Euro 2016 - Groupe D : L'Espagne gifle la Turquie

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Portée par un tandem Morata-Nolito des grands soirs, l’Espagne n’a eu besoin que d’une mi-temps pour surclasser des Turcs nettement inférieurs au double tenant du titre. Les Espagnols signent le premier 3-0 du tournoi et se qualifient.

Le debrief

L’Espagne a rejoint vendredi soir la France et l’Italie sur la liste des pays déjà assurés de disputer les huitièmes de finale. Vainqueur sur le fil de la République Tchèque au premier match (1-0, but de Piqué), la Roja a cette fois expédié les affaires courantes en marquant ses trois buts de la rencontre dès la première heure. Une première période à sens unique, au même titre que la deuxième, elle aussi nettement dominée par les Espagnols. Après la pause, les joueurs de Vicente Del Bosque, la victoire déjà en poche, ont, il faut le dire, surtout dérouler tandis que le sélectionneur espagnol en profitait pour faire tourner son effectif et offrir la possibilité à ses cadres de souffler. En première période, en revanche, cela n’avait pas été la même chanson, avec un double tenant du titre privant son adversaire de ballon et le punissant trois fois au tableau d’affichage. Même si le dernier but espagnol n’aurait pas dû être validé, la large victoire d’Alvaro Morata, auteur d’un doublé, et de ses coéquipiers, ne souffre d’aucune contestation tant le grand favori à la première place dans ce groupe D a eu la mainmise sur la partie. Pendant 45 minutes, chacune des offensives espagnoles s’est quasiment achevée sur une occasion de but. A ce jeu, Nolito a été le grand gagnant de la soirée avec Morata. L’attaquant du Celta Vigo, impressionnant sur le flanc gauche du 4-3-3 de Del Bosque, a mis la Turquie K.-O. après avoir lancé les hostilités en déposant son centre sur la tête de Morata. Le début d’une soirée idéale pour la Roja, première équipe à s’imposer 3-0 depuis le début de cet Euro. Vu le niveau actuel des Espagnols, les Turcs pourraient bien ne pas être les derniers à se faire fesser par Andrès Iniesta et sa bande, invaincus dans la compétition depuis le 21 juin 2004.

Le film du match

6eme minute Babacan se couche sur une frappe de Morata dans la surface. Le gardien turc ne se laisse pas surprendre par le rebond et détourne des deux mains en corner. 10eme minute Jordi Alba accélère sur l’aile gauche et centre au cordeau. Pressé par Morata, Balta envoie le ballon sur l’extérieur du poteau gauche. Sur le corner, Piqué, seul devant le but, pique sa tête au-dessus. 25eme minute Une minute après avoir envoyé sa frappe nettement au-dessus, Calhanoglu rectifie quelque peu le tir sur un coup-franc dans l’axe à environ 25 mètres du but en faveur de la Turquie. Cette fois, la frappe enroulée du joueur de Leverkusen passe juste au-dessus. 29eme minute Nolito reçoit un ballon aux vingt mètres, dans l’axe. Il se retourne et enroule une belle frappe qui passe de peu à gauche du but de Babacan. 34eme minute (1-0) L’Espagne n’a pas traîné ! Nolito reçoit le ballon côté gauche, il s’appuie sur Jordi Alba, qui lui remet. L’attaquant du Celta Vigo lève la tête et dépose un ballon parfait sur la tête de Morata, qui ne laisse aucune chance à Babacan. 37eme minute (2-0) La Turquie déjà KO ! Sur un ballon en cloche de Fabregas après un bon travail de Nolito puis de Morata au départ, Mehmet Topal manque complètement son dégagement de la tête, qui se transforme en caviar pour Nolito, qui avait suivi l’action. Trois minutes après avoir été passeur, le joueur du Celta Vigo se mue en buteur en croisant sa reprise hors de portée de Babacan en dépit de sa glissade. 48eme minute (3-0) Et de trois ! Iniesta trouve Jordi Alba dans la profondeur. L’arrière gauche espagnol est hors-jeu d’un mètre, mais l’arbitre laisse jouer et le Barcelonais peut tranquillement servir devant le but Morata, qui marque son deuxième but de la soirée de près. 49eme minute Morata manque le triplé. Parfaitement servi devant le but de Babacan, l’attaquant de la Juve décroise légèrement trop sa tête. 60eme minute Après un petit festival dans la surface face à Burak Yilmaz, Silva voit sa frappe passer juste à-côté du poteau gauche. 68eme minute Babacan se détend bien sur la première frappe du match signée Bruno Soriano.

Les joueurs à la loupe

Espagne MORATA et NOLITO ont fait vivre un cauchemar à la défense turque. Le premier a signé un doublé, qui aurait pu se transformer en triplé avec encore davantage d’adresse. Le second, très en vue également, a marqué après avoir permis à son coéquipier d’ouvrir le score sur un centre parfait. Moins à la fête, SILVA a tout de même dit son mots sur quelques situations. Déjà très bon au premier match, INIESTA a confirmé qu’il était bien le patron du jeu de la Roja. Très facile, il a distribué le jeu à merveille et est dans le coup sur tous les buts. FABREGAS est à l’origine du deuxième et a tout fait pour se rendre disponible. Pas de souci non plus pour BUSQUETS, qui a rendu une copie très propre une fois de plus à la récupération. Très précieux sur les côtés, JORDI ALBA et JUANFRAN ont constamment accompagné les attaques de leur équipe. Mention spéciale toutefois au premier, passeur sur le but du 3-0 et plus tranchant que son alter ego. Averti dès la première minute, RAMOS, devenu le joueur de champ le plus capé de l'histoire de sa sélection (134 matchs) a vacillé quelques minutes avant d’entrer dans le match, au contraire d’un PIQUE tout de suite très concentré mais maladroit sur sa seule occasion. DE GEA a regardé le ballon filer hors de son cadre sur les rares occasions turques. Turquie Sale soirée pour BABACAN, qui a pris une pluie de buts et n’a fait que très peu d’arrêts. Devant lui, MEHMET TOPAL a fait deux fois le jeu des Espagnols, d’abord en étant trop court sur le centre de Nolito puis en permettant en manquant son dégagement à ce même Nolito de marquer. Le dossier de BALTA est moins lourd, mais cela n’a pas empêché le défenseur central de Galatasaray de beaucoup souffrir lui aussi face aux attaquants espagnols. Sur les côtés, GÖKHAN, à la peine face à Jordi Alba, et ERKIN ont frôlé l’asphyxie face aux latéraux adverses, étouffants. TUFAN ne s’est pas recoiffé sur un but cette fois, mais vu la qualité de sa prestation, il aurait pu. A ses côtés, INAN et ÖZYAKUP n’ont pas existé non plus. Sifflé toute la seconde périod  par les supporters turcs, ARDA TURAN a encore traversé le match comme un fantôme. Pas sûr que les excuses qu’il risque encore de faire après cette rencontre suffisent à faire remonter sa cote d’amour, en chute libre en Turquie actuellement. CALHANOGLU a tenté deux fois sa chance en première mi-temps en l’espace de deux minutes. Le reste du temps, il n’a rien fait. Son entraîneur l’a d’ailleurs remplacé à la pause par SAHIN, tout aussi transparent. Bien seul devant, BURAK YILMAZ s’est uniquement illustré sur un numéro dans la surface ponctué d’une frappe dans les nuages.

Monsieur l’arbitre au rapport

Bonne performance de M.Mazic et ses assistants si l’on excepte ce troisième but espagnol accordé alors que Jordi Alba était nettement hors-jeu sur la passe d’Iniesta.

Ça s’est passé en coulisses…

- Satisfait de la prestation de son équipe face à la République Tchèque lors du premier match (victoire 1-0 sur le fil des Espagnols), Vicente del Bosque, le sélectionneur de la Roja, avait reconduit le même onze de départ. - Passé complètement au travers face à la Croatie lors de l’entrée en lice des Turcs dans cet Euro 2016, Arda Turan, la star de l’équipe turque, avait présenté ensuite ses excuses aux supporters. « Pardon au peuple turc, je n’ai pas bien joué », s’était excusé Arda Turan, de nouveau titularisé par Fatih Terim malgré tout vendredi soir. - Andrès Iniesta et Cesc Fabregas font la course en tête. Les deux milieux de terrain espagnols ont porté à dix contre la République tchèque leur nombre de matchs gagnés en phase finale d’un Euro. Aucun joueur n’a fait mieux. Vendredi soir, les deux hommes pouvaient encore améliorer leur total, avec un onzième succès.

La feuille de match

Euro 2016 (Gpe D) / ESPAGNE – TURQUIE : 3-0

Allianz Riviera (33 409 spectateurs) Temps doux - Pelouse en bon état Arbitre : M.Mazic (SER) (5) Buts : Morata (34eme et 48eme) et Nolito (37eme) pour l’Espagne Avertissements : S.Ramos (1ere) pour l’Espagne – Burak Yilmaz (8eme) et Tufan (40eme) pour la Turquie Expulsion : Espagne De Gea (6) – Juanfran (5), Piqué (6), S.Ramos (cap) (5), Jordi Alba (7) puis Azpilicueta (81eme) – Busquets (6), Iniesta (7), Fabregas (5) puis Koke (70eme) - Nolito (7), D.Silva (5) puis Bruno Soriano (64eme), Morata (7) N'ont pas participé : Casillas (g), Rico (g), Bartra, L.Vazquez, Pedro, Bellerin, Thiago Alcantara, San José, Aduriz Sélectionneur : V.Del Bosque Turquie Babacan (4) – Gökhan (3), Mehmet Topal (2), Balta (4), Erkin (4) - Inan (4) puis Malli (70eme), Özyakup (4) puis Sahan (62eme), Tufan (3) - Calhanoglu (4) puis Sahin (46eme, 4), A.Turan (cap) (3), Burak Yilmaz (4) N'ont pas participé : Kivrak (g), Tekin (g), Calik, Kaya, Köybasi, Özbayrakli, Sen, Mor, Tosun Sélectionneur : F.Terim
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