Euro 2016 - Bleus : Les jokers de Matuidi ne seront pas éternels

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Déjà décevant contre la Roumanie vendredi dernier, Blaise Matuidi est encore apparu emprunté mercredi soir face à l’Albanie (2-0). Perdu dans le 4-2-3-1 de Didier Deschamps, le milieu de terrain parisien connait un début d’Euro très compliqué et pourrait finir par le payer.

DE L’UN DE NOS ENVOYES SPECIAUX A MARSEILLE Un peu plus d’une heure après le coup de sifflet final, Blaise Matuidi était prêt à s’expliquer. Face aux nombreux journalistes présents dans la zone mixte du stade Vélodrome mercredi soir, le milieu de terrain du PSG est arrivé le dernier mais n’a pas rechigné s’arrêter. Sauf qu’à peine la première question posée, Didier Deschamps a surgi d’un couloir opposé et a récrié son joueur, l’invitant à regagner le bus tricolore au plus vite. « On y va, on a un match dans quatre jours Blaise ! », s’est exclamé le sélectionneur, s’excusant ensuite auprès des journalistes. Ce match contre l’Albanie, on ne pourra donc pas le débriefer avec le numéro 14 de l’équipe de France. Pourtant, il y a des choses à dire sur sa performance contre les modestes albanais. Si le reste de son équipe n’a fait que guère mieux, l’ancien Stéphanois est sans doute celui qui a dégagé la plus mauvaise impression, notamment en première période. Même en 4-3-3, Matuidi a eu du mal Associé à N’Golo Kanté à la récupération dans le 4-2-3-1 novateur de Didier Deschamps, Blaise Matuidi a paru perdu. Sa grosse activité et son importante débauche d’énergie n’ont fait que masquer ses difficultés dans l’impact et ses imprécisions techniques. Car s’il a beaucoup couru sur la pelouse du Vélodrome, le Parisien a souvent couru dans le vide. Jamais en symbiose avec le milieu de Leicester, Matuidi a constamment évolué un cran plus haut, donnant au bloc tricolore des allures de pantin désarticulé. « On ne travaillait pas tous ensemble à la récupération, c’est pour cela que j’ai corrigé à la mi-temps pour avoir un meilleur équilibre », a expliqué Deschamps en fin de match. Sauf que même dans un 4-3-3 qu’il pratique tous les week-ends au PSG, le joueur formé à Troyes n’a pas semblé plus à l’aise. Si ce changement de système lui a permis d’évoluer un cran plus haut sans remords, Matuidi a eu tendance à traîner dans les pattes de Dimitri Payet, comme le montrent les schémas tactiques de position moyenne des joueurs sur le terrain (voir ci-dessous). Kanté l’a relégué au second plan Déjà en-dessous contre la Roumanie vendredi dernier, le Parisien va rapidement devoir rectifier le tir. Lui-même avait admis en conférence de presse en début de semaine qu’il devait hausser son niveau de jeu par rapport à ses débuts dans cet Euro. Car après deux rencontres, seuls Kanté et Pogba font figure de joueurs indispensables dans ce secteur. Le premier a encore paru très solide contre l’Albanie et fut l’un des seuls, avec Payet, à surnager pendant la première période. L’entrée du second, sans être parfaite, a donné un nouvel élan aux Bleus. Au rayon des statistiques, le joueur de Leicester a distribué 86 passes, dont 26 vers l’avant, quand l’ancien Stéphanois a donné 63 ballons, pour 18 à destination de ses attaquants. Et finalement, si Blaise Matuidi est fébrile depuis une semaine, remettre en question sa place dans le onze parait impossible. Avant le forfait de Lassana Diarra, l’éclosion de N’Golo Kanté aurait pu l’inquiéter à court terme. Or là, on voit mal le sélectionneur sortir le Parisien au profit de Cabaye, Sissoko ou Schneiderlin, et ce même si cela permettrait de placer Paul Pogba sur son côté préférentiel.
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