Euro 2016 - Bleus - Matuidi : « Le match de notre vie »

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Au lendemain de l’exploit historique des Bleus contre l’Allemagne, Blaise Matuidi s’est présenté devant la presse à Clairefontaine. Déjà dans la finale de dimanche, il vivrait très mal de s’arrêter en si bon chemin. Même s’il se méfie du Portugal.

[fpvideo mediaid='digiteka' url='http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01896197/zone/1/showtitle/1/src/usuu53'] Blaise Matuidi, quels enseignements tirez-vous de cette victoire contre l’Allemagne ? On a fait ce qu'il fallait pour être là où on est, et pouvoir disputer une finale de l'Euro. On était conscients qu'on pouvait faire quelque chose de grand et ce qu'on est en train de réaliser, c'est très bien, mais il y a une dernière marche et ce n’est qu’après qu'on pourra dire si on a fait quelque chose d'exceptionnel. Avant de penser à être un héros, jouons ce match et faisons le maximum pour gagner et rendre encore plus fiers les gens qui nous suivent depuis le début ainsi que nos familles, nos amis, et vous, la presse française. Mais je n'ai pas envie de me projeter avant, je préfère faire le maximum pour être prêt dès la première minute. Ne redoutez-vous pas la fatigue et ce jour de récupération en moins par rapport aux Portugais ? Cela va se jouer au mental, et sur une finale, on oublie vite. Si dimanche des joueurs sont encore fatigués, ils oublieront vite, on donnera tout, le mental fait beaucoup pour un footballeur et on sera présent mentalement. Je ne vais pas vous cacher que je suis fatigué aujourd’hui, mais aussi excité et très content que ça arrive aussi vite, on n'aura pas le temps de gamberger, on est dedans après avoir eu le temps de savourer hier (jeudi). On va continuer à bien récupérer pour être prêt pour cette finale. Au-delà du physique, c'est le mental qui va jouer, ce sera le match de notre vie dimanche, donc on sera prêts et on va tout donner. Arrivez-vous à réaliser ce que vous êtes peut-être sur le point de réussir ? C'est dur de réaliser ce qu'on est en train de faire, car ici, à Clairefontaine, on est dans notre bulle, on ne voit que les arbres, mais on regarde la télé et on voit tout l'engouement qu'il y a en France. On va tout faire pour garder ce 10 juillet en mémoire. Dimanche, c'est sûr que ça ne sera pas un jour normal, c'est un moment exceptionnel que l'on ne revivra peut-être jamais, il faut en profiter à fond et se comporter en professionnel. Il n'y a plus qu'une marche à gravir et on va tout faire pour avoir énormément de joie à 23h00 ou à minuit. Ce genre de finale, je n'en ai pas connu encore (rires). Mais je ne changerai pas mes habitudes, c'est dans la tête. Comment je m’y prends ? J'essaye d'avoir le moins possible la boule au ventre, même si elle y est dans ce genre de compétition. Une fois dans le stade, on oublie tout ça et on se met en mode guerrier pour obtenir le résultat que l'on souhaite. On entend parler de génération Griezmann depuis le début de cet Euro. Vous reconnaissez-vous dans cette expression ? Oui, car c'est un joueur d'exception, je l'ai vu arriver, il a énormément progressé, il a énormément de talent et fait beaucoup de bien à l'équipe de France. Avoir un Griezmann à ce niveau-là, c'est tout bénef, j'espère qu'il nous aidera à gagner l'Euro dimanche. Est-ce qu’il peut être Ballon d’Or ? Oui, c'est un candidat crédible au vu de sa saison et de ce qu'il fait dans cet Euro. C'est vraiment exceptionnel ce qu'il fait. Si je devais voter, je voterais pour lui. On est contents d'avoir un tel joueur avec nous, toutes les nations ne peuvent pas en dire autant. Cristiano a beaucoup de mérite aussi, on verra bien. Antoine vous dirait que la première chose qu'il a en tête, c'est que l'équipe de France soit championne d'Europe, et que ce n'est pas un match Ronaldo-Griezmann.

Matuidi : « Umtiti me surprend »

Vous considérez-vous comme les grands favoris de cette finale ? En finale, il n'y a pas de favori. Le Portugal a fait une grande compétition, nous aussi, ça va être kif-kif, il faudra que l'on soit comme on l'a été jusqu'à présent. Quelque chose s'est créé depuis l'Irlande. Il y a du mieux dans le jeu mais on a su aussi se serrer les coudes dans la difficulté. Dans cette équipe du Portugal, on connaît la puissance de Ronaldo, mais il y a d'autres joueurs, il y a Renato Sanches qui s'est révélé, il y a Guerreiro, Pepe… Ils ont un collectif bien huilé et des joueurs d'expérience. Ça va être un match très difficile, on le sait, car ils ont eux aussi à cœur de gagner cet Euro. Maintenant, une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne, mais on va essayer de faire les deux face à un adversaire qui va être coriace. Etes-vous impressionné par ce que réalise Renato Sanches avec le Portugal dans cet Euro ? Non, je ne suis pas surpris. C'est un joueur que j'ai découvert à Benfica, j'en avais parlé avec David Luiz, qui m'avait dit de le regarder car il était exceptionnel. Il m'a surpris de par son abattage et sa qualité technique, et je ne suis pas surpris de le voir comme ça à l'Euro, car il est promis à un grand avenir. Carlo Ancelotti (entraîneur du Bayern Munich) a eu le bon œil pour le récupérer. J'espère juste qu'il sera un peu moins bien sur cette finale. Didier Deschamps donne le sentiment de transformer en or tout ce qu’il touche. Partagez-vous ce sentiment ? Tout le mérite lui revient, il a tout gagné partout où il est passé, il nous apporte énormément, il est parfois dur avec nous, mais à juste titre. Depuis qu'il a pris cette équipe de France, il a apporté sa patte, il y a eu pas mal d'évolution et on en récolte les fruits aujourd'hui. Pour le reste, on attend dimanche (rires). On ne pense qu'à ce rendez-vous aujourd'hui, on s'est tout de suite projeté dans la récupération et dans cette finale. C'est dimanche, ça arrive vite, on est excités et pressés d'y être, on sera à 120% ou même plus pour gagner cette rencontre. On a conscience d’avoir redonné le sourire aux Français, ça a commencé en 2014 et c'est dans la continuité et encore mieux, car on le vit ici dans notre pays, c'est juste génial, ce sont des moments que l'on n'oubliera jamais. Mais pour que ce soit encore plus beau, il faut cette victoire au bout. Que vous inspirent les prestations de Samuel Umtiti, qui fait ses débuts chez les A ? Il me surprend, car c'est un jeune joueur et débuter comme ça contre l'Irlande dans une compétition comme l'Euro, c'est exceptionnel d'avoir répondu présent comme il l'a fait et avoir encore ce niveau de performance en demi-finale, ça l'est aussi. Il a déjà une grande maturité et énormément de talent, ce n'est pas pour rien que le FC Barcelone l'a recruté. On est contents de l'avoir comme ça. Il ne faut pas oublier non plus le travail qu'a fait Adil Rami et les bons matchs qu'il a faits. On a prouvé hier soir (jeudi) qu'on pouvait avoir aussi une belle assise défensive en plus de notre talent offensif.

Matuidi : « Terminer en apothéose »

Un autre homme a été impressionnant face à l’Allemagne, c’est Hugo Lloris. Quel est votre regard sur son potentiel ? C'est un très grand gardien, il l'a prouvé dans cette compétition, c'est aussi un homme avec énormément d'aura. Il fait partie des tout meilleurs gardiens au monde. Il ne faut pas oublier Neuer, mais sur cet Euro, Hugo mériterait d'être nommé meilleur gardien. Notamment parce qu'il est très fort sur sa ligne. Avant cette demi-finale, la presse allemande s’était montrée arrogante. Le déplorez-vous ? Je l'ai su hier après le match, c'est une nation que l'on respecte beaucoup, une grande nation, le champion du monde en titre. C'est la première fois qu'on les bat depuis 1958, la vérité, c'est le terrain, ça a été difficile et dans la souffrance, mais le résultat est bel et bien là. Et c'est la France qui est en finale aujourd'hui. Faire pleurer « Tonton Pat » (Patrice Evra) ? C'est notre grand frère, il a vécu beaucoup de choses en équipe de France, bonnes et moins bonnes, on a envie de terminer en apothéose, et ça serait un grand plaisir de le faire pleurer. Comment expliquez-vous que sur le plan personnel, vous n’ayez pas trouvé tout de suite votre rythme de croisière dans cet Euro ? Et étiez-vous inquiet ? Non, je ne m'inquiétais pas, car j'ai eu une saison assez longue et la préparation avec l'équipe de France a été difficile. J'ai eu ce contrecoup lors des premiers matchs, mais je savais que ça allait revenir, et je me sens vraiment bien aujourd'hui. C'est bien car ça arrive au bon moment, mais je n'ai jamais eu d'inquiétude. Pourvu que ça continue de bien se passer jusqu'à dimanche soir. José Mourinho semble vouloir s’attacher vos services à Manchester United. Est-ce flatteur à vos yeux ? Je vis un moment exceptionnel, je le vis à fond et je ne me pose pas d'autre question en ce qui concerne le club. Je suis sous contrat avec le PSG et ça s'arrête là.
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