Euro 2016-Des retombées économiques et politiques limitées

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    * Des retombées économiques faibles 
    * Au mieux, un gain limité pour François Hollande 
    * L'Euro "peut apaiser", selon une ministre 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 9 juin (Reuters) - A supposer que l'Euro de football 
se déroule sans incident majeur et que l'équipe de France ne 
sombre pas dès le premier tour, la compétition peut offrir une 
embellie à l'économie et à François Hollande. Mais de courte de 
durée. 
    Le tournoi débute vendredi après plusieurs semaines de 
mauvais temps pour l'exécutif, marquées par la contestation 
persistante contre le projet de réforme du Code du travail et 
par les trombes d'eau sur le nord-ouest de la France.     
    Dans ces conditions, le ministre des Sports voit dans l'Euro 
2016 la possibilité d'un nouvel "élan" pour l'économie. 
    "L'Euro peut être un catalyseur du 'ça va mieux'", a 
récemment dit à Reuters Patrick Kanner, faisant allusion à la 
formule dont François Hollande, rasséréné par les chiffres du 
chômage et de la croissance, fait son credo depuis deux mois. 
    Mais l'Euro ne jouera pas un rôle de locomotive pour 
l'économie, selon une étude commandée par l'UEFA, l'Union 
européenne du football, et réalisée fin 2014 par le Centre de 
droit et d'économie du sport de Limoges (CDES). 
    En additionnant l'apport financier des acteurs étrangers, le 
CDES parvient à une estimation de 1,266 milliard d'euros de 
retombées - soit le même ordre de grandeur que le coût des 
inondations de ces dernières semaines, selon le calcul de 
l'Association française de l'assurance.     
    Le CDES table également sur 180 millions d'euros de recettes 
fiscales supplémentaires. 
     
    "DETTES" 
    "Il y a des retombées mais elles restent limitées d'un point 
de vue macroéconomique. L'Euro ne relancera pas l'économie. Il 
peut simplement contribuer à soutenir momentanément certains 
secteurs", juge Christophe Lepetit, économiste au CDES. 
    D'après lui, l'activité générée par l'Euro représentera au 
mieux un "frémissement" sur un trimestre, guère plus. 
    Paul Chollet, responsable des études sectorielles et 
défaillances chez Coface, s'attend quant à lui à "un effet pas 
aussi élevé que ce qu'on espère. Et puis ça génère quand même 
pas mal de dettes." 
    Les dépenses d'investissement effectuées ces dernières 
années dans la plupart des dix stades accueillant le tournoi 
s'élèvent à 1,7 milliard d'euros, dont 775 millions peuvent être 
directement attribués à l'accueil de l'Euro 2016. 
    "Au Brésil par exemple, la consommation s'est écroulée juste 
après le Mondial (de football en 2014, NDLR)", dit Paul Chollet. 
    Le précédent événement du même genre organisé en France, la 
Coupe du monde de rugby 2007, avait généré 540 millions d'euros 
de retombées, selon un rapport du même CDES, dont une grande 
partie a profité au secteur du tourisme.     
    "L'Euro 2016 est une vraie occasion de remplir les caisses, 
mais aussi de conforter l'image d'un territoire en vendant aux 
visiteurs la beauté d'un site, d'un accueil", anticipe 
aujourd'hui le président de la Chambre de commerce et 
d'industrie de Marseille-Provence, Jacques Pfister. 
    Selon Christophe Lepetit, il faut toutefois prendre en 
compte un possible effet d'éviction, soit le risque de voir 
certains touristes traditionnels reporter ou annuler leur venue 
en France cet été, difficile à évaluer à ce stade. 
     
    "UN VOILE PENDANT QUELQUES SEMAINES" 
    Mais, aux yeux du gouvernement et de François Hollande qui 
compte assister au moins aux trois premiers matches des Bleus, 
l'Euro a le mérite d'ouvrir une parenthèse dans l'actualité 
sociale chargée. 
    Lui-même amateur de football, le chef de l'Etat compte sur 
le championnat d'Europe et l'équipe de France pour contribuer à 
doper la confiance des Français et, par ricochet, tirer 
davantage la croissance. 
    Dimanche dernier, il a rendu visite à l'heure du dîner aux 
joueurs de Didier Deschamps à Clairefontaine, leur camp de base, 
pour les inciter à faire au mieux - la teneur exacte discours 
qu'il leur a tenu n'a pas été rendu publique.        
    "Ça peut apaiser. Je l'espère, parce qu'on en a besoin en ce 
moment. Il faut qu'on descende de plusieurs crans dans la 
violence", diagnostique une ministre. 
    Frédéric Dabi, directeur adjoint d'Ifop France, met 
l'exécutif en garde contre la tentation de voir en l'Euro un 
remède durable à tous les maux et un moyen de stimuler une 
popularité en berne.      
    "Au mieux, ça peut être un voile qui va cacher un peu les 
critiques pendant quelques semaines, mais les tensions sont trop 
fortes pour que l'Euro y change vraiment quelque chose", 
estime-t-il, en prenant pour exemple la victoire des Bleus à 
l'Euro 1984, disputé en France. 
    "François Mitterrand était très impopulaire et ça n'a rien 
changé, même si la France a eu un parcours étincelant et que 
Platini a marqué neuf buts", rappelle-t-il. 
    De même, Jacques Chirac avait vu sa courbe de popularité 
grimper de près de 15 points durant l'été 1998, celui de la 
France black-blanc-beur victorieuse contre le Brésil. Mais elle 
avait à nouveau plongé les mois suivants. 
    Et en 2006, lorsque la France de Zinedine Zidane a atteint 
la finale de la Coupe du monde en Allemagne, la cote de Jacques 
Chirac avait gagné cinq points, sans toutefois rendre au 
président vieillissant sa popularité - de 16% à 21%. 
    Avant le coup d'envoi de l'Euro 2016, celle de l'actuel 
président se situe à un niveau encore plus bas, à 13%, selon le 
baromètre TNS Sofres-OnePoint du Figaro Magazine publié il y a 
une semaine. 
 
 (Avec Michel Rose, Myriam Rivet et Jean-François Rosnoblet à 
Marseille, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M9941825 il y a 6 mois

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