont mis entre parenthèse sa carrière au Dynamo Kiev, où il est venu préparer sa dernière grande sortie internationale. Au point qu'il a cru ne jamais pouvoir disputer l'Euro.

"Il y a six mois je ne pensais même pas être capable de jouer la phase finale. Je dois remercier tous les gens qui, autour de moi, m'ont permis de retrouver la forme", a dit Andreï Chevtchenko.

Ses deux buts - les 47e et 48e en sélection - ont soulevé les foules à Kiev, mais Chevtchenko a mis en garde ses compatriotes contre tout excès de confiance avant d'affronter la France, vendredi dans leur deuxième match du groupe D.

"Il ne faut pas être euphorique. Nous avons encore deux matches à jouer", a-t-il dit, avant de se laisser gagner, lui aussi, par l'optimisme.

"Chaque match est une finale pour nous. Nous avons montré du caractère et nous avons désormais une bonne chance de nous qualifier."

Gregory Blachier pour le service français

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