Euro: Andreï Archavine, le joyau veut briller à nouveau

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Euro: Andreï Archavine, le joyau veut briller à nouveau
Euro: Andreï Archavine, le joyau veut briller à nouveau

par Gennady Fyodorov

MOSCOU (Reuters) - Quatre ans après avoir émerveillé l'Europe en menant la Russie en demi-finale de l'Euro, Andreï Archavine mise sur cette même compétition pour relancer une carrière en perdition.

Pour retrouver des qualités évanouies en douze mois d'errements avec Arsenal, l'attaquant de tout juste 31 ans a rejoint en février son ancien club, le Zenit Saint-Pétersbourg, pour un prêt de trois mois.

A Londres, il avait brillé pendant deux saisons avant de pâlir et ne plus apparaître que très rarement dans l'équipe durant ses derniers mois chez les Gunners.

En Russie comme en Angleterre, sa nonchalance et son manque de professionnalisme lui ont valu des critiques de plus en plus féroces à mesure que ses performances ont décliné.

Même ses plus fidèles admirateurs, qui appréciaient de lire sur Twitter ses réflexions sur la vie, ont fini par lui tourner le dos.

Sifflé par son propre public contre Manchester United en janvier, chose rare Outre-Manche, Archavine à dû se résoudre à partir, confronté qu'il était à la perspective de passer les derniers mois sur le banc de touche.

Le marché russe des transferts restant ouvert plus longtemps que ceux d'Europe de l'Ouest, le natif de Saint-Pétersbourg a vu le Zenit, qu'il avait emmené au titre national en 2007 et au triomphe en Coupe de l'UEFA l'année suivante, se porter à son secours dans les dernières minutes du mercato.

"La seule raison pour laquelle j'ai décidé de rentrer, c'est pour avoir l'occasion de jouer à nouveau", avait dit Archavine aux médias russes. "Mais j'adorerais retourner à Arsenal. Ma famille se sent bien à Londres, mes enfants vont à l'école là-bas et nous sommes tous très heureux de vivre à Londres."

ICÔNE

Ses difficultés en club auraient pu peser sur sa carrière internationale, d'autant qu'il est resté deux ans sans marquer sous le maillot russe, ne retrouvant le chemin des filets qu'en février, lors d'un match amical face au Danemark (2-0).

Des observateurs avaient même fini par réclamer l'impensable il y a encore quelques mois - sa mise à l'écart.

Mais les critiques n'ont pas ébranlé la foi de Dick Advocaat en un joueur qu'il a connu au faîte de sa gloire, au Zenit.

"La question de la place d'Archavine dans l'équipe ne s'est jamais posée, a dit le sélectionneur. C'est notre leader sur le terrain et en dehors."

Si la chute libre d'Archavine interroge, c'est qu'il avait étonné le continent il y a quatre ans. Sa créativité balle au pied, ses déplacements déroutants et son efficacité avaient fait de l'austère Russie une équipe séduisante.

Nommé dans l'équipe-type du tournoi, il avait acquis en quelques semaines un statut de héros national en Russie.

Archavine était alors devenu le joueur le mieux payé de Russie, où son visage juvénile en fit une icône de papier glacé et où de juteux contrats publicitaires suivirent.

En février 2009, personne n'avait jugé exagérés les près de 19 millions d'euros payés par Arsenal pour s'offrir ses services, après de longues négociations.

Le joueur était vite devenu un des chouchous du public des Gunners, qu'il avait notamment ravi en inscrivant un quadruplé sur la pelouse de Liverpool où aucun autre joueur n'avait réussi cette performance depuis 1946.

Pour revenir en grâce dans son pays, il lui faudra réitérer ce type de coups d'éclat en Ukraine et en Pologne.

Gregory Blachier pour le service français, édité par Pascal Liétout et Gilles Trequesser

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