Euro 2016 - Finale : Les notes des Bleus

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L'inefficacité d'Antoine Griezmann et du secteur offensif des Bleus dans sa globalité a plombé leurs chances dimanche en finale de l'Euro 2016 contre le Portugal (1-0 ap). Et pourtant, Moussa Sissoko et Blaise Matuidi avaient été à la hauteur au milieu. Les notes de l'équipe de France. 

DE L’UN DE NOS ENVOYES SPECIAUX AU STADE DE FRANCE Hugo Lloris : 6 Hugo Lloris a vécu un match à l’image de son Euro, avec l’exception allemande. Peu sollicité d’un bout à l’autre du match, le capitaine de l’équipe de France a sorti une parade spectaculaire sur un centre-tir de Nani, suivi d’une prise de balle autoritaire sur un retourné de Ricardo Quaresma (80eme). Ses autres frissons de la soirée se sont produits en prolongation, sur une tête d’Eder sur corner (104eme) et un coup-franc de Raphaël Guerreiro sur la barre transversale (108eme), Jusqu’à l’action fatale d’Eder de la 109eme minute, où il ne peut pas grand-chose. Son jeu au pied a respiré la sérénité et son calme a déteint sur sa défense, même lors des rares coups de chaud de sa soirée. Bacary Sagna : 4 D’un Euro séduisant à une finale décevante, Bacary Sagna n’a pas apporté ce qui était attendu de lui sur son côté. Il a souffert devant Joao Mario dans son couloir et son intervention ratée devant lui en fin de première période l’a démontré (41eme). Le latéral de Manchester City n’a pas non plus pesé offensivement. Aucun de ses centres n’ont trouvé preneurs et sa tendance à jouer vers l’arrière à handicaper son équipe pour mettre du rythme quand les relances passaient par lui. Heureusement qu’il a mieux bloqué son adversaire direct à partir de la seconde période. Laurent Koscielny : 5 Laurent Koscielny n’a clairement pas dégagé la sensation d’invincibilité qui l’avait escorté jeudi à Marseille contre l’Allemagne (0-2). Celui qui était le taulier de la défense depuis le début de la compétition est apparu fébrile. Il a multiplié les approximations et les erreurs d’appréciation, comme cet appel dans la profondeur de Nani amenant la première alerte (4eme). Le défenseur d’Arsenal a haussé le ton après la pause, son tacle décisif pour stopper un contre portugais en étant le symbole (90eme). Mais c’est lui qui a craqué au duel devant Eder sur le but de la victoire de la Seleção (109eme), juste après avoir été averti pour une main imaginaire. Une fin cruelle pour l’une des hommes clés du parcours bleu. Samuel Umtiti : 5 Sa troisième sélection a longtemps ressemblé à un rêve. Intraitable dans les duels, toujours bien placé et excellent dans la première relance, dont il s’est chargé le plus souvent, Samuel Umtiti a fonctionné au super pendant une bonne partie du match. Jusqu’à l’entrée d’Eder, qui a métamorphosé la face du Portugal et créé un point de fixation qui n’existait pas auparavant. Le Lyonnais de formation a alors reculé d’un cran et a moins osé passer devant son adversaire direct. L’attaquant de Lille est à l’origine d’un carton jaune (81eme), d’une faute bête (94eme) et d’une opportunité sur corner (104eme), à chaque fois devant Umtiti. C’est dire s’il a changé la donné. Sans oublier que le futur Barcelonais aurait certainement dû sortir plus vite sur l’action du but. Patrice Evra : 5 Patrice Evra a fait du Patrice Evra, comme depuis le début de l’Euro. Inquiétant par instants sur le plan défensif, il a néanmoins rendu une copie sans énorme faute de goût. Il a étalé sa rage de vaincre pendant toute la rencontre et c’est même lui qui aurait pu amener la délivrance pour l’équipe de France. Mais le tir d’André-Pierre Gignac sur son centre à ras de terre a échoué sur le poteau (90eme+1). Un condensé d’un mois un match pour le latéral de la Juventus Turin. Moussa Sissoko : 7 Il a bien failli nous emmener au bout de l’Euro, Moussa Sissoko. Sa première période XXL a mis toute son équipe dans le bon sens. Si Raphaël Guerreiro n’a pas eu son impact habituel, c’est en grande partie de sa faute, tant son travail défensif s’est fait intense. Balle au pied, il a enchaîné les folles chevauchées dans le camp portugais, d’un grand pont sur Renato Sanches (6eme) à un centre en bout de course (30eme), en passant par un tir frôlant la lucarne gauche de Rui Patricio (22eme). Son geste technique exceptionnel sur Adrien Silva, suivi d’une tentative au premier poteau, aurait mérité meilleur sort (34eme). Ses accélérations ont été moins tranchantes après la pause, où la Seleção a trouvé la parade pour limiter son influence. Sa frappe croisée surpuissante aurait aussi pu faire mouche. Mais là encore, il est tombé sur Rui Patricio (84eme). Remplacé par Anthony MARTIAL (111eme), qui a obtenu la balle d’égalisation au bout du temps additionnel de la prolongation (120eme+2). Sans succès. Paul Pogba : 5 Paul Pogba tenait son match-référence avec l’équipe de France contre l’Allemagne, il n’a pas évolué sur les mêmes standards ce dimanche. Sa nonchalance aurait pu lui jouer des mauvais tours et son inclinaison pour un rôle de quarterback de foot US, avec du jeu long voué à l’échec, n’a que trop rarement porté ses fruits. Il a même créé le déséquilibre dans le milieu de terrain, comme sur une énième transversale ratée et une intervention mal assuré devant Renato Sanches (38eme). L’ancien de Manchester United a connu un léger mieux après la mi-temps, mais c’est encore trop juste pour un joueur de sa trempe. La mue de Pogba n’est pas encore terminée, et c’est bien normal à 23 ans. Blaise Matuidi : 6 Le patron de l’entrejeu, c’était lui. Son entame a montré la voie à tous ses partenaires et il n’a jamais baissé de rythme. Insatiable d’activité, Blaise Matuidi a immédiatement donné le tempo par son travail de harcèlement et ses récupérations hautes, donnant d’excellents ballons à négocier pour son secteur offensif. Souvent critiqué pour ses lacunes techniques, le milieu du PSG a fait preuve de justesse, dans ses transmissions comme dans ses choix de jeu, en calmant quand il le fallait. Sa constance dans l’effort force l’admiration, surtout au bout d’un tel tournoi. La machine était grippée en juin, elle avait clairement retrouvé toute sa puissance en juillet. Dommage que ça se termine ainsi. Dimitri Payet : 3 L’homme du premier tour n’aura pas été celui des matchs à élimination directe. Sur un nuage lors des trois premiers matchs de la compétition, Dimitri Payet a plongé à partir des huitièmes de finale. Son exil côté gauche du 4-4-2 ne l’a pas aidé, mais il a perdu en simplicité au fil des matchs et sa finale l’a démontré. Des ballons perdus, des centres imprécis, des dribbles trop osés : l’ex-Marseillais s’est perdu tout seul. A son crédit, il y a une transversale pour Antoine Griezmann qui avait tout pour être décisive (10eme) et un centre menaçant (54eme). Forcément insuffisant pour un joueur qui devait être le maître à jouer des siens. Remplacé par Kingsley COMAN (58eme). Kingsley Coman : 5 Sur son premier ballon, Kingsley Coman a apporté le danger en servant Antoine Griezmann dans la surface (59eme). Ce n’était que le début d’un quart d’heure de folie pour l’ailier du Bayern Munich, dont le centre pour Griezmann était parfait (66eme) et la passe pour Olivier Giroud aurait pu faire mouche (75eme). Mais les promesses des débuts se sont transformés en espoirs déçus. A force de s’obstiner dans des tentatives individuelles, il s’est perdu en route et n’a jamais retrouvé le fil. Sa jeunesse est à la fois son plus grand atout et sa limite la plus importante. Voilà pourquoi il est un diamant brut à polir. Antoine Griezmann : 4 Sa froide efficacité l’a abandonné au plus mauvais moment. Remarquable de sang-froid devant le but depuis deux matchs et demi, Antoine Griezmann ruminera les occasions manquées sur la pelouse du Stade de France. S’il ne pouvait pas mieux négocier sa première tête dangereuse du match (10eme), la seconde devait lui permettre de vaincre Rui Patricio à bout portant. Mais elle a léché la barre du transversale du mauvais côté (66eme). Cruel pour le meilleur buteur de cet Euro, moins précis que contre l’Allemagne aussi dans son jeu dos au but, même s’il a encore été précieux dans ce registre. Le hic, c’est vraiment son rendement de la surface. Là où on l’attend, finalement. Olivier Giroud : 4 Olivier Giroud est tombé sur un os. Le buteur d’Arsenal le savait, le retour de Pepe pour cette finale n’était pas une bonne nouvelle pour lui. Le défenseur du Real Madrid, qui était absent mercredi contre le pays de Galles, lui a fait passer une sale soirée. Pris en tenaille entre lui et José Fonte, il n’a jamais su se sortir du piège. Alors il a travaillé pour le collectif sans relâche, en jouant des ballons hauts improbables et en s’impliquant au maximum dans le pressing. Il a obtenu l’opportunité de tout bouleverser, mais il a buté sur Rui Patricio d’un tir croisé (75eme). Le tout trois minutes seulement avant sa sortie. Remplacé par André-Pierre GIGNAC (78eme), auteur d’une entrée neutre en dehors d’un éclair. Son tir du droit, après un crochet magistral sur Pepe, a atterri sur le poteau portugais dans les arrêts de jeu du temps réglementaire (90eme+1). Une image qui restera gravé en lui pour le reste de sa vie.
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