Euro 2016 (quarts) : Les Bleus écrasent l'Islande et retrouveront l'Allemagne

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Il n’y a pas eu match dimanche soir entre les Bleus et l’Islande. La France, portée par un tandem Griezmann-Giroud des grands soirs et qui menait 4-0 à la pause, s’impose finalement 5-1 et retrouvera en demi-finale l’Allemagne pour les retrouvailles tant attendues.

Le debrief

Le rendez-vous tant attendu aura bien lieu. Jeudi prochain, l’équipe de France sera opposée à l’Allemagne pour la revanche annoncée de la dernière Coupe du Monde. L’information est tombée dès la mi-temps de ce France-Islande aux airs du France-Suisse de 2014 (5-2), dimanche soir sous le crachin du Stade de France. Oui, à la mi-temps car il n’y avait déjà plus de match entre des Bleus euphoriques offensivement et des Islandais longtemps méconnaissables par rapport à leurs quatre premières sorties dans cet Euro. Mais si l’on n’a jamais reconnu les Nordiques lors de ce quatrième et dernier quart de finale avant leur sursaut d'orgueil timide de la seconde mi-temps, les Bleus et leur 4-4-2 extrêmement convaincant y sont évidemment pour beaucoup. Dès le coup d’envoi, les joueurs de Didier Deschamps ont en effet appliqué à la lettre la recette parfaite pour faire exploser en éclats cette équipe islandaise qui n'avait jamais semblé aussi friable que dimanche. A savoir un pressing haut pour récupérer le plus vite possible le ballon et en priver les hommes de Lars Lagerbäck, beaucoup de vitesse dans l’exécution des phases offensives et de l’efficacité. Dans ce domaine, les Français pouvaient difficilement faire mieux en menant 2-0 après moins de vingt minutes de jeu (ce que personne n’avait encore fait dans cet Euro) et en marquant sur pratiquement tous leurs tirs de 45 premières minutes phénoménales. Face à des Islandais de surcroît obligés de sortir vu le scénario, cela devenait presque un jeu d’enfant pour des Bleus qui avaient su se rendre le match facile d’entrée et n'ont jamais réellement souffert. D’autant qu’avec un tandem Matuidi-Pogba à un tel niveau d’entrée, un Griezmann qui confirme qu'il a la taille patron et un Giroud dont le réalisme fait presque froid dans le dos actuellement (dix buts sur les neuf derniers matchs), il ne pouvait rien arriver dimanche à cette équipe de France. Seul bémol, les deux bus encaissés après la pause. Preuve qu'il reste du travail avant de rêver au sacre européen.

Le film du match

2eme minute Première alerte sur le but de Lloris. G.Sigurdsson, servi dans la surface, élimine Matuidi mais n’appuie pas assez sa frappe. Le gardien français s’en saisit facilement. 5eme minute Première frappe française. Après un une-deux avec Pogba dans l’axe aux vingt mètres, Payet tente sa chance d’une frappe à ras de terre qu’Halldorsson capte en deux temps. 9eme minute A la lutte avec Umtiti dans les airs sur un long ballon de Skulason, Sigthorsson dévie le ballon sur sa droite vers Bjarnason, qui reprend sans contrôle mais manque complètement sa demi-volée. 12eme minute (1-0) But des Bleus ! Magnifiquement lancé par Matuidi à la limite du hors-jeu, Giroud reprend le ballon d’une demi-volée croisée qui fuse entre les jambes du gardien, sorti aux devants de l’attaquant d’Arsenal. 19eme minute (2-0) Et de deux ! Sur un long corner de Griezmann côté droit, Pogba saute plus haut que Bödvarsson au second poteau et catapulte le ballon de la tête au fond. Saevarsson, sur la ligne, tente de contrer le ballon mais il ne peut rien faire. 25eme minute La spéciale Islande ! Longue touche de Gunnarsson côté droit, Sightorsson dézone pour dévier le ballon devant le but en direction de Bödvarsson. La reprise de l’attaquant islandais est contrée in extremis par Umtiti. 43eme minute (3-0) 3-0 ! Ballon rendu très facilement par G.Sigurdsson aux Bleus. Sagna se retrouve lancé sur l’aile droite et centre dans la surface où Giroud remise pour Griezmann, qui temporise avant de décaler Payet. Après un contrôle orienté, le joueur de West Ham trompe Halldorsson d’une frappe croisée à ras de terre. 45eme minute (4-0) Et maintenant Griezmann ! Pogba récupère le ballon tout près du rond central et sert loin devant Giroud, qui laisse passer le ballon et permet à Griezmann de se présenter seul devant Halldorsson. Le magnifique ballon piqué du Madrilène ne laisse aucune chance au gardien islandais. 56eme minute (4-1) L’Islande reprend espoir ! Sigthorsson se jette au premier poteau pour reprendre en extension devant Umtiti un centre fort de Gilfy Sigurdsson côté droit dans la surface. Lloris encaisse son premier but dans le jeu de cet Euro. 59eme minute (5-1) Le doublé pour Giroud ! Payet adresse une longue ouverture en direction de l’avant-centre des Bleus, qui domine Ingason dans les airs et devance la sortie d’un Halldorsson encore une fois à la rue. 63eme minute La parade de Lloris ! Sur une longue touche côté droit, Gunnarsson dépose le ballon sur la tête d’Ingason, qui fusille LLoris à bout portant. Le gardien français détourne le ballon en corner sur une claquette sompteuse. 70eme minute Contre-attaque française menée dans l’axe par Sissoko, qui sert Payet. Ce dernier déboule dans la surface côté gauche et tente de trouver Gignac devant le but. Saevarsson dévie le ballon, qu’Halldorsson détourne du pied au dernier moment en corner. 83eme minute (5-2) Birkir Bjarnason décroise son coup de tête hors de portée de Lloris sur un centre millimétré de Skulason depuis l'aile gauche.

Les joueurs à la loupe

France

Hugo Lloris : 6

Vigilant sur les rares situations islandaises de la première période, à l’image de cette prise de balle sur un tir manquant de puissance ou sur cette intervention suite à un long coup-franc et un rebond devant lui. Il ne peut en revanche rien faire sur les deux buts islandais mais a brillé sur une tête à bout portant.

Bacary Sagna : 6

Absolument pas sollicité défensivement, il a pu évoluer très haut en première période et s’est montré décisif sur un centre amenant le troisième but. Une seconde période plus calme sans prendre de risque.

Laurent Koscielny : 7

Dans la lignée de son Euro, il a parfaitement muselé les attaquants islandais, remportant la majorité de ses duels. Il n’est pas impliqué sur le premier but islandais et a su hausser son niveau de jeu au cœur de la seconde période quand l’Islande a essayé de pousser un peu. Remplacé par MANGALA (72eme) pour lui éviter un carton jaune qui l’aurait privé de demi-finale.

Samuel Umtiti : 6

Sa première sélection avec les Bleus s’est longtemps passée comme dans un rêve. Bien aidé par un scénario à sens unique, il s’est appliqué dans ses relances et a su s’imposer dans les duels. En retard en revanche sur le premier but islandais et averti pour une intervention mal maîtrisée (75eme), sa seconde mi-temps a été nettement moins convaincante.

Patrice Evra : 5

S’il a été discret offensivement, il a longtemps rendu une copie défensive sans accroc. Il faut dire que les Islandais ne sont pas souvent venus dans sa zone, même si le premier but des Vikings arrive de son côté. Il aurait pu concéder un penalty sur une main involontaire que l’arbitre n’a logiquement pas sanctionnée. Seul contre deux Islandais sur le second but encaissé par les Bleus.

Paul Pogba : 7

Sa montée en puissance s’est encore confirmée après un début d’Euro timide. Bien sûr, on retiendra son but de la tête (20eme) ou encore sa relance à l’origine du raid victorieux de Griezmann en fin de première période. Mais le joueur de la Juventus a surtout affiché une belle activité dans le 4-4-2 des Bleus, récupérant beaucoup de ballons. Déjà convaincante lors de la deuxième période face à l’Eire, son association avec Matuidi est de plus en plus efficace.

Blaise Matuidi : 7

Son ouverture vers Giroud (12eme) a parfaitement lancé les Bleus vers le chemin d’une victoire facile. On a surtout retrouvé le Matuidi inspiré de la seconde période face à l’Eire. Actif à la récupération, il a joué simple et s’est souvent projeté. Un peu plus discret en seconde période.

Moussa Sissoko : 6

Comme prévu, Didier Deschamps avait décidé de titulariser le joueur de Newcastle dans le couloir droit. Et Sissoko a répondu présent, alternant entre une grosse activité défensive et quelques raids intéressants. Il n’est pas le joueur français le plus technique, ni le plus « tendance » sur les réseaux sociaux. Mais son état d’esprit et sa prestation ont prouvé qu’on pouvait compter sur lui.

Dimitri Payet : 7

Une première frappe cadrée a donné le ton de sa soirée (6eme). Mais c’est en fin de première période qu’il a su régler la mire, inscrivant le troisième but des Bleus et de son Euro. Après la pause, il a offert une passe décisive à Giroud sur un coup-franc parfaitement frappé (59eme). Remplacé par COMAN (80eme).

Antoine Griezmann : 8

Le leader offensif des Bleus a une nouvelle fois été étincelant. Beaucoup de décrochages entre les lignes et de remises sans contrôle pour donner de la vitesse au jeu français. Aux côtés de Giroud en pointe du 4-4-2, on a retrouvé le Griezmann inspiré, avec deux passes décisives et un but somptueux à la clé.

Olivier Giroud : 8

Que les sifflets du début de préparation semblent loin. Buteur sur sa première frappe (12eme), il a ensuite été parfait dans son jeu de déviation. Avant dernier passeur sur le but de Payet puis auteur de l’offrande pour Griezmann, il s’est offert le doublé avant l’heure de jeu et sa sortie sous les ovations du Stade de France. Remplacé par GIGNAC (60eme), globalement maladroit et décevant malgré de belles situations en contre-attaques. Islande Soirée cauchemardesque pour l’équipe d’Islande au complet. HALLDORSSON avait donné de sérieux signes de faiblesse lors des matchs précédents. Ils se sont confirmés dimanche. Sur le premier but, il se laisse surprendre entre ses jambes. Sur le deuxième, il ne sort même pas et est encore aux fleurs sur le cinquième. L’un de ses grands défauts. ARNASON, remplacé à la pause par un INGASON fébrile défensivement mais présent en attaque, a vécu un enfer face à Giroud et n’a pas pu compter sur un Ragnar SIGURDSSON passé au travers lui aussi, à l’image de cette absence étonnante des deux hommes sur le but de Griezmann. Mis d’entrée sur le reculoir, SAEVARSSON et SKULASON n’ont pas pesé lourd sur les vagues adverses mais le second s'est offert une passe décisive en fin de match. Au milieu, GUNNARSSON, qui n’a compensé que sur ses longues touches, et Gilfy SIGURDSSON se sont fait beaucoup bouger. Sur le troisième but, le second a commis une faute technique inhabituelle pour lui. Il s’est racheté en signant une passe décisive sur l’unique but de son équipe. Seul joueur islandais à ne pas sombrer en début de match, Birkir BJARNASON n’a pas tenu longtemps la distance avant de ressortir de sa boîte dans les derniers instants pour réduire une seconde fois la marque. GUDMUNSSON n’a pas eu ce problème puisqu’il a été inexistant dès le coup d’envoi. A l’exception de deux déviations intéressantes de la tête d’entrée, SIGTHORSSON n’a eu aucun ballon à exploiter en première mi-temps mais il a mis au fond l’un de ses seuls ballons de but. Cinq minutes après s’être fait manger dans les airs par Pogba sur le 2-0, BÖDVARSSON a eu l’occasion de réduire le score, mais l’a vendangée.

Monsieur l’arbitre au rapport

Match sérieux et appliqué de l’arbitre néerlandais, Björn Kuipers, qui n’a pas non plus eu à diriger dimanche soir le match le plus tendu de sa vie.

Ça s’est passé en coulisses…

- Titularisé en charnière en l’absence d’Adil Rami, suspendu, Samuel Umtiti honorait dimanche sa première sélection en équipe de France A. Connaître sa première cape en phase finale d’un tournoi, c’était arrivé très rarement dans l’histoire des Bleus. Les gardiens Albert Rust et Dominique Dropsy avaient eu cette chance, au même titre que Gabriel De Michèle lors du Mondial 1966. Ce dernier était le dernier joueur de champ à avoir vécu la même chose qu’Umtiti contre l’Islande. - Autre événement assez rare dans une vie : fêter son anniversaire le soir d’un quart de finale d’un Euro à l’occasion de son premier tournoi disputé avec les Bleus. Benoît Costil, le troisième gardien de l’équipe de France, a eu 29 ans dimanche. Sur son compte Facebook, le joueur du Stade Rennais avait une idée du cadeau qui lui ferait le plus plaisir. « Une possible qualif’ pour les demi-finales de l’Euro, voici le cadeau que j’espère. #MonAnniversaireEnBleuPourLeuroUnReveDeGosse » - S’il restait côté français un maigre suspense sur le dispositif et les joueurs que Didier Deschamps présenterait pour notamment pallier l’absence de N’Golo Kanté (la titularisation d’Umtiti ne faisait aucun doute), il n’y avait rien à attendre en ce qui concernait le onze de départ islandais. Depuis le début de l’Euro, Lars Lagerbäck et Heimir Hallgrimsson, les co-sélectionneurs, avaient à chaque fois aligné la même équipe au coup d’envoi. Ce quart de finale n’a pas dérogé à la règle. Dans l’histoire, jamais personne n’avait aligné la même équipe cinq matchs de suite à l’Euro. - Avec 67 duels aériens disputés, l’attaquant islandais du FC Nantes, Kolbeinn Sigthorsson était le joueur qui en avait joués le plus depuis le début du tournoi. Mais le Canari s’est frotté dimanche soir à un Laurent Koscielny qui avait gagné 93,3 % de ses duels à la tête dans cet Euro. Et pour ne rien arranger aux histoires de l’Islande, Koscielny était associé pour ce quart de finale à Samuel Umtiti, le deuxième défenseur de Ligue 1 ayant remporté le plus de duels aériens lors du dernier exercice. Fortes têtes.

La feuille de match

Euro 2016 (quarts) / FRANCE – ISLANDE : 5-2

Stade de France (76 833 spectateurs) Temps pluvieux - Pelouse en bon état Arbitre : M.Kuipers (PBS) (5) Buts : Giroud (12eme et 59eme), Pogba (20eme), Payet (43eme) et Griezmann (45eme) pour la France - Sigthorsson (56eme) et B.Bjarnason (83eme) pour l'Islande Avertissements : Umtiti (75eme) pour la France - B.Bjarnason (58eme) pour l’Islande France Lloris (cap) (6) – Sagna (6), Koscielny (7) puis Mangala (72eme), Umtiti (6), Evra (5) - Matuidi (7), P.Pogba (7) - Mou.Sissoko (6), Payet (7) puis Coman (80eme) - Griezmann (8), Giroud (8) puis Gignac (60eme) N'ont pas participé : Mandanda (g), Costil (g), Jallet, Digne, Schneiderlin, Cabaye, A.Martial Sélectionneur : D.Deschamps Islande Halldorsson (3) – Saevarsson (4), Arnason (3) puis Ingason (46eme, (5), R.Sigurdsson (4), Skulason (4) – G.Sigurdsson (3), Gunnarsson (cap) (4), Gudmundsson (3), B.Bjarnason (5) – Bödvarsson (3) puis Finnbogason (46eme, (4), Sigthorsson (5) puis Gudjohnsen (82eme) N'ont pas participé : Jonsson (g), Kristinsson (g), T.Bjarnason, Hauksson, Hermannsson, Magnusson, Traustason, Hallfredsson, Sigurjonsson Sélectionneurs : L.Lagerbäck et H.Hallgrimsson
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