Euro 2016/Cazeneuve : « Ne pas faire peur à tout prix »

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Interrogé mercredi dans L’Equipe, Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, est revenu sur le incidents lors d’OM-PSG et ne cache pas que des mesures seront prises lors de l’Euro en cas de trop gros soupçons de terrorisme.

La position de l’Etat français sur la sécurité lors de l’Euro 2016 n’a pas évolué depuis plusieurs mois. Interviewé mercredi par L’Equipe, Bernard Cazeneuve l’a résumée en quelques mots : « Notre objectif est que l’Euro soit une grande manifestation festive mais nous devons la vérité aux Français. 0% de précautions, c’est 100% de risques, mais 100% de précautions, ce n’est pas le risque zéro. Nous faisons tout pour éviter une attaque terroriste et nous nous préparons à y répondre. » Un principe de précaution qui va ainsi entraîner une très grosse mobilisation des forces de l’ordre lors de la compétition internationale. Ainsi, le quotidien sportif évoque la mobilisation de 42 000 policiers, 3 000 gendarmes, 5 200 membres de la sécurité civiles et 10 000 militaires. Chaque jour, près de 3 400 CRS et gendarmes mobiles seront notamment présents sur les différents sites des dix villes d’accueil.

Cazeuve : « Samedi ? Pas le même dispositif de sécurité »

La finale de la Coupe de France de samedi entre Marseille et le PSG au Stade de France a révélé quelques failles dans le dispositif mis en place. Avec notamment la présence de nombreux fumigènes dans l’enceinte du stade ou encore l’explosion de plusieurs bombes agricoles avant la rencontre aux abords des quatre points d’accès. Mais ce n’était pas une répétition générale, selon le ministre de l’Intérieur alors que cela en avait tout l’air sur le papier : « La finale de samedi soir n’avait pas de valeur test pour l’Euro, assure-t-il. Ce n’était pas le même public, pas le même organisateur, ni le même dispositif de sécurité. En revanche, ce qui s’est passé doit être pris en compte et appelle une vigilance accrue. » Cela passe notamment par la mise en place d’une cellule d’analyse des risques 24/24 lors de l’Euro.

Cazeneuve : « Ne pas faire peur à tout prix »

Pour le moment, le membre du gouvernement l’assure : rien ne permet de savoir si une menace terroriste plane « sur telle ou telle équipe, tel ou tel joueur, tel ou tel match, telle ou telle fan-zone ». Les fan-zones, qui ressemblent fort à des « Epées de Damoclès », sont au centre des débats. Mais leur maintien est toujours à l’ordre du jour, même si selon Cazeneuve, elles pourront « à tout moment être remises en cause si une menace précise est détectée ». Quant à un éventuel report d’une ou plusieurs rencontres de l’Euro, voire de leur annulation en cas de risques, la porte n’est pas fermée : « Toutes les options ont été travaillées entre l’organisateur et les parties prenantes, et le dispositif de sécurité est conçu pour s’adapter en temps réel, explique-t-il. Aucune mesure n’est exclue. Mais le pragmatisme consiste aussi à ne pas faire peur à tout prix. »

Cazeneuve et le hooliganisme

Le hooliganisme, peu évoqué en raison de la menace terroriste, pourrait également refaire parler de lui lors de l’Euro alors que quinze matchs ont été classés à risques, dont cinq présentent « un risque avéré de troubles à l’ordre public » (Angleterre-Russie le 11 juin à Marseille, Turquie-Croatie le 12 à Paris, Angleterre-pays de Galles le 16 à Lens, Allemagne-Pologne le 16 à Saint-Denis et Ukraine-Pologne le 21 à Marseille). Là encore, le ministre de l’Intérieur ne dit pas non à d’éventuelles interdictions de déplacement. Et même des interdictions de manifestation alors que le mouvement contre « la loi travail » n’est pas éteint. Ce grand oral a ainsi permis à Bernard Cazeneuve de rassurer les Français, tout en laissant la porte ouverte à des mesures drastiques alors que l’état d’urgence a récemment été prolongé au 26 juillet.  
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