Euro 2016 - pays de Galles - Coleman : « C'est la plus belle expérience possible »

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Forcément touché par la défaite du pays de Galles mercredi en demi-finale de l’Euro 2016 contre le Portugal (2-0), Chris Coleman a répété à l’envi sa fierté pour ses joueurs et son plaisir d’avoir disputé un tel tournoi. Avec l’envie déjà d’y regoûter à l’avenir.

Chris Coleman, comment analysez-vous la défaite du pays de Galles mercredi contre le Portugal en demi-finale de l’Euro 2016 (2-0) ? Je savais que le premier but serait crucial. C’était serré en première période, mais nous n’avons jamais trouvé notre rythme en possession du ballon. Il faut donner du crédit au Portugal, il a très bien défendu et bloqué tous les espaces. C’était difficile pour nous d’ouvrir le jeu pendant ces quarante-cinq premières minutes. Nous avons perdu notre concentration pendant cinq minutes et, quand vous affrontez une équipe du niveau du Portugal en demi-finale d’un tel tournoi, vous êtes punis. Ils ont capitalisé là-dessus. Vous gagnez ou vous perdez, nous avons beaucoup gagné et nous avons perdu ce soir (mercredi). Ce n’est pas un sentiment agréable. Mais félicitations au Portugal, j’espère qu’il gagnera la finale. Quel est votre regard sur la performance de Gareth Bale et l’absence d’Aaron Ramsey pour votre équipe ? Aaron Ramsey manquerait à n’importe quelle équipe, surtout au vu de son niveau de jeu. Mais le football, ça ne se joue pas qu’à onze, c’est une question d’effectif. Vous devez pouvoir faire sans certains joueurs. J’ai aimé la prestation d’Andy King, il a tout donné. Même si Aaron avait été sur le terrain, c’était l’un de ces matchs où il est difficile de trouver des espaces, sans oublier qu’il est fantastique dans ce registre. Nous étions un peu fatigués ce soir. Bale est un être humain, comme tous les joueurs. Il a tout lâché, tout tenté pour nous remettre dans le match. Tout ce qui restait à mes joueurs, ils l’ont mis sur le terrain. C’était trop juste ce soir, ce ne sera pas la dernière fois que ça arrive. Mais ce serait dément de ma part de critiquer l’un de mes joueurs, ils ont tous été fantastiques. Pensez-vous que le Portugal a ce qu’il faut pour s’imposer en finale dimanche ? Une fois que vous êtes en finale, tout peut arriver. Le Portugal était fortement critiqué pour sa façon de jouer, son style, le fait qu’il n’avait pas gagné un match dans le temps réglementaire. Mais quand vous êtes en demi-finale, il doit bien y avoir quelque chose. Ce n’est pas seulement Cristiano Ronaldo, ils ont une bonne équipe. Ils ont un système cohérent, un plan auquel les joueurs se tiennent. Bien sûr qu’ils peuvent gagner la finale, que ce soit contre l’Allemagne ou la France, mais ils doivent rester ensemble pour le faire. Ce n’est pas qu’une question de talent, c’est parfois une énorme distraction, vous devez avoir un meilleur mental et être une vraie équipe. C’est ce que j’ai vu chez le Portugal ce soir.

Coleman : « Je n’avais jamais vécu ça, j’en ai goûté chaque minute »

Estimez-vous que votre effectif a encore une marge de progression pour la suite ? Il fallait effacer la barrière psychologique d’une première qualification pour un grand tournoi après une telle absence, nous l’avons fait. Nous avons vu à quoi ça ressemblait, c’est la plus belle expérience possible, vous ne pouvez pas imaginer. Il y a une atmosphère tellement positive autour des matchs, avec ces supporters de toutes les nationalités. Je n’avais jamais vécu ça, j’en ai goûté chaque minute. Nous avons besoin de le ressentir plus souvent. La seule chose qui pourrait nous en empêcher, c’est nous-mêmes, parce que nous avons le niveau. Nous devons avoir la même faim et la campagne de qualification pour la Coupe du Monde se passera bien. Qu’avez-vous dit à vos joueurs dans le vestiaire après la rencontre ? Je suis immensément fier d’eux. Je ne peux pas exprimer à quel point je le suis de cette équipe. C’est incroyable ce qu’ils ont réalisé. Ce qui est encore plus beau dans le fait d’avoir atteint les demi-finales, c’est la manière dont ils l’ont fait. Le seul match où nous n’avons pas montré qui nous étions vraiment, c’était celui contre l’Angleterre, qu’on a perdu (2-1). Ils l’ont fait dans toutes les autres rencontres, c’est tout ce que je pouvais leur demander, de donner le meilleur d’eux-mêmes. Quand vous perdez ainsi, c’est la vie. J’ai dit aux joueurs que si c’était la fin de la compétition, ce n’était pas la fin pour ce groupe. Ils seront là encore longtemps, moi aussi sans aucun doute. C’est un autre test pour nous ce soir, nous ne l’avions jamais passé. Mais nous en avons relevé d’autres importants par le passé. Quel sentiment allez-vous emmener avec vous après cet Euro ? Quand nous nous retournons sur ce tournoi, c’est une super expérience. Nous avons toujours voulu en disputer un de cette ampleur, mais c’était complètement différent de ce que nous attendions, pour être honnête. Ce n’est pas seulement les matchs ou leur préparation, il y a d’autres choses que vous ne prenez pas en compte à moins d’être ensemble pendant six-sept semaines. Il faut tout planifier, tout préparer, maintenir les joueurs qui ne jouent pas dans un état d’esprit positif. Nous avons relevé ces challenges avec succès en tant que groupe. Celui de ce soir était trop dur pour nous. Mais la nation est fière d’eux, je suis fier d’eux. Quand la déception se sera dissipée, ils seront fiers d’eux aussi. Il n’est pas encore temps pour nous de ramasser nos bagages et penser à la prochaine campagne. Nous allons le faire, nous la disputerons avec la même envie et le même désir que ces deux ou trois dernières années. Je suis plus fier de cette équipe que n’importe laquelle que j’ai dirigée. Je sais ce que les joueurs ont sacrifié pour en arriver là. Ils vont probablement recevoir un bel accueil à Cardiff, ils le méritent.
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