Euro: Andrea Pirlo, artiste de la renaissance

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Euro: Andrea Pirlo, artiste de la renaissance
Euro: Andrea Pirlo, artiste de la renaissance

par Brian Homewood

ROME (Reuters) - Auréolé du titre de champion d'Italie, le Milan AC avait décidé, l'été dernier, qu'il pourrait se passer d'Andrea Pirlo.

Le milieu de terrain s'est exilé à la Juventus Turin où, à 33 ans, il a trouvé une seconde jeunesse et mené un club comme lui en plein renouveau vers le titre.

Andrea Pirlo n'est pas un joyeux drille, loin s'en faut. Un air mélancolique renfrogne toujours son visage allongé.

Balle au pied, c'est tout autre chose. Sa précision et son intelligence dans la gestion du jeu font le bonheur de tous les amateurs de football.

Pointe basse du milieu, Pirlo est l'exact contraire de ses homologues qui détruisent les mouvements adverses, à l'exemple d'un Mark van Bommel au Milan. L'Italien impulse, oriente, crée.

A la Juventus, qui avait achevé la saison précédente à la septième place, son influence dans la quête du titre en Serie A a été incontestable.

Le sélectionneur champion du monde en 2006, Marcello Lippi, voit en Pirlo, capable de déposer un ballon dans les pieds d'un coéquipier placé à 40 mètres, d'aller au duel et de donner des passes décisives, un "leader silencieux".

Il y a deux ans, au Mondial sud-africain, son absence pour une blessure à un mollet a pesé lourd et l'actuel sélectionneur, Cesare Prandelli, a été tout heureux de le récupérer.

TAISEUX

Formé à Brescia, Pirlo est encore adolescent quand il signe à l'Inter Milan. Incapable de s'y faire une place de titulaire, il est prêté à la Reggina puis à Brescia.

Ce retour aux origines donne naissance au Pirlo actuel. Barré par Roberto Baggio à son poste originel de meneur de jeu Pirlo recule sur le terrain pour mieux commander les troupes.

Il rejoint le Milan AC en 2001 et s'installe définitivement comme organisateur sous les ordres de Carlo Ancelotti.

Il y devient un joueur de classe mondiale et gagne deux Ligue des champions, deux titres en Serie A et une nomination au prix de joueur Fifa de l'année. Seul son coéquipier Kakà, qui a éclaboussé de son talent et de ses buts la campagne européenne victorieuse de 2007, réussit le devancer.

Dans le même temps, il s'impose comme un rouage essentiel de la Squadra Azzurra et participe à la conquête du titre mondial de 2006. Il compte aujourd'hui 83 sélections.

Hors du pré, ce taiseux se dévoile peu. Ses interviews sont aussi rares que ses sourires, il ne répond pas aux invitations à la télévision, n'a ni site internet, ni compte Twitter ni page Facebook.

"Je me restreins au vestiaire et au terrain. Ce sont mes limites", dit-il.

Gregory Blachier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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