Euro 2016 : Les quatre pièges que les Bleus doivent éviter

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Euro 2016 : Les quatre pièges que les Bleus doivent éviter
Euro 2016 : Les quatre pièges que les Bleus doivent éviter

L'équipe de France de handball défendra à partir de vendredi son titre continental en Pologne à l'occasion de l'Euro 2016. Premier tour piège, jeunes pousses qui manquent d'expérience, pression accrue, des JO qui se profilent, les Bleus sont les grands favoris de la compétition, mais ils vont devoir rester vigilants.

Un premier tour pas aussi simple qu’il n’y parait


Pologne, Serbie, Macédoine. Pour un premier tour, l’équipe de France de handball est tombée sur du costaud. Cela aurait pu être pire si les Français avaient tiré l’Allemagne, la Hongrie ou la Slovénie en ouverture, mais les Bleus devront se méfier de ces trois adversaires qu’il ne faudra surtout pas prendre à la légère. Hormis au Danemark lors du dernier Euro (2014), la France a toujours eu beaucoup de mal à se mettre dans le bain. Claude Onesta n’est pas dupe : « Les équipes qui ne sont pas favorites jouent toujours à fond en début de compétition. C’est à ce moment que l’on voit certaines surprises, car les meilleurs mettent un peu plus de temps à se mettre en route. Il ne faudra pas trainer car la marge de manoeuvre est réduite. » Interdiction de trainer donc. Les Bleus devront mettre le turbo d’entrée face à la Macédoine (vendredi à 18h).

Ne pas brûler la carte jeune trop rapidement

« La qualité des rotations fera la différence ». Claude Onesta est sûr de lui, les remplaçants auront un grand rôle à jouer en Pologne. Problème : les Experts ont été frappés de plein fouet par les blessures. « Il y a une malédiction sur les arrières gauches », avait estimé le sélectionneur national après le forfait de Timothey N’Guessan. Le joueur de Chambéry a rejoint William Accambray, Mathieu Grébille, Baptiste Bonnefond, Xavier Barachet et Jérôme Fernandez à l’infirmerie. Des têtes bien connues remplacées par des novices : Nédim Rémili (20 ans, 3 sélections), Théo Derot (23 ans, 3 sélections), Benoît Kounkoud (18 ans, 5 sélections), Olivier Nyokas (29 ans, 6 sélections), Ludovic Fabregas (19 ans, 7 sélections) ou encore Adrian Dipanda (27 ans, 7 sélections). Six joueurs qui totalisent 31 sélections au compteur en tout et pour tout. Un chiffre minuscule comparé aux 328 capes du monument Thierry Omeyer ou des 252 sélections de Nikola Karabatic. Même si certains « petits nouveaux » ont montré des choses intéressantes en préparation, l'intégration massive des jeunes pousses va devoir se faire en douceur. « On doit tout faire pour les sécuriser au maximum, préconise Claude Onesta. Pour l'instant, ça ne se passe pas mal mais je suis dans le métier depuis trop longtemps pour ne pas savoir que, à un moment ou un autre, ils vont se casser la gueule. » Kentin Mahé (24 ans, 42 sélections), peu expérimenté chez les Bleus, veut croire en ses chances : « C’est certainement sur des périodes courtes que j’aurais l’opportunité de m’exprimer ».

Ne pas succomber à la pression

A force de banaliser l’extraordinaire en raflant tous les titres possibles et imaginables, les Experts ne cessent de placer la barre toujours plus haute. L’attente autour de cette équipe est systématiquement immense à chaque compétition. Les victoires appellent les victoires. Le public, les joueurs, l’entraineur, tout le monde se fixe le titre final comme unique objectif valable. Une pression populaire supplémentaire pour des Bleus qui feront office de grands favoris pour cette nouvelle compétition. Ils en sont tout à fait conscients. « On est presque Star Wars nous aussi, le public attend le prochain épisode. », a plaisanté Claude Onesta il y a quelques jours. Star de l’équipe de France depuis plus d’une décennie, Nikola Karabatic estime que la pression est de plus en plus néfaste : « Ça va être difficile parce que ça fait maintenant dix ans que ça dure et on va finir par exploser si ça continue comme ça. C’est la pression, nous y sommes habitués. Tout le monde pense que c’est facile de gagner, mais ce n'est pas du tout le cas. »

Bien déterminer l’ordre des priorités

A un peu plus de six mois des Jeux Olympiques de Rio, les Bleus, médaillés d’or en 2012 à Londres, ont déjà un peu la tête au Brésil. Et personne ne va le leur reprocher. Dans une année « olympique », les JO constituent un Olympe à atteindre pour chaque athlète. Les Bleus ne dérogent pas à cette fatalité même si l’Euro constitue un objectif majeur. Mais en cas de défaite prématurée, Claude Onesta ne veut pas entendre parler de déclin ou d’échec. « On va tout faire pour que ce soit la meilleure édition possible. Mais il ne faudra pas remettre tout en cause si nous gagnons ou si nous perdons. On va faire du mieux possible ». Discours similaire pour Nikola Karabatic qui veut tout rafler avec la sélection : « Cette année, notre objectif : ce sont les JO. Mais on veut gagner l’Euro quand même », rassure le joueur du PSG. D’ailleurs, aucune nation n’est jamais parvenue à conserver son titre européen. Si les Experts réussissent cette prouesse, ils entreront encore un peu plus dans l’histoire.

Alessandro PITZUS

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