Euro 2016 - Deschamps : « Griezmann ? Je ne suis pas tombé de l'arbre » »

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Didier Deschamps a mis du temps avant de se présenter en conférence de presse après France-Eire. Le temps d’analyser sereinement ce nouveau match tendu.

DE L’UN DE NOS ENVOYES SPECIAUX A LYON  Didier Deschamps, votre équipe a encore connu une entame crispée avec un penalty d'emblée. Est-ce que cette victoire peut libérer vos joueurs pour la suite de la compétition ? Je l’espère. Une entame comme ça… Le match devait être compliqué, je m’en doutais. Mais en offrant la possibilité à l’Eire d’ouvrir le score, ça nous a rendus encore plus fébriles pendant un quart d'heure. Après, on a mieux réagi. Ils mènent au score, il y a avait beaucoup d’enthousiasme et de générosité en face, il a fallu qu’on aille chercher au plus profond de nous, déjà pour revenir au score avant de prendre l’avantage. Pouvez-vous nous expliquer ce changement tactique de la mi-temps ? Que vouliez-vous faire ? C’est simple : amener de la présence offensive car ils défendent groupés et bas. Je voulais voir Antoine Griezmann plus près d’Olivier Giroud et amener de la vitesse et de la percussion avec Kingsley Coman sur le côté, pour les écarter et mieux utiliser la largeur. Mais c’était surtout pour avoir de la présence offensive plus importante, car avoir les quatre offensifs (Payet, Giroud, Griezmann et Coman), ça amène plus de danger et on a créé beaucoup de décalages. On a eu beaucoup d’occasions aussi. C’est une très bonne chose. Est-ce que le pari Matuidi à droite est perdu ou pourra-ton le revoir dans cette position ? Et Griezmann étant plus à l’aise dans l’axe, est-ce qu’on pourra le voir là plus fréquemment ? Je vous laisse libre. Les paris perdus, c’est au jeu. Moi, je ne prends pas de paris, je prends des décisions après des discussions avec les joueurs. Quand ça va... Si ça ne marche pas, c’est de ma faute. Je n’ai pas de souci avec ça. Si on avait commencé comme ça, ça ne serait peut-être pas mieux passé aussi. Après, je fais des changements. Car j’ai des joueurs qui sortent du banc qui font la différence à chaque fois. Il n’y a pas que le choix tactique, il y a aussi la volonté et la détermination qu’on a mis. On avait besoin de calme et de se secouer en même temps. On n’est pas rentrés dans ce jeu avec beaucoup de fautes et de provocations où on avait beaucoup à perdre. Il y a eu plus de vitesse, de fluidité en seconde mi-temps. Mais si tu commences le match avec Matuidi et Pogba devant la défense, si l’un d’entre vous me dit que c’est le meilleur poste pour Paul… Pourtant, il a été très bon. Pour Antoine, je ne suis pas tombé de l’arbre, je sais très bien qu’il est habitué à jouer là. Il a été très bon axe droit aussi. Il a fait preuve de son habileté et de son efficacité qu’il a régulièrement. Tant mieux. Je sais qu’il est plus habitué à jouer dans ce registre-là. Après, il faut trouver l’équilibre. Là, on l’a eu en seconde mi-temps, il faut l’avoir sur tout un match. Tout dépend de l’adversaire. Mais c’est une option utilisée aujourd’hui que je pourrais être amené à réutiliser, comme je l’avais fait contre la Roumanie, avec Martial et Payet plus axiaux. Ça avait marché puis ça n’avait pas remarché ensuite (contre l’Albanie, ndlr). J’ai le temps d’y réfléchir. Le renversement de situation devient une habitude. La force de cette équipe n’est-ce pas du coup son caractère ? Pas que le caractère. Oui, il y a de la volonté. On ne fait pas tout bien, mais j’ai vu les trois matchs d’hier (samedi), je ne peux pas dire qu’on ait vu une équipe qui a tout bien fait. C’est un Euro très difficile pour tout le monde. Il y a beaucoup de densité. L’équipe de France et les joueurs, je ne veux pas les freiner. A un moment, j’ai voulu  stabiliser le secteur défensif par rapport à tous les pépins qu’on a eus, mais pas en n’allant pas de l’avant. Au contraire. Cette équipe est aimée, a tout pour être aimée, car elle ne laisse pas insensible, elle fait vibrer, elle donne des émotions. On se rend compte que le soutien populaire depuis deux jours ici à Lyon est très fort… On a besoin de ce soutien. Vous allez devoir à nouveau changer l’équipe avec les suspensions Rami et Kanté ? Est-ce que c’est une force ou une faiblesse de changer autant d'équipe…. C’est compliqué et alors ? J’ai 23 joueurs, ils sont tous disponibles. Regardez l’équipe d’Allemagne, ils ont beaucoup changé d’un match à l’autre. La Croatie est la seule qui n’a pas changé et à l’arrivée, regardez… Même si beaucoup les voyaient arriver, à juste titre ou non, en finale, ça ne se passe pas toujours comme on peut le prévoir. C’est aussi avoir des options différentes pour l’adversaire, même si c’est impossible avec vous, car ils n’ont qu’à ouvrir le journal ou regarder la télé pour connaître l’équipe et les positions. Ce sont des options différentes au début, en cours ou en fin de match. Griezmann disait qu’à la mi-temps, vous vous étiez dit les choses ? Avez-vous passé une gueulante à vos joueurs ? Je peux monter le ton des fois, je ne vais pas vous dire ce qu’il s’est dit. Il y avait besoin de calme mais aussi de secouer le cocotier. Il y a des joueurs qui ont parlé. Et pas que ceux qui étaient sur le terrain. Certains étaient sur le banc et ne jouaient pas. J’ai réellement un groupe fixé sur le même objectif, même ceux qui ont peu joué ou pas joué. Ils sont à fond derrière pour que l’équipe aille de l’avant. Kingsley Coman est sorti blessé ? Avez-vous des nouvelles ? Il a eu la cheville qui s'est tordue. Rien de bien méchant, il est jeune et on récupère vite quand on est jeune. Ce n’est pas mon cas. Propos recueillis par ODLB, à Lyon [gallery ids="2601249,2601233,2601231,2601187,2601185,2601165,2601153,2601139,2601135,2601127,2601111"]
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