Euro 2016 - Bleus - Deschamps : « On mérite d'être en demi-finale »

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A la veille de la demi-finale de l’Euro 2016 face à l’Allemagne, Didier Deschamps n’a rien dévoilé de ses plans en matière tactique. Il a également martelé qu’il sentait son équipe capable de prendre le meilleur sur l’Allemagne dans ce qui pourrait être un duel tactique avec Joachim Löw.

Didier Deschamps, est-ce qu’après la victoire face à l’Islande en quart de finale, vous sentez un élan derrière l’équipe de France ? Je ne pense pas, l'élan était là bien avant. Ça nous a permis d'arriver jusque-là. L'importance d'être en demi-finale augmente ce sentiment mais il y a toujours eu cette confiance, cette envie d'être où on est maintenant. Tout n'a pas été linéaire mais on se retrouve là, en demi-finale face à l'Allemagne. Est-ce que cette demi-finale face à l’Allemagne sera un rapport de force tactique entre les deux sélections ? Tout dépendra de l'équipe de départ mise en place par l'Allemagne. C'est un rapport de force, en effet. Cette équipe allemande a toujours l'habitude de maîtriser son sujet, d'avoir une possession qui est fréquemment supérieure à l'adversaire. On ne peut pas jouer ce match en ne pensant qu'à défendre pour les surprendre. On va jouer à fond avec tout le respect qu'on peut avoir pour le champion du monde. C’est l’équipe qui a donné la meilleure impression dans cet Euro. Un mot sur Joachim Löw ? C'est quelqu'un de très compétent. Il est avec cette équipe depuis 2008. Il connaît bien son groupe, il a joué des demi-finales et des finales avant le sacre mondial au Brésil. J'ai toujours du plaisir de discuter avec lui lors des différentes réunions. Il est très disponible, c'est quelqu'un que j'apprécie.

Deschamps : « On peut écrire une page d’histoire »

L’Allemagne n’a encaissé qu’un seul but dans cet Euro, notamment grâce à Manuel Neuer. Comment faire sauter le verrou ? Il faudra marquer des buts ! On le sait, Neuer est un très bon gardien. Ça veut dire toute la qualité de cette équipe allemande. Elle prend peu de buts car elle est souvent en attaque. Face à l'Italie, dès la perte du ballon, ils ont pu les agresser pour s'assurer une maîtrise du jeu assez importante. Comme l’a dit Hugo Lloris, cette demi-finale est l’occasion de marquer l’histoire. Etes-vous sur la même longueur d’onde ? Personne ne pourra changer l'histoire, on peut écrire une page, les joueurs le peuvent. C'est à eux de le faire. C'est à eux de jouer demain (jeudi). Les supporters croient en nous, c'est important. On a un adversaire qui reste la meilleure équipe. On va jouer notre chance à fond. Il semble que vous avez été mécontent du replacement défensif de Dimitri Payet... Sur l'analyse de la performance de Dimitri face à l’Islande, la part d'insatisfaction est très faible. C'est juste des réglages. Je veux lui laisser tout ce qu'il sait très bien faire offensivement. J'ai été joueur, quand même. En deuxième période, il y a eu de la gestion de la part de toute l’équipe mais il y a quand même des choses importantes pour l'équilibre de l'équipe à respecter et, ça, c'est valable pour tous les joueurs. Après le match face à l’Islande, avez-vous enfin des certitudes concernant le jeu de votre équipe ? Les certitudes dans le football, elles sont vite balayées le lendemain. J'ai des idées, je vais au bout mais je suis capable de changer si ça ne fonctionne pas. Cette équipe allemande est au-dessus de nous mais on est là, on va jouer le coup à fond avec nos qualités, en sachant qu'on doit tenir compte de la force de l'adversaire. Je ne veux pas qu'on joue ce match uniquement en défense. Si on en est là, c'est qu'on a des qualités. C'est vrai qu'on prend ces deux buts face à l'Islande en raison d'un relâchement collectif même s'il y a des fautes individuelles. On a la force offensive pour faire face à l’Allemagne, on est capable de créer du danger pour l'adversaire et c'est très important pour nous.

Deschamps : « Je sais qu'ils voudront aller au bout d'eux-mêmes »

Vous attendez-vous à un public comme lors du match face à l’Albanie, qui pourra transcender vos joueurs ? On va avoir un public à fond derrière nous, comme face à l'Albanie. C'est très important, on ressent le soutien du public partout en France mais c’est plus expansif à Marseille. Le contexte est particulier, on aura besoin de ça. Vous allez revenir à La Commanderie... Ça fait quatre ans, et j'y retourne. Il n'y aura peut-être pas les mêmes personnes sauf si elles se cachent. Ça fait plaisir d'aller à La Commanderie. On dit souvent que, pour un entraîneur, c’est plus facile de préparer un match de Ligue des Champions qu’un match de L1. Est-ce la même chose pour cette demi-finale face à l’Allemagne ? On ne peut pas comparer entre entraîner un club avant un match de Ligue des Champions et un match de Ligue 1. Je ne vais pas dire que c'est plus simple de préparer, c'est différent. Comme préparer l'Islande, c'était différent. Même si, avec l'Islande, j'étais sûr du onze de départ de notre adversaire. Les joueurs ont le privilège, cette chance de jouer une demi-finale de l'Euro. En ce qui concerne la concentration, l'implication, je n'ai pas à utiliser ce ressort, je sais qu'ils voudront aller au bout d'eux-mêmes. Moussa Sissoko a déclaré que cette équipe de France pouvait manquer de reconnaissance. Est-ce également votre avis ? Je ne sais pas si vous leur accordez la reconnaissance qu'ils méritent. J'ai confiance en eux. On n'a pas tout bien fait mais on a éliminé cinq adversaires. Libre à vous ensuite de critiquer, on est là et les joueurs méritent d'être en demi-finale. C'est une autre histoire face à l'Allemagne, une équipe d’un tout autre calibre. Une victoire face à l'Allemagne, ça aurait un tout autre crédit.

Deschamps : « Je vis à travers les joueurs »

On voit un Paul Pogba de mieux en mieux, comme si on retrouvait celui qu’on voit habituellement à la Juventus Turin... Je ne l'avais pas perdu, donc je ne l'ai pas retrouvé. Un peu plus difficile au début pour lui. Le deuxième match, il est entré à la mi-temps. Paul avait et a besoin de tranquillité, de sérénité. C'est difficile car vous parlez beaucoup de lui. Il sait ce qu'il peut apporter à l'équipe. Il est très bien sur ces deux derniers matchs et on aura besoin de lui à son meilleur niveau. Comment placez-vous cette demi-finale dans votre carrière d’entraîneur ? C’est difficile de comparer, de mettre un curseur sur ce qui est le plus important. Ce n'est pas quelque chose qui arrive tout le temps. J'en ai joué en tant que joueur. Je ne perds pas de temps avec moi. Ce qui compte, c'est l'équipe de France. C'est ce qui me donne de la sérénité. Depuis que je suis sélectionneur, je vis à travers les joueurs et je veux aller le plus loin possible avec eux. Avez-vous déjà décidé du système tactique de votre équipe pour ce match ? Oui, ma réflexion est arrivée à son terme mais personne n’entrera dans ma tête et ne le saura avant le début du match. Est-ce que le système en 4-2-3-1 de la fin du match face à l’Irlande et utilisé face à l’Islande est transposable face à l’Allemagne ? Tout est possible ! [fpvideo mediaid='digiteka' url='http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01896197/zone/1/showtitle/1/src/ussrvp']
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